Mon-Ha

Je suis retombé sur une citation enfouie dans le coeur de mon ordi. Une citation tirée d’un catalogue d’exposition d’une expo sur la sculpture contemporaine japonaise intitulé A Primal spirit. Le livre présente une dizaine d’artistes et leur production sculpturales très matérielle et sensuelle en bois. Je me souviens d’avoir vu ce livre à la bibliothèque de l’UQAM lorsque j’étais étudiant. J’avais noté, intuitivement, la citation sans pouvoir en exprimer complètement toute la subtilité. C’est dense et à la fois simple, comme à la manière des japonais en fait. Maintenant avec le recul, je crois pouvoir ajouter quelque chose de personnel.

«A world in which images have been objectified by representation is, for that very reason, an indirect world…congealed as man wants and not left as it is, (in which) we are confronted not with the world itself but with human will. The world is no longer telling us about itself but has been transformed into an “object” that tells of man’s image»1

Ce texte nous parle du monde de l’image, de la société de l’image et de la place que les apparences occupent dans nos vies contemporaines. Les nouvelles générations sont immergées dans le faire-savoir (à l’opposé du savoir-faire), et ce changement de paradigme entrainne forcément un rapprochement avec l’image, avec la construction d’image et une attention à la représentation. Mais cette représentation n’est pas nécessairement objective, elle est plutôt construite. Nous sommes maintenant immergés dans un monde d’images construites par la volonté des hommes. Ces images n’ont plus forcément de rapport avec la réalité, avec la phénoménologie qui les ont inspirés, mais plutôt modelés par les fantasmes2 et les aspirations des hommes.

Par extension, ce texte nous parle de la distance que l’homme entretient de plus en plus avec les processus naturels. Cette distance n’augure rien de bon dans mon livre; la preuve est dans l’état actuel de l’environnement. En étant loin des processus fondamentaux, il est difficile d’en saisir les fonctionnements et toutes les interrelations. Encore plus notre propre position au sein de ceux-ci.

Primal spirit

Primal spirit

1-Lee Ufan, “In search of encounter” (in Japanese), Bijutsu Techo 22 (February 1970) : 15-16; Translation by Yumico Yamazaki published in Masahiro Aoki, “Towards the Presentation of a New World, ” in Lee Ufan : Traces of sensibility and Logic (exh. cat., Gifu : Museum of Fine Arts, 1988), 73.

2-Le fantasme suprême serait d’imposer la volonté de l’homme sur celui de la nature et ainsi d’en modifier les cycles immuables; la vie éternelle.

Test d’étanchéité : réussi

La météo annonçait 50 mm de pluie pendant la nuit de jeudi à vendredi. Excellente opportunité pour tester l’étanchéité du cookie avant de le regarnir de ses éléments électronique. Il a passé le test haut la main! Aucune goutte d’eau n’a pénétré à l’intérieur de la borne interactive construite en cèdre rouge de l’ouest. Ne reste qu’à emballer le tout pour le grand déménagement vers Montréal pour la fin juin.

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Kayak, coup de soleil et -6˚

Mon périple annuel d’ouverture des parcs nationaux a repris cette année. Je suis allé faire un petit tour du côté du parc de la Mauricie afin de reconnecter avec la nature et mettre un peu de côté les écrans et les claviers.
Cette année, j’ai emporté un kayak de mer afin de parcourir un plus grand territoire et profiter de la vue des falaises du lac Wapizagonke. L’hiver n’est pas si loin, des grosses parois de neiges qui s’accrochent aux arbres me le rappelaient sans cesse. J’ai assisté à un événement spectaculaire; un bloc de glace gros comme un fauteuil a décidé de se décrocher alors que j’observais la paroi. Quel fracas! Je n’ose imaginer avoir été SOUS sa trajectoire et recevoir tout le poids de cette neige compactée. Cet événement n’a fait que renforcer mon désir d’aller pagayer dans les eaux du nord avec les icebergs.

RÉSUMÉ
Coup de soleil sur les bras à force de ramer, baignade à 19˚ (66 F), et première nuit dans la tente à -6˚.
Pas chaud! avec seulement les ours, chevreuils et castor pour vous tenir compagnie. C’est assez bizarre de revenir à l’état de «proie» et se sentir vulnérable face aux animaux. Ça reconnecte avec quelque chose d’assez profonds en-soi.
La nuit était noire, mais c’est ce qu’il y a de beau dans la forêt; le matin avec un petit café, tout est oublié.

Fauteuil de glace

Fauteuil de glace

falaises

falaises

60 Earth Hour

rédit : earth hour global

Crédit : earth hour global

Samedi le 28 mars 2009 sera la journée de l’événement 60 earth hour [soixante heures terrienne]. Journée durant laquelle les gens sont invités à éteindre leurs lumières pendant une heure à 8:30PM heure locale, peut importe où ils habitent sur la terre. Ce qui créera une sorte de vague lumineuse en négatif sur la surface de la Terre entière. L’essence du projet est de se servir de ses lumières pour voter contre ou pour les changements climatiques. Les lumières éteintes comptant pour un vote contre le réchauffement planétaire. Sorte de happening planétaire de conscientisation face aux problèmes environnementaux.

«Switching off your lights is a vote for Earth, or leaving them on is a vote for global warming.»

Joyeuse équinoxe du printemps!

Ha! c’est toujours avec tellement d’attente accompagnée d’une petite équeurite de l’hiver que nous célébrons l’arrivée du printemps! Plus qu’un simple fait du calendrier, c’est dans notre corps que nous ressentons cette transition des saisons. L’énergie du soleil se fait plus présente depuis quelques semaines maintenant et l’heure supplémentaire d’ensoleillement nous permet de vivre un peu plus après le travail. C’est la sortie de la léthargie hivernale qui s’amorce.

*L’équinoxe est le moment de l’année où la nuit et le jour sont exactement de la même durée. De plus, c’est à ces deux moments de l’année (équinoxe du printemps et celle de l’automne) que le Soleil se lève exactement à l’est et se couche exactement à l’ouest.
Moins spectaculaires que les solstices, il n’en demeure pas moins que ces points de repère phénoménologiques et climatiques sont des moments d’équilibre cosmologique… Et qui dit cosmologie fait appel à la métaphysique et à la spiritualité. Sujet vital pour l’humain, mais combien relégué aux calendes grecques à notre époque!

Jason Taylor : sculpture sous-marine

J’avais déjà vu le travail de cet artiste sur la couverture du livre Art Works Place, livre qui traite de la place du lieu dans l’art contemporain. C’est un bon ouvrage qui a capté mon attention à l’époque, mais l’image de la couverture était envoutante. Il s’agissait d’une installation sous-marine de l’artiste Jason deCaires Taylor. Ces sculptures sont créées dans l’optique de devenir, avec le temps, des habitats pour la faune et la flore marine. Les pièces sont installées dans des eaux peu profondes afin d’être accessibles aux plongeurs en apnée.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor

Cette photographie est une installation qui fait partie du premier jardin de sculpture sous-marin dans la baie Molinière, à la Grenade, dans l’océan Atlantique. L’idée d’investir ce lieu mystérieux [l’océan] est séduisante… Surtout lorsqu’il s’agit de coopérer avec l’écoumène existant. C’est une coopération avec la nature profonde du lieu, sa morphologie, sa phénoménologie et son équilibre. Intéressant et contemplatif.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor