Expo universelle : description en vrac de quelques pavillons

Better City, Better Life?
Après quelques visites de différents pavillons, il apparait que le choix d’explorer la thématique de l’expo ou non repose entièrement entre les mains des participants. Ce choix conceptuel, tout comme la sélection du contenu dans les pavillons ne semble pas influencer le comité organisateur dans la validation des projets. Voici donc les critères sur lesquels je me suis basé afin d’apprécier les différentes contributions des pays participants (sans tenir compte de leur budget ou situation politique) :

  • Graphisme et information
  • Architecture et parcours
  • Alignement et apport au thème : Better city, better life


Islande

Il s’agit d’un cube avec 5 murs de projections immenses.
Le film de 8 minutes présente une sorte de paysage narratif immersif.
À entendre les cris et les exclamations durant la projection, ce type de pavillon semble être très apprécié par le public local (j’étais le seul occidental dans la salle)
*Impressionnant
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Pakistan

Deuxième pavillon visité et gros coup dur en partant. Le pavillon est rempli de JPG tirés d’internet et imprimés trop gros. On voit la compression et presque rien d’autre, c’est hallucinant.
Un plancher et des marches glissants (ça ne passerait pas dans un musée d’ici) où les gens trébuchent. Mais surtout on n’apprend rien de ce pays. Je comprends la problématique du nombre de visiteurs important et le flot incessant du public, mais c’est justement là où une bonne équipe de designers graphique auraient pu faire une différence majeure.
Des pictogrammes sensibles, des schémas intelligibles, des photomontages pertinents mariant la typographie et l’image, etc. Toutes des façons de passer rapidement de l’information pertinente…
On dirait que les designers ont pensé : OK, on a 2 étages de musée, il faut les remplir! Mais ils n’ont pas pensé à l’expérience spatiale et en terme de lieu ou de paysage. Je me sentais dans un gigantesque marché cheap et non dans une expérience d’un endroit singulier.

*Pourquoi ne pas avoir utilisé la fenêtre offerte par l’expo pour parler des problèmes d’inondation qui sévissent au pays? L’Espagne l’avait fait lors de l’exposition universelle de Paris, en 1937. En effet, malgré le contexte d’avant guerre mondiale et des problèmes financiers, le pavillon espagnol se devait d’être un symbole d’un pays qui se bat contre le fascisme, et qui tente de conserver son intégrité et sa raison. Plusieurs artistes et designers s’étaient alors levés pour contribuer (gratuitement) à l’effort de construction et d’actualisation du pavillon.

*Déception


Suède

Holàlà le design suédois à l’oeuvre! C’est du bonbon ce pavillon. Intelligent, coloré, de belles matières partout, de l’information ciblée présentée de manière efficace et une approche ludique avec des balançoires et des glissades pour les enfants.
Apport didactique important en regard du thème de l’expo.
*Chapeau
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Turquie

Un mélange de muséographie traditionnelle avec un film, plus précisément un timelapse des lieux projeté dans une salle avec vue à 360degré.
*Efficace
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Hollande

Ce pavillon est un univers complet. Il possède ses bâtiments, son éclairage, son paysage et même des habitants (un troupeau de vaches-mobiliers en plastiques conçus pour s’assoir et qu’il est possible de bouger sur le parterre).
Le pavillon en tant que tel se compose d’une multitude de petites maisons sur pilotis. Le parcours des visiteurs se fait à travers les différentes habitations, qui sont d’autant de cabinets de curiosité.
Sécurité et flot du public A1
Contribution au thème réussie
Expérience spatiale importante
Un paysage complet, ludique, poétique et extraordinaire, mais bien réel.
*Unique
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Canada

Je dois avouer que j’avais quelques retenues (pour être politicaly correct), mais elles ont toutes été éliminées lorsque je suis entré à l’intérieur.
Le pavillon est une suite d’expériences poétiques et immersives.
Celle-ci varient : didactiques, ludiques, visuelles, auditives (toutes très bonnes) mais qui par leur diversité empêche cependant d’avoir un souvenir clair d’un événement en particulier (pas trop important). J’ai plutôt souvenir d’avoir parcouru un pays très diversifié.
La présence québécoise (concepteurs et artistes) est très marquée!
L’expérience de visite se “déroule” à la manière de scènes impressionnistes.
Bonne contribution au thème de la part de l’équipe du Cirque du Soleil.
*Fierté
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Autres pavillons visités :
Chine, Vietnam, Inde, Brésil et Montréal.

Comme un taximan nous a dit lorsque nous lui avons demandé ce qu’il pensait de l’exposition organisée par son pays : “So so! – Most people say that too much visual and no info.”
Ça résume assez bien pour la majorité des pavillons.

Visite de l’expo universelle de Shanghai

C’était ma première visite à une exposition universelle. Cela dit, j’ai beaucoup visité le site de Terre des hommes avec ma famille quand j’étais enfant, alors c’était un peu mon point de comparaison.
Je dois dire que je suis étonné de constater que le concept de design pour une exposition universelle n’a pas vraiment changé depuis le siècle dernier. Des photomontages, des images qui défilent sur des rouleaux, des artéfacts et objets locaux à vendre, des spectacles de danse traditionnelle, des projections, des projections, et je vous l’ai tu dit, des projections?!

Dans la surabondance des outils de communication actuels, la présentation d’objets, d’images, de films et de sons ne suffit plus, il faut offrir plus au public de plus en plus averti. Dans le cas du design d’exposition, il est impossible de parler uniquement d’un travail graphique et de mise en valeur des objets. Il faut également considérer l’aspect du lieu (voir mon article à ce sujet). C’est une donnée incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Principalement parce que l’expérience d’une exposition se fait dans le temps et l’espace, et non pas délocalisée comme peut se faire l’expérience d’autres médias comme la vidéo, la télévision, la musique, etc.

Les innovations dans le domaine du design d’exposition semblent graviter autour de l’expérience de proximité avec l’événement et de l’expérience spatiale du lieu. Mais c’est principalement l’architecture qui permet aux pavillons vedettes de se démarquer. Je pense en particulier à celui de la Hollande qui offre une expérience de visite extérieure en hauteur ou au pavillon de l’Angleterre avec son cube hérisson gigantesque.

Interaction et lieux
L’exposition de Shànghǎi capitalise, à sa façon, sur l’idée des réseaux sociaux et du Web 2.0 : c’est à dire à l’inclusion active du public. D’ailleurs, on devrait maintenant parler d’utilisateur plutôt que de public, ça me paraitrait plus juste. Cette participation se manifeste dans les interactions possibles au sein des pavillons eux-mêmes, mais également dans l’expérience qu’offre l’architecture à proprement parler : les volumes, les textures, les parcours physiques et visuels, l’expérience spatiale et le déplacement dans le lieu. Ce sont ces pavillons, ceux qui offrent la plus grande expérience du lieu, qui semblent toucher et marquer le plus les visiteurs (les interminables files d’attente sont là pour en témoigner!)

Site de l'expo et pavillon de la Chine

Site de l'expo et pavillon de la Chine

Le sentiment d’urgence comme moteur de création

Depuis toujours, l’art a servi de véhicule pour exprimer des idées qui ne peuvent trouver leur place dans les communications ou discours officiels. Que ce soit des idées à contre-courant des modes de pensées établis ou qui offrent un autre point de vue sur une réalité contrôlée par le pouvoir en place, l’importance que revêt l’art comme véhicule d’un récit parallèle apparaît plus que vital.

C’est ce sentiment d’urgence de communication qui anime les trois artistes que j’ai rencontrés à la galerie Bui pour l’expo Tam Ta ainsi que quatre autres artistes venus du Myanmar (la Birmanie) pour l’événement. Pour ces artistes, la mission est claire: offrir une alternative face à des prises de position unilatérales et ouvrir les portes aux nouvelles idées. Dans ce cas-ci, aux idées qui viennent d’autres pays et d’autres cultures artistiques, mais aussi des idées locales qui sortent des conventions reconnues.

……….
Pour apprécier les différents niveaux d’expression de ces oeuvres, il faut connaitre (même sommairement) la réalité et l’histoire des pays dans lesquels elles sont produites. C’est la chance que j’ai eu lorsque j’ai discuté avec ces artistes du Vietnam et du Myanmar,et ai été immergé, ne serait-ce que pour un moment, dans leurs réalités, l’histoire de leurs pays ainsi que celles de leurs familles. J’ai put enter de comprendre comment tout ce baggage influence leurs façons de créer, les matériaux qu’ils utilisent et l’imagerie déployée afin d’arriver à leur fin. Car l’important ici est de dire une chose et d’en suggérer une autre.

Ces artistes font face à une difficulté supplémentaire (en plus d’une difficulté économique); leur oeuvres doivent être approuvées par le comité de censure avant de pouvoir êtres exposées! Un des artistes du groupe New Zero Art Space a d’ailleur présenté, ironiquement, la photographie du certificat d’autorisation délivré par l’officiel du Myanmar. Du pur délire! Certains artistes m’ont affirmés avoir au moins deux explications pour leurs oeuvres : une authentique non-censurée, et une autre préparée pour les agents du gouvernement. Car il faut être prêt, on ne sait jamais quand un agent “undercover” fera son apparition à une exposition ou à une table ronde comme celle d’hier.

Par chance, samedi à la gallerie Bui, aucun agent du gouvernement ne s’est présenté parce que l’événement a changé de lieu à la dernière minute et parce que la publicité n’a pu se faire de façon usuelle par manque de temps. Qu’à cela ne tienne, plusieurs jeunes artistes et étudiants sont venus écouter et voir ce qui se fait dans le monde, en dehors du programme officiel enseigné dans les écoles d’art du pays. Difficile à entendre pour le professeur que je suis, cette censure constante et répressive dans les contenus et les idées, même à l’école…

Ce travail d’éveil et d’introduction incombe donc à d’autres. C’est un des défis que relève Michelle Le Bui, co-diretrice de la galerie, c’est-à-dire de diffuser l’art contemporain actuel aux artistes et au public vietnamiens. Chapeau à tout ce groupe réunis par une cause commune; ouvrir les volets sur d’autres réalités. 
Ils sont animés par le feu sacré.

Expo Tam Ta :
Nguyen Van Phuc / Nguyen Huy An / Vu Hong Ninh / Nguyen Tran Nam

Commissaire : Tran Luong

Vu Hong Ninh

Vu Hong Ninh

Nguyen Tran Nam

Nguyen Tran Nam

Aye Ko, directeur du New Zero Art Studio

Aye Ko, directeur du New Zero Art Studio

Sur une note personnelle, l’idée de monter un événement Pecha Kucha, ici, au Vietnam, serait une occasion formidable pour fournir un outil de communication et de dissimination d’idées.

l’Arc-en-ciel de la Place des Arts

arc en ciel

arc en ciel

arc en ciel

arc en ciel

L’oeuvre d’art installée dans le bassin de la Place des Arts de cette année est un gigantesque Arc en ciel. Réalisée avec des barils peinturés de multiples couleurs, l’oeuvre jonche dans le bassin teinté en noir pour l’occasion. Les artistes ont voulu faire un «statement» écologique en proposant une oeuvre ludique et très matérielle. L’effet est réussi et le tout m’a fait penser à l’idée du monument (pièce bien centrée, imposante et dont le propos est sans équivoque). Mais je suis un peu resté sur ma faim en m’approchant, car en voyant la pièce, je croyais entendre un son plus intense, plus profond ou plus dramatique – pour étendre le propos de l’oeuvre en fait…

Cela dit, les passants et utilisateurs du lieu semblent très apprécier la pièce éphémère, ce qui est visé juste pour ce lieu public. Même une passante non inconnue (Mlle Marie-Josée Laframboise) a dû jouer à la photographe pour une dame très souriante qui tenait à se faire prendre en photo devant l’oeuvre.
La sculpture éphémère est réalisée par Philippe Allard et Justin Duchesneau. Cool effet.

Marie-Josée  Laframboise

Marie-Josée Laframboise

Exposition “Au pays de la maquette d’étude” à Monopoli

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J’ai visité la dernière exposition à la galerie Monopoli intitulée Au pays de la maquette d’étude. L’expo présente 40 maquettes de projets d’architectures de petite et moyenne dimension. Le propos de l’exposition est de réitérer l’importance de la maquette d’étude dans le processus d’architecture. Les 26 architectes canadiens qui participent à l’expo nous parlent de leur rapport avec la maquette; son rôle, sa vitalité dans cette ère numérique et d’imagerie virtuelle ainsi que sa pertinence lors du processus de recherche création. Les témoignages présentés avec les projets sont intéressants et permettent de mieux comprendre l’apport de ces petites constructions de papier, de balsa, de plâtre ou de bois. Certains projets nous démontrent les diverses phases évolutives d’un même projet (ce que j’ai le plus aimé); présentant ainsi les multiples maquettes nécessaires afin de soit rendre simplement l’essentiel d’un concept, ou soit d’exprimer les nombreux détails à un stade beaucoup plus avancé.

La scénographie dépouillée est signée Stéphane Pratte et Annie Lebel de l’atelier Insitu. La mise en expo se résume à d’épais panneaux de cartons découpés et empilés qui suggèrent une topographie imaginaire. Ce dispositif sert d’assise contextuelle afin de présenter les maquettes réalisées à diverses échelles.

Stimulant, pour ceux qui s’intéressent au processus créatif des architectes ou pour ceux qui apprécient le travail minutieux qu’exige la création de maquettes.

Palais de Tokyo : GAKONA

Aujourd’hui, visite au Palais de Tokyo. L’espace est bigarré, un mix entre un style classique, hérité de l’expo universelle de 1900, mélangée à une rénovation contemporaine [laCaton et Vassal] qui se veut intentionnellement «incomplète». Bel espace, belle librairie, mais surtout belle expo, quelque chose de vraiment différent.

Le thème prend pour point de départ un travail de Nikola Tesla, un des plus grands scientifiques de l’histoire des technologies. Son travail portait principalement sur le développement de méthode de conversion et de transport d’énergie. Le projet qui a inspiré l’expo est l’idée de diffuser, sans fil, de l’électricité à toute la planète grâce à de gigantesques résonateurs à haute fréquence. Ce projet utopique [mais presque réalisé] donne le ton à l’expo; «des oeuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, elle [cette expo] poursuit ainsi la volonté du Palais de Tokyo de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre pôles opposés.»
Une expo définitivement à la croisée de l’imaginaire et du réel. Pour exemple, le premier projet présenté est une table de bois qui flotte littéralement dans l’espace, portée par un haut débit d’air propulsé d’à partir d’un trou dans le sol.

table volante

Détail de la table volante

Détail de la table volante

Une autre pièce nous présente deux parapluies montés sur deux résonateurs électriques. À des moments intermittents, lorsque l’énergie est suffisamment chargée, le courant se déleste en passant d’un côté à l’autre, produisant un arc électrique et un bruit assourdissant!

Parapluie électrique

Parapluie électrique

La dernière installation est une pièce interactive, dans ce sens que celle-cie nous donne à ressentir les énergies et le champ magnétique qu’elle produit. C’est cette pièce qui est la plus unique, car lorsque je suis entré dans son champ d’action, des picotements se sont manifestés sur le dessus de ma tête accompagnée d’un bourdonnement maléfique! Quelle expérience que de ressentir un champs magnétique de 10 000 volts passer au dessus de sa tête. Nous sommes définitivement des êtres bioélectriques sur qui les champ magnétiques et les micro-ondes ont une influence certaine…

Champ magnétique

Champ magnétique

C’est d’ailleurs la seule expo de ma vie où j’ai dû lire et signer une décharge qui déresponsabilisait l’artiste de tout effet de son oeuvre sur moi. Le panneau mentionnait d’éviter tout contact avec le visage d’autres visiteurs, en particulier les yeux[!]
Une expérience physique à des lieux d’une expérience purement esthétique…
:p

Décharge

Décharge

Gakona : Micol Assaël / Ceal Floyer / Laurent Grasso / Roman Signer

Actions : comment s’approprier la ville au CCA

La semaine dernière, j’ai visité l’expo Actions : comment s’approprier la ville, présentée au CCA (Centre Canadien d’architecture). Cette exposition regroupe toutes sortes d’interventions et de projets d’artistes, de designers et de citoyens qui ont pour but d’améliorer la qualité de vie au sein de la ville. Ces projets, qui varient de la petite à la moyenne échelle, sont majoritairement créés de façon spontané. Certains projets sont très ludiques et d’autres plus subversifs, mais la raison d’être de ces actions est toujours de permettre aux gens d’améliorer l’expérience et la façon dont ils habitent au sein de leur ville respectives.

Quoique très inégale, cette exposition nous démontre l’engoument généralisé pour les pratiques événementielles et relationnelles insérées au sein de la trame urbaine. Ces différentes actions permettent de poser un regard plus éclairé sur ce sujet, ne fusse que par la démonstration des multiples problématiques urbaines à l’échelle internationale et des types de projets créés pour y répondre.
C’est ce regard que j’ai le plus apprécié.
Somme toute, une bonne exposition, mais toutefois un peu dispendieuse par rapport à la quantité des projets présentés (La grandeur des pièces du CCA est toujours la même!) et tenant compte que le public visé soit majoritairement les jeunes adultes.