François Caron, membre honoraire de S27

François est ingénieur et designer, Papa de deux petites filles et surtout, un très bon ami à moi. Nos parcours se sont croisés lors de notre DEC en design industriel au Vieux-Montréal. Depuis, François a toujours été aux premières lignes lorsqu’il s’agit de valider les concepts et la matérialité des projets du Studio 27 depuis ses tout débuts. Ses observations critiques et ses idées ingénieuses ont toujours su amener les projets vers des cieux plus pertinents. Voilà pourquoi j’ai décidé d’en faire le premier membre honoraire à vie de S27.

Notre dernière discussion tournait autour du peu d’importance que nos dirigeants semblent pouvoir accorder à l’image qu’un ouvrage ou un bâtiment peut avoir et surtout à l’aura qu’une telle image peut apporter à une ville. En particulier ici la ville de Montréal. Plusieurs projets d’infrastructures et des ponts reliant l’ile de Montréal sont à l’étude et nous nous questionnons sur comment cette dimension semblait être abordée.

Il est évident qu’un pont doit posséder un bon design (structurellement, matériellement, environnementalement, d’une urbanité réfléchie, etc.). Mais un aspect qui semble être évacué avec notre réflexe du vite, bon pas trop cher est l’aspect esthétique, l‘expérience esthétique que ces ouvrages peuvent revêtir.
Cet aspect n’est nullement à négliger.

Les gens se déplacent-ils pour visiter la tour Eiffel (qui rappelons le devait être un ouvrage temporaire pour l’expo universelle de Paris de 1900?) Est-ce que l’icône du Brooklyn bridge n’est pas reconnu mondialement? Cette dimension (l’expérience esthétique, l’image, l’icône) a une portée tellement forte pour une ville. Ces points de repère deviennent des signes identitaires puissants et reconnus.
Pourtant, les fonds sont toujours amputés lorsqu’il s’agit de réfléchir à cette question (pensons aux fameux parements de verre de la grande bibliothèque, initialement prévus en cuivre -qui possédait une durée de vie beaucoup plus grande soit dit en passant-, mais amputés pour faute de budget… combien sont tombés à ce jour)?
Ceci m’est difficile à comprendre dans une société de l’image comme la nôtre.
Je pense que cette dimension était plus naturelle chez les anciens. Lorsqu’il s’agissait de faire un objet, ils y mettaient du coeur, de l’expérience (savoir-faire) et une sensibilité qui faisait preuve d’une proximité avec les phénomènes naturels et surtout avec tout le processus qui prenait essentiellement du temps. Si produire quelque chose prenait un certain temps, autant pour l’artiste d’y trouver du plaisir et d’en faire un bel objet, non?

Peut-être que le processus était aussi important que le produit final?
être – faire – avoir

Concours Stanley revisité 2009

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Kanva Architecture lance un appel de candidatures aux artistes en arts visuels & multimédias pour la réalisation d’oeuvres inspirées d’un projet d’architecture. Le concours vise à approfondir le lien entre l’art et l’architecture à travers différentes interprétations artistiques d’un même bâtiment. Cet appel de candidatures est ouvert aux artistes, architectes, graphistes, designers et/ou étudiants.

Sujet
Les interprétations artistiques doivent s’inspirer d’un projet architectural qui consiste en la rénovation et l’agrandissement d’une maison centenaire située sur la rue Stanley au sein du Golden Square Mile de Montréal. La définition des différents volumes du projet s’appuie sur la dualité entre traditionnel et contemporain. Le geste principal repose sur la création d’un vide ouvert sur plusieurs étages visant à établir une frontière perméable entre l’existant et l’agrandissement.

Oeuvres
Les oeuvres proposées devront s’inspirer de cette problématique architecturale.
10 projets seront sélectionnés pas un jury.
Par la suite, Kanva pourra organiser une exposition des oeuvres crées par les lauréats durant laquelle les oeuvres seront vendues. Tous les fonds recueillis seront remis à une société à but non-lucratif faisant la promotion des Arts dans le contexte urbain.

Visitez le site du concours pour plus de détails.

Source : Anna Rocki, Kanva Architecture.

l’Arc-en-ciel de la Place des Arts

arc en ciel

arc en ciel

arc en ciel

arc en ciel

L’oeuvre d’art installée dans le bassin de la Place des Arts de cette année est un gigantesque Arc en ciel. Réalisée avec des barils peinturés de multiples couleurs, l’oeuvre jonche dans le bassin teinté en noir pour l’occasion. Les artistes ont voulu faire un «statement» écologique en proposant une oeuvre ludique et très matérielle. L’effet est réussi et le tout m’a fait penser à l’idée du monument (pièce bien centrée, imposante et dont le propos est sans équivoque). Mais je suis un peu resté sur ma faim en m’approchant, car en voyant la pièce, je croyais entendre un son plus intense, plus profond ou plus dramatique – pour étendre le propos de l’oeuvre en fait…

Cela dit, les passants et utilisateurs du lieu semblent très apprécier la pièce éphémère, ce qui est visé juste pour ce lieu public. Même une passante non inconnue (Mlle Marie-Josée Laframboise) a dû jouer à la photographe pour une dame très souriante qui tenait à se faire prendre en photo devant l’oeuvre.
La sculpture éphémère est réalisée par Philippe Allard et Justin Duchesneau. Cool effet.

Marie-Josée  Laframboise

Marie-Josée Laframboise

Mon-Ha

Je suis retombé sur une citation enfouie dans le coeur de mon ordi. Une citation tirée d’un catalogue d’exposition d’une expo sur la sculpture contemporaine japonaise intitulé A Primal spirit. Le livre présente une dizaine d’artistes et leur production sculpturales très matérielle et sensuelle en bois. Je me souviens d’avoir vu ce livre à la bibliothèque de l’UQAM lorsque j’étais étudiant. J’avais noté, intuitivement, la citation sans pouvoir en exprimer complètement toute la subtilité. C’est dense et à la fois simple, comme à la manière des japonais en fait. Maintenant avec le recul, je crois pouvoir ajouter quelque chose de personnel.

«A world in which images have been objectified by representation is, for that very reason, an indirect world…congealed as man wants and not left as it is, (in which) we are confronted not with the world itself but with human will. The world is no longer telling us about itself but has been transformed into an “object” that tells of man’s image»1

Ce texte nous parle du monde de l’image, de la société de l’image et de la place que les apparences occupent dans nos vies contemporaines. Les nouvelles générations sont immergées dans le faire-savoir (à l’opposé du savoir-faire), et ce changement de paradigme entrainne forcément un rapprochement avec l’image, avec la construction d’image et une attention à la représentation. Mais cette représentation n’est pas nécessairement objective, elle est plutôt construite. Nous sommes maintenant immergés dans un monde d’images construites par la volonté des hommes. Ces images n’ont plus forcément de rapport avec la réalité, avec la phénoménologie qui les ont inspirés, mais plutôt modelés par les fantasmes2 et les aspirations des hommes.

Par extension, ce texte nous parle de la distance que l’homme entretient de plus en plus avec les processus naturels. Cette distance n’augure rien de bon dans mon livre; la preuve est dans l’état actuel de l’environnement. En étant loin des processus fondamentaux, il est difficile d’en saisir les fonctionnements et toutes les interrelations. Encore plus notre propre position au sein de ceux-ci.

Primal spirit

Primal spirit

1-Lee Ufan, “In search of encounter” (in Japanese), Bijutsu Techo 22 (February 1970) : 15-16; Translation by Yumico Yamazaki published in Masahiro Aoki, “Towards the Presentation of a New World, ” in Lee Ufan : Traces of sensibility and Logic (exh. cat., Gifu : Museum of Fine Arts, 1988), 73.

2-Le fantasme suprême serait d’imposer la volonté de l’homme sur celui de la nature et ainsi d’en modifier les cycles immuables; la vie éternelle.

Test d’étanchéité : réussi

La météo annonçait 50 mm de pluie pendant la nuit de jeudi à vendredi. Excellente opportunité pour tester l’étanchéité du cookie avant de le regarnir de ses éléments électronique. Il a passé le test haut la main! Aucune goutte d’eau n’a pénétré à l’intérieur de la borne interactive construite en cèdre rouge de l’ouest. Ne reste qu’à emballer le tout pour le grand déménagement vers Montréal pour la fin juin.

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Écrivez votre petit mot sur le site KortuneFookie

Kortunefookie à Montréal en juin

carton d'invitation (recto)

carton d'invitation (recto)

Kortunefookie sera présenté dans le quartier du Mile-end à Montréal avec la contribution du centre d’artiste Articule. Le projet interactif sera installé à l’extérieur sur la rue Fairmount au coin de l’avenue du Parc pour tout le mois de juillet. Soyez nombreux à envoyer des textes subversifs qui seront imprimés sur place! www.kortunefookie

Le vernissage aura lieu le samedi 27 juin lors de l’événement de levée de fonds du centre d’artiste montréalais.

carte pour aller chez Articule

carte pour aller chez Articule