ex Metz

Voilà, le personnage a hier soir tiré sa révérence devant ses ex, amis et collègues (peut-être même ses ennemis, qui sait!) C’est que le style flamboyant de Frédéric Metz n’a jamais laissé personne indifférent. C’était son branding personnel, cette manière désinvolte d’émettre des opinions tranchées sur le design. On peut adorer, critiquer ou ne pas aimer, mais il a su, à sa façon, mettre le design sur la place publique québécoise et initier des réflexions sur ce domaine qui ne défraie pas toujours la manchette comme peuvent le faire les autres arts majeurs. Pourtant, le design est présent à chaque instant dans toutes les sphères de nos vie. Frédéric se sera démené pour que les objets et images du design qui nous entoure soient des projets bien conçus, pertinents et esthétiques. Une passion qu’il a su transmettre à toute une génération de designers.

Dans ses mots sur le travail de professeur qu’il a exercé pendant 32 ans : «C’est un vrai métier qui, selon moi, demande un engagement total et dans lequel il n’y a aucun clivage entre la vie privée et la vie professionnelle. C’est une façon de penser, de vivre sa matière chaque instant, en la renouvelant sans cesse.»

Il a véçu et vivra selon ce crédo. Au revoir Frédéric!

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La seule photo que je possède de l’événement; mon ami Nico Saint-Cyr en pleine danse du I-phone après moult coupes de champagne!

Kortunefookie à Montréal en juin

carton d'invitation (recto)

carton d'invitation (recto)

Kortunefookie sera présenté dans le quartier du Mile-end à Montréal avec la contribution du centre d’artiste Articule. Le projet interactif sera installé à l’extérieur sur la rue Fairmount au coin de l’avenue du Parc pour tout le mois de juillet. Soyez nombreux à envoyer des textes subversifs qui seront imprimés sur place! www.kortunefookie

Le vernissage aura lieu le samedi 27 juin lors de l’événement de levée de fonds du centre d’artiste montréalais.

carte pour aller chez Articule

carte pour aller chez Articule

Quelle image les gens se font-ils de la ville?

C’est la question que Anne Cauquelin pose (voir article précédent) dans ses dernières recherches.
Question actuelle si on en juge par le nombre d’expositions qui traitent du sujet, du nombre de colloques et conférences en relation avec les champs de l’art qui produisent ces actions, de programme universitaire mis sur pied pour former les créateurs qui oeuvreront dans la conception de projets culturels, du nombre de projets artistiques qui mettent en jeu la participation active du public, etc. Cette préoccupation semble donc centrale pour bon nombre d’organismes administrateurs des espaces urbains, des artistes, designers ainsi que du public en général. Il y a, semble-t-il, urgence à réactiver la dimension sociale et imaginaire dans l’espace de la ville.

Question récurrente pour moi également, surtout depuis la production de mon projet d’art public interactif Fortunecookie. Souvent, c’est avec le recul que nous pouvons comprendre l’origine et les ramifications profondes de certains de nos projets de longue haleine. Fortunecookie est en ce moment la matérialisation de mes recherches entamées depuis plusieurs années. C’est comme une synthèse de mes diverses préoccupations en un seul projet, motivé par le désir de transformer nos espaces de vies quotidiens.

Comme ce projet requiert une implication du public par la production de petites capsules textuelles, il est possible d’avoir un portrait des aspirations, désirs et préoccupations des gens qui habitent une ville particulière [en fait là où le projet est présenté]. Une sorte de polaroid ou image d’une ville à un temps donné.

Alors que le projet interactif a été présenté à New York, en Outaouais et bientôt à Montréal, il est possible de faire ressortir une thématique propre à chaque ville. Je m’explique : les textes reçus à New York ne sont pas du tout les mêmes que ceux reçus dans la région d’Ottawa et de l’Outaouais [mis à part la langue évidemment]. Je peux dès lors imaginer que ceux que j’obtiendrais de Montréal seront de nature tout aussi différente.
POURQUOI? Beaucoup à cause du titre employé.
En effet, à New York, le projet a revêtis un nouveau titre : SendGoodKarma. En s’écartant de l’image du fortunecookie, j’ai pu constater que la teneur des messages reçus était beaucoup plus personnels et plus loin du format employé dans les fortunes retrouvées dans les petits biscuits chinois. Le titre est donc en fait la seule ligne éditoriale du projet. C’est ici que la signalisation et le design graphique jouent un rôle prépondérant. Autant les utiliser avec discernement. Le titre pour la présentation à Montréal sera divulgué sous peu.

Quelle image les gens se font-ils de leur ville?
C’est un peu la question à laquelle le projet invite à répondre.

Mike Ross : Colorfield

Je suis tombé sur un projet de l’artiste Mike Ross qui m’a totalement séduit. Il s’agit d’une pièce interactive qui utilise des matériaux de base et un dispositif très simple. L’installation consiste de panneaux de couleurs montés sur un système de cordage et de poulies. En activant ceux cis, les participants contrôlent les ombres colorées au sol, remodulant constamment ainsi la sculpture de lumière. C’est un beau projet qui mise sur la collaboration du public pour exister. Le genre de truc qui m’intéresse!

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Son site est intéressant; interface très simple, projets en quantité limitée, montage audio-vidéo ludique, etc. La majorité de ses projets mettent en jeu les phénomènes naturels et le public. À visiter.

Palais de Tokyo : GAKONA

Aujourd’hui, visite au Palais de Tokyo. L’espace est bigarré, un mix entre un style classique, hérité de l’expo universelle de 1900, mélangée à une rénovation contemporaine [laCaton et Vassal] qui se veut intentionnellement «incomplète». Bel espace, belle librairie, mais surtout belle expo, quelque chose de vraiment différent.

Le thème prend pour point de départ un travail de Nikola Tesla, un des plus grands scientifiques de l’histoire des technologies. Son travail portait principalement sur le développement de méthode de conversion et de transport d’énergie. Le projet qui a inspiré l’expo est l’idée de diffuser, sans fil, de l’électricité à toute la planète grâce à de gigantesques résonateurs à haute fréquence. Ce projet utopique [mais presque réalisé] donne le ton à l’expo; «des oeuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, elle [cette expo] poursuit ainsi la volonté du Palais de Tokyo de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre pôles opposés.»
Une expo définitivement à la croisée de l’imaginaire et du réel. Pour exemple, le premier projet présenté est une table de bois qui flotte littéralement dans l’espace, portée par un haut débit d’air propulsé d’à partir d’un trou dans le sol.

table volante

Détail de la table volante

Détail de la table volante

Une autre pièce nous présente deux parapluies montés sur deux résonateurs électriques. À des moments intermittents, lorsque l’énergie est suffisamment chargée, le courant se déleste en passant d’un côté à l’autre, produisant un arc électrique et un bruit assourdissant!

Parapluie électrique

Parapluie électrique

La dernière installation est une pièce interactive, dans ce sens que celle-cie nous donne à ressentir les énergies et le champ magnétique qu’elle produit. C’est cette pièce qui est la plus unique, car lorsque je suis entré dans son champ d’action, des picotements se sont manifestés sur le dessus de ma tête accompagnée d’un bourdonnement maléfique! Quelle expérience que de ressentir un champs magnétique de 10 000 volts passer au dessus de sa tête. Nous sommes définitivement des êtres bioélectriques sur qui les champ magnétiques et les micro-ondes ont une influence certaine…

Champ magnétique

Champ magnétique

C’est d’ailleurs la seule expo de ma vie où j’ai dû lire et signer une décharge qui déresponsabilisait l’artiste de tout effet de son oeuvre sur moi. Le panneau mentionnait d’éviter tout contact avec le visage d’autres visiteurs, en particulier les yeux[!]
Une expérience physique à des lieux d’une expérience purement esthétique…
:p

Décharge

Décharge

Gakona : Micol Assaël / Ceal Floyer / Laurent Grasso / Roman Signer

Conférence : L’espace public, espace des possibles? à l’université Paris 1

Vendredi, profitant de mon séjour ici, j’assisterai [s’il me reste du temps!] à la conférence portant sur les projets utopiques insérés dans l’espace public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

«Trois interrogations au cœur de cette rencontre : à quelles conditions les scénographies urbaines sont-elles créatrices d’utopies ? Comment « rendre le possible à nouveau disponible » ? « La perte de l’anticipation artistique et politique serait-elle fatale à l’art » (Bruno Schnebelin) ?»

Cette rencontre risque d’être fort intéressante. Décidément, il y a mouvance vers la création d’espaces projectuels ainsi que des lieux de rencontres sociaux au coeur de la ville. C’est une problématique plus qu’actuelle. La culture du projet peut espérer opérer cette cicatrice conciliante entre les utopies modernistes et la réalité complexe de nos villes contemporaines. Je crois que le 21e siècle sera celui de la métaphysique du réel.
Résolument, ce voyage s’est avéré plus que productif!