Villa Savoye de Le Corbusier

Villa Savoye

Villa Savoye

Visite de la Villa Savoye [prononcé Savoie en fait] en compagnie d’Arnaud. Cette maison, bâtie en 1931 est considérée comme l’une des oeuvres majeures de Le Corbusier. Selon moi, la force de ce bâtiment réside dans son ouverture sur la nature. Il y a un travail minutieux sur les limites entre l’intérieur et l’extérieur; ces deux espaces cohabitent et s’interpénètrent de façon réfléchie. En un mot, dans cet espace construit, on a parfois l’impression d’être à l’extérieur, ou tout du moins en contact étroit avec l’environnement [qui se compose de beaucoup de pelouse et d’arbres en arrière-plan].

Villa Savoye; vue extérieure

Villa Savoye; vue extérieure

Cette maison était supposée bouleverser les codes traditionnels de l’habitat domestique. Je dis supposée car bien que les lignes soient intéressantes, que tous les objets, le mobilier et les détails soient dessinés, il y a comme un décalage entre l’aménagement et l’ergonomie intérieure de la maison, et la réalité des usages au quotidien : certains couloirs sont petits, toutes les portes sont identiques, un lavabo est positionné en plein milieu du passage vers la cuisine et celle-ci ne comportait pas de four, mais seulement des plaques alimentées par l’électricité. Pourquoi? Parce que Mme Savoye désirait que sa maison soit en phase totale avec la modernité donc l’électricité devait être l’unique source d’énergie, car elle était nouvelle. Alors bien que tout ces geste étaient sensés refléter une nouvelle façon de vivre, celle-ci se limitait beaucoup plus dans une représentation physique et matérielle que dans une révolution des façons de vivre, des codes sociaux de l’époque. Une utopie formelle donc, ce que représente pour moi le trait fondamental de la modernité.
On peut alors imaginer les domestiques, servir le diner à tous les invités réunis par la famille Savoye à la Villa dessinée par Le Corbusier…

dogme

dogme

Ces trois mots reflètent la philosophie du célèbre architecte suisse. Alors que nombre de ses projets résidentiels et urbains sont demeurés à l’état d’études et de dessins [une bonne chose diront certains!] beaucoup de ses projets réalisés ne sont aujourd’hui plus habités. Dommage, car ce grand architecte a su remettre en question la formalité occidentale. Mais peut-être que d’habiter dans une utopie est difficile au quotidien…

Palais de Tokyo : GAKONA

Aujourd’hui, visite au Palais de Tokyo. L’espace est bigarré, un mix entre un style classique, hérité de l’expo universelle de 1900, mélangée à une rénovation contemporaine [laCaton et Vassal] qui se veut intentionnellement «incomplète». Bel espace, belle librairie, mais surtout belle expo, quelque chose de vraiment différent.

Le thème prend pour point de départ un travail de Nikola Tesla, un des plus grands scientifiques de l’histoire des technologies. Son travail portait principalement sur le développement de méthode de conversion et de transport d’énergie. Le projet qui a inspiré l’expo est l’idée de diffuser, sans fil, de l’électricité à toute la planète grâce à de gigantesques résonateurs à haute fréquence. Ce projet utopique [mais presque réalisé] donne le ton à l’expo; «des oeuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, elle [cette expo] poursuit ainsi la volonté du Palais de Tokyo de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre pôles opposés.»
Une expo définitivement à la croisée de l’imaginaire et du réel. Pour exemple, le premier projet présenté est une table de bois qui flotte littéralement dans l’espace, portée par un haut débit d’air propulsé d’à partir d’un trou dans le sol.

table volante

Détail de la table volante

Détail de la table volante

Une autre pièce nous présente deux parapluies montés sur deux résonateurs électriques. À des moments intermittents, lorsque l’énergie est suffisamment chargée, le courant se déleste en passant d’un côté à l’autre, produisant un arc électrique et un bruit assourdissant!

Parapluie électrique

Parapluie électrique

La dernière installation est une pièce interactive, dans ce sens que celle-cie nous donne à ressentir les énergies et le champ magnétique qu’elle produit. C’est cette pièce qui est la plus unique, car lorsque je suis entré dans son champ d’action, des picotements se sont manifestés sur le dessus de ma tête accompagnée d’un bourdonnement maléfique! Quelle expérience que de ressentir un champs magnétique de 10 000 volts passer au dessus de sa tête. Nous sommes définitivement des êtres bioélectriques sur qui les champ magnétiques et les micro-ondes ont une influence certaine…

Champ magnétique

Champ magnétique

C’est d’ailleurs la seule expo de ma vie où j’ai dû lire et signer une décharge qui déresponsabilisait l’artiste de tout effet de son oeuvre sur moi. Le panneau mentionnait d’éviter tout contact avec le visage d’autres visiteurs, en particulier les yeux[!]
Une expérience physique à des lieux d’une expérience purement esthétique…
:p

Décharge

Décharge

Gakona : Micol Assaël / Ceal Floyer / Laurent Grasso / Roman Signer

Conférence : L’espace public, espace des possibles? à l’université Paris 1

Vendredi, profitant de mon séjour ici, j’assisterai [s’il me reste du temps!] à la conférence portant sur les projets utopiques insérés dans l’espace public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

«Trois interrogations au cœur de cette rencontre : à quelles conditions les scénographies urbaines sont-elles créatrices d’utopies ? Comment « rendre le possible à nouveau disponible » ? « La perte de l’anticipation artistique et politique serait-elle fatale à l’art » (Bruno Schnebelin) ?»

Cette rencontre risque d’être fort intéressante. Décidément, il y a mouvance vers la création d’espaces projectuels ainsi que des lieux de rencontres sociaux au coeur de la ville. C’est une problématique plus qu’actuelle. La culture du projet peut espérer opérer cette cicatrice conciliante entre les utopies modernistes et la réalité complexe de nos villes contemporaines. Je crois que le 21e siècle sera celui de la métaphysique du réel.
Résolument, ce voyage s’est avéré plus que productif!

Atelier Brâncusi

Journée froide, grise et humide; on se croirait en plein automne au Québec! Mais je ne m’en plains pas, journée parfaite pour flâner et visiter des expos [en plus qu’il doit surement subsister quelques pieds de neige pour m’accueillir à mon retour]! Je suis donc passé au centre Georges Pompidou. Belle visite, jolie librairie bien garnie [j’ai réussi à me retenir et n’acheter que 2 livres!] et parcours mémorable dans l’atelier de Constatin Brâncusi. Je n’avais pas réalisé combien son atelier était important dans sa vie comme dans son travail. Ses pièces étaient disposées de façon minutieuse dans ses espaces et il prenait des photos d’elles à différentes étapes de leur construction. L’image, la trace photographique, la présentation de ses pièces était très importante. Cette préoccupation se retrouve également dans le travail des socles de ses sculptures. C’est d’ailleurs le moment dans l’histoire de l’art, ou le socle a fait son entrée comme partie intégrante de l’oeuvre. Un petit pas de plus vers l’intégration du contexte comme partie indissociable du projet.

atelier Brancusi

atelier Brancusi

Il vivait littéralement au milieu de ses sculptures, sur la petite mezzanine, tout au fond.

Pecha-Kucha [suite]

En attendant la réponse du groupe de Paris, j’ai décidé d’enclencher le processus pour mettre sur pied un Pecha-Kucha dans la région de la Capitale, Ottawa. Cette idée m’était venue cet été, mais faute de temps (ou dans l’ordre de priorité) je n’y ai pas donné suite.

Peut-être que le tout pourra être présenté au centre d’artiste AXENÉO7, le lieu pour qui je travaille en tant que membre du conseil d’administration. C’est en plein dans la foulée de diversification du public et dans l’idée de rejoindre les différents créateurs de la région (des deux côtés de la rivière). Il y a dans ce coin un bassin d’artistes et de designers qui n’attends qu’à se faire voir et entendre.

Je vous en reparle bientôt. S’il y a des intéressés à participer ou à donner un coup de pouce pour monter l’événement, n’hésitez pas à m’en faire part.

Pecha-kucha à Paris

Déçu de n’être jamais disponible à Montréal lors des dernières soirées Pecha-Kucha et animer par un esprit d’aventure, j’ai fait parvenir un courriel aux organisateurs de la prochaine soirée Pecha-Kucha de Paris qui aura lieu ce mercredi, au Divan du Monde, dans l’espoir qu’ils pourront accepter une inscription tardive.

Pecha-Kucha Paris

Pecha-Kucha Paris

Depuis quelques mois, je désire utiliser cette tribune tripative pour parler de mon projet SendGoodKarma (aka Fortunecookie). Espérons qu’il n’est pas trop tard, sinon, ce sera pour la prochaine édition à Montréal…