L’artiste vietnamien Pham Huy Thong

Pham Huy Thong

Pham Huy Thong


Belle rencontre en ce début de semaine chez le peintre hanoien Pham Huy Thong. J’ai pu voir les toiles qu’il prépare pour sa prochaine exposition qui aura lieu à la galerie Bui en novembre prochain.

Il m’a fait un survol commenté de sa production en cours. La presque totalité de ses toiles sont crées à partir de photos d’archives à saveur nationaliste. Il s’en inspire, tout autant que de l’histoire et de la mythologie vietnamiennes, afin de créer des oeuvres figuratives narratives. Ses pièces possèdent plusieurs strates de sens qui permettent, à un public sensible à l’histoire de ce pays d’Asie du Sud Est, d’en apprécier toute la profondeur et le regard critique. Mais ce sont de belles toiles avant-tout, qui sont réalisées dans un style très graphique et contemporain. Normal, car Thong était désigner graphique avant de devenir artiste à temps plein comme il le dit. Il a également enseigné à l’Université d’Hanoi dans le programme de design graphique. Donc beaucoup d’atomes crochus entre lui et moi.

Il m’a accueilli dans son atelier-résidence (situé près du meatmarket) avec du vin de riz. Il s’agit d’un alcool que l’on boit avec une paille de bambou à même le pot de céramique rempli de riz brun. Délicieux!

Par la même occasion, j’ai eu droit à mon cours d’histoire 101 sur Ho Chi Minh et sur la réalité de ce peuple en pleine révolution économique. Y’a pas à dire, le Vietnam est une nation en pleine croissance et chaque coin de pays possède son chantier de construction (petit et grand).

Vin de riz chez Pham Huy Thong

Vin de riz chez Pham Huy Thong

Le sentiment d’urgence comme moteur de création

Depuis toujours, l’art a servi de véhicule pour exprimer des idées qui ne peuvent trouver leur place dans les communications ou discours officiels. Que ce soit des idées à contre-courant des modes de pensées établis ou qui offrent un autre point de vue sur une réalité contrôlée par le pouvoir en place, l’importance que revêt l’art comme véhicule d’un récit parallèle apparaît plus que vital.

C’est ce sentiment d’urgence de communication qui anime les trois artistes que j’ai rencontrés à la galerie Bui pour l’expo Tam Ta ainsi que quatre autres artistes venus du Myanmar (la Birmanie) pour l’événement. Pour ces artistes, la mission est claire: offrir une alternative face à des prises de position unilatérales et ouvrir les portes aux nouvelles idées. Dans ce cas-ci, aux idées qui viennent d’autres pays et d’autres cultures artistiques, mais aussi des idées locales qui sortent des conventions reconnues.

……….
Pour apprécier les différents niveaux d’expression de ces oeuvres, il faut connaitre (même sommairement) la réalité et l’histoire des pays dans lesquels elles sont produites. C’est la chance que j’ai eu lorsque j’ai discuté avec ces artistes du Vietnam et du Myanmar,et ai été immergé, ne serait-ce que pour un moment, dans leurs réalités, l’histoire de leurs pays ainsi que celles de leurs familles. J’ai put enter de comprendre comment tout ce baggage influence leurs façons de créer, les matériaux qu’ils utilisent et l’imagerie déployée afin d’arriver à leur fin. Car l’important ici est de dire une chose et d’en suggérer une autre.

Ces artistes font face à une difficulté supplémentaire (en plus d’une difficulté économique); leur oeuvres doivent être approuvées par le comité de censure avant de pouvoir êtres exposées! Un des artistes du groupe New Zero Art Space a d’ailleur présenté, ironiquement, la photographie du certificat d’autorisation délivré par l’officiel du Myanmar. Du pur délire! Certains artistes m’ont affirmés avoir au moins deux explications pour leurs oeuvres : une authentique non-censurée, et une autre préparée pour les agents du gouvernement. Car il faut être prêt, on ne sait jamais quand un agent “undercover” fera son apparition à une exposition ou à une table ronde comme celle d’hier.

Par chance, samedi à la gallerie Bui, aucun agent du gouvernement ne s’est présenté parce que l’événement a changé de lieu à la dernière minute et parce que la publicité n’a pu se faire de façon usuelle par manque de temps. Qu’à cela ne tienne, plusieurs jeunes artistes et étudiants sont venus écouter et voir ce qui se fait dans le monde, en dehors du programme officiel enseigné dans les écoles d’art du pays. Difficile à entendre pour le professeur que je suis, cette censure constante et répressive dans les contenus et les idées, même à l’école…

Ce travail d’éveil et d’introduction incombe donc à d’autres. C’est un des défis que relève Michelle Le Bui, co-diretrice de la galerie, c’est-à-dire de diffuser l’art contemporain actuel aux artistes et au public vietnamiens. Chapeau à tout ce groupe réunis par une cause commune; ouvrir les volets sur d’autres réalités. 
Ils sont animés par le feu sacré.

Expo Tam Ta :
Nguyen Van Phuc / Nguyen Huy An / Vu Hong Ninh / Nguyen Tran Nam

Commissaire : Tran Luong

Vu Hong Ninh

Vu Hong Ninh

Nguyen Tran Nam

Nguyen Tran Nam

Aye Ko, directeur du New Zero Art Studio

Aye Ko, directeur du New Zero Art Studio

Sur une note personnelle, l’idée de monter un événement Pecha Kucha, ici, au Vietnam, serait une occasion formidable pour fournir un outil de communication et de dissimination d’idées.

Présentation du gros biscuit à DAÏMÕN

Présentation de mon projet interactif Kortunefookie au centre DAÏMÕN de Gatineau, du mercredi 12 mai au dimanche 23 mai 2010. Cette diffusion est une occasion pour amener le projet à un autre niveau en présentant l’abri qui accompagnera maintenant l’oeuvre dans tous ces déplacements. Cette microarchitecture est construite en cèdre rouge recyclé, en acier, en acrylique et avec de la cire d’abeille. Elle sert principalement de refuge au biscuit géant ainsi que de lieu de focalisation pour expérimenter ce petit rituel ludique.

Vernissage le mercredi 12 mai à 18h30. Venez obtenir votre fortune!


Participation au Carton Jaune de Punkt

Le deuxième concours de design organisé par l’Atelier Punkt comportait des règlements très simples; ça devait être jaune et subversif! J’ai donc conçu un banc public avec des barrières de construction recyclées. Pour la fabrication, j’ai créé une typologie d’assemblage très simple et utilisé uniquement les deux types d’éléments que l’on retrouve dans ces objets de construction (la barrière et le tréteau). Le résultat me plait bien.
Le vernissage aura lieu le vendredi 30 avril à l’atelier Punkt de Montréal.

Après l’expo, cette pièce de mobilier viendra habiter mon bureau à l’université afin d’y recevoir les étudiants et les collègues.

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EKO/ECHO Expo-bénéfice pour Haïti

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Il y a environ deux semaines, au lendemain de la catastrophe qui a secoué Haïti, mon ami Rafael Sottolichio m’a fait parvenir un courriel simple, mais explicite; «Si vous êtes intéressé à participer à cette exposition-levée de fonds au profit d’Haïti d’une façon ou d’une autre, faites-moi signe.»

L’appel était clair et sans équivoque, il organisait une exposition-bénéfice de 3 jours éclair pour venir en aide à ce pays dévasté. Beaucoup de réponses, beaucoup d’artistes, peu d’espace, donc accrochage de type salon pour des oeuvres picturales. Je donnerai ma photographie La chambre verte, celle-là même qui fera la couverture du livre de Chantal Ringuet.

Les profits seront versés intégralement à cette levée de fonds.
Une autre façon de faire un petit geste.
Directions pour aller à la Galerie du Viaduc.

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La chambre verte, Carrière de Wakefield, 2007

Participation au projet d’art public de Gilles Mihalcean

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J’ai contribué à la proposition du projet d’intégration des arts à l’architecture de l’artiste Gilles Mihalcean. Sa pièce, proposée pour le parc Marcelin Wilson, est un hommage à la communauté libanaise de Montréal bien implantée dans ce quartier d’Ahuntsic.
J’ai le plaisir d’annoncer qu’il a gagné le concours (probablement grâce à la qualité de ma planche graphique 😉

La pièce reprend l’idée de la route, qui elle symbolise le commis voyageur, activité phare de la communauté libanaise en sol canadien. Les autres plans présentent le côté d’un bateau avec la rame, tandisque la troisième face de la forme pyramidale représente l’alphabet phénicien. La pièce mesure 16′ de hauteur est est constituée de différents granits, de béton, d’un couvre-sol naturel et d’acier inoxydable.
Cette oeuvre est typique du travail de Gilles, qui exploite le potentiel narratif de la sculpture. Soit des oeuvres qui révèlent leur sens à travers le récit produit par la juxtaposition des différents objets-images.

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Maquette de présentation
Gilles Mihalcean

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Monument à la Pointe
Béton, brique, aluminium
Photo : Richard-Max Tremblay

Ma pièce favorite de Gilles est sans équivoque la tour qu’il a réalisée pour le quartier sud-ouest, près du canal Lachine. Installée dans le rond point juste avant le tunnel Atwater, cette pièce parle de l’histoire de ce quartier, des usages et des gens qui y ont habité. Sa typologie sculpturale est particulièrement pertinente et fort réussie dans ce projet.
 La forme nous rappelle l’image et la proue d’un bateau, mais construit avec la brique typique des bâtiments industriels environnants. La tour repose sur 3 troncs d’arbres coulées en bétons teints dans la masse.

Gilles Mihalcean a remporté la Bourse de carrière Jean-Paul-Riopelle du Conseil des Arts et des Lettres du Québec en 2004.