Exposition “Au pays de la maquette d’étude” à Monopoli

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J’ai visité la dernière exposition à la galerie Monopoli intitulée Au pays de la maquette d’étude. L’expo présente 40 maquettes de projets d’architectures de petite et moyenne dimension. Le propos de l’exposition est de réitérer l’importance de la maquette d’étude dans le processus d’architecture. Les 26 architectes canadiens qui participent à l’expo nous parlent de leur rapport avec la maquette; son rôle, sa vitalité dans cette ère numérique et d’imagerie virtuelle ainsi que sa pertinence lors du processus de recherche création. Les témoignages présentés avec les projets sont intéressants et permettent de mieux comprendre l’apport de ces petites constructions de papier, de balsa, de plâtre ou de bois. Certains projets nous démontrent les diverses phases évolutives d’un même projet (ce que j’ai le plus aimé); présentant ainsi les multiples maquettes nécessaires afin de soit rendre simplement l’essentiel d’un concept, ou soit d’exprimer les nombreux détails à un stade beaucoup plus avancé.

La scénographie dépouillée est signée Stéphane Pratte et Annie Lebel de l’atelier Insitu. La mise en expo se résume à d’épais panneaux de cartons découpés et empilés qui suggèrent une topographie imaginaire. Ce dispositif sert d’assise contextuelle afin de présenter les maquettes réalisées à diverses échelles.

Stimulant, pour ceux qui s’intéressent au processus créatif des architectes ou pour ceux qui apprécient le travail minutieux qu’exige la création de maquettes.

Paysages personnel en mouvances

Au début de ma pratique artistique, c’était le paysage physique qui modelait mon rapport à l’univers. Ses processus et sa présence me fascinaient : le climat, la végétation, les arbres morts, la pierre, l’eau, le vent, les os, la putréfaction, le feu, les processus de croissance, toute cette phénoménologie me fascinaient. De ce paysage physique naissait un paysage imaginaire. C’est-à-dire une histoire et un récit inventés. C’était suffisant pour engendrer mes points de repère, pour créer ma propre cosmologie, pour m’ancrer dans ma réalité.

Aujourd’hui, c’est le paysage imaginaire qui m’attire le plus. En fait, ce sont tous les aspects intangibles qui définissent mon rapport au concept d’espace, de site et de lieu. Non pas que les phénomènes et forces naturelles n’ont plus d’impact sur moi, mais bien parce que c’est à travers les personnes qui m’entourent que se définissent mes lieux. C’est donc à travers mes relations que s’ancrent mes petits univers, qui sans présence humaine, ou sans la trace de celle-cie, deviennent des sites non habités.

Cette réflexion se poursuivra. Car le concept de lieu; c’est à dire d’un espace devenu habité, est à la base de ma pratique et de ma relation au monde qui m’entoure.

Évolution du paradigme du site..

Site Web et Site Physique.
Est-ce que l’avènement des nouvelles technologies verrait l’émergence d’un nouveau paradigme* du site, et par extension, du lieu? Ou est-ce plutôt une question d’évolution du paradigme relationnel, donc de l’interactivité? Aujourd’hui, et demain encore plus, la question d’espace-temps sera évacuée à mesure que les réseaux, logiciels et gadgets électroniques viendront recréer le tissu de notre écologie «artificielle». C’est la dénaturalisation des échanges qui est le plus à surveiller.

L’évolution du paradigme relationnel signifie : Plus besoin d’être dans le même espace-temps pour communiquer. Le courriel est le message qui s’étire dans le temps, tandisque le Web permet de rejoindre des lieux et des gens à des kilomètres à distance. Avant, avec le téléphone branché au mur, on devait être là quand ça sonnait; la personne qui tentait de nous contacter devait être elle aussi près de son appareil téléphonique; mais déjà la notion de proximité physique s’étiolait. Maintenant, même la notion de temps s’évapore, se contracte et de dilate : boîte vocale, courriel, texto, tweeter, Facebook, etc. Cette technologie comporte des avantages et offrent la commodité, mais celle-cie s’accompagne d’une individualité renforcée.
Je prends mes messages quand bon me semble, je te réponds sans avoir à te parler directement…
C’est une modification profonde, dans notre perception même de la réalité et de ses concepts fondamentaux [paradigmes temporels, physiques et relationnels], qui en seront à jamais altérés. Nous sommes maintenant dans un monde d’instantanéité, passé de rythmes calqués sur la nature pour être dans un monde rythmé par la rapidité et les modes démultipliés de communications technologiques. Nous sommes de plus en plus dans une écologie de l’environnement artificiel.
Face à ce constat de l’évolution du paradigme relationnel avec notre écoumène naturel, il n’est pas difficile de comprendre l’état des problèmes environnementaux. À se distancier d’avec les rythmes de l’espace naturel, nous en perdons de vue la fragilité et les lois qui le régissent.

*Paradigme – nm :  est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Wikipédia

Mardi

place dans Bordeaux

place dans Bordeaux

C’est parfois bizarre la synchronicité et les parallèles qui peuvent s’établir suite à nos préoccupations et nos projets en cours. Aujourd’hui, je me suis promené toute la journée, car j’avais besoin de déambuler et de flâner en rêvassant. Je crois que je cherchais à me retrouver à travers le mouvement, car mes points de repère sont tous modifiés ou inexistants ici. Le propre du voyage vous direz.
Mais c’est assez paradoxal, car le travail que mes étudiants ont à réaliser implique qu’ils doivent sélectionner un espace singulier où installer leur dispositif interactif et leurs éléments graphiques, afin de rejoindre le plus de gens possible. Plusieurs ont d’ailleurs choisi des places publiques; il y en a à la tonne dans Bordeaux! Tous ces lieux agissent comme des points de repères et de rencontre dans la ville.

Je trouve le parallèle intéressant, car c’est moi l’étranger ici et c’est moi qui recherche des points de référence et des lieux familiers. Ce temps de l’année est assez significatif pour moi, car c’est à cette date que j’ai perdu mon meilleur ami, il y a maintenant 3 ans. Encore plus significatif est le fait qu’il est décédé ici même en France.
Parfois, nos points de repère disparaissent, et lorsque ces points de contact avec une réalité sont des gens, bien cette réalité semble s’effacer à jamais avec leur départ. Ce sont des lieux qu’il est impossible de retrouver.
Cet après-midi, j’ai bu une bière à ta santé Jeff.

Sou Fujimoto / Primitive Future

Lors de mon dernier voyage en Europe, j’ai mis la main sur le livre de l’architecte Japonais Sou Fujimoto : Primitive Future. C’est un superbe livre sur ses projets mais également sur la théorie sous-jacente à son travail. C’est le premier livre qui me fait réellement comprendre comment l’architecte doit opérer. C’est un travail qui doit s’effectuer non pas à partir de volumes, de parois ou de textures (ce que la sculpture fait bien), mais plutôt à partir de l’intérieur . Les volumes résultants sont donc des masses qui répondent à un programme défini par les usages et ces usages sembles êtres définis par la mémoire collective des gens qui y évoluent. Ce livre a fait résonner un grand écho en moi!

quelques titres de chapitres :

    Nest or Cave
    City as house / House as city
    Before house and city and forest

Primitive future

Conférence à l’École de Design de l’UQAM

J’ai été invité à venir présenter une conférence dans le cadre des journées porte ouverte organisées par l’École de design de l’UQAM.
Dans cette série de conférences, il y aura également Bosses design (la gang avec qui j’ai eu mon premier atelier) et le studio Rita.
Enfin une tribune pour parler de ma recette de tajine au poulet! 🙂
Je pense plutôt parler de mon parcours créatif multidisciplinaire, sujet qui risque plus d’intéresser ces jeunes designers. Personnellement, c’est toujours un exercice intéressant que de revisiter son processus de recherche création, surtout quand celui-ci oscille entre la culture du projet (le design) et le monde des arts visuels. Ça permet de se repositionner pour entrevoir la suite des choses.

DATE : mardi le 10 février de 12h45 à 13h45.

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