Kortunefookie à Montréal en juin

carton d'invitation (recto)

carton d'invitation (recto)

Kortunefookie sera présenté dans le quartier du Mile-end à Montréal avec la contribution du centre d’artiste Articule. Le projet interactif sera installé à l’extérieur sur la rue Fairmount au coin de l’avenue du Parc pour tout le mois de juillet. Soyez nombreux à envoyer des textes subversifs qui seront imprimés sur place! www.kortunefookie

Le vernissage aura lieu le samedi 27 juin lors de l’événement de levée de fonds du centre d’artiste montréalais.

carte pour aller chez Articule

carte pour aller chez Articule

Un espace «autre»

Qu’est-ce qu’une invention achevée? C’est simplement une invention qui est entrée dans les moeurs et coutumes des hommes, qui fait partie de notre réalité et dont l’origine est oubliée. Ce concept est introduit par Anne Cauquelin pour tenter d’éclaircir les limites entre les concepts d’espaces et de sites physiques et ceux dits «virtuels » ou cyberespaces. Elle se réfère ainsi au concept du paysage.
La question est importante, car elle nous signifie que le réseau internet et le Web sont des inventions qui ne sont pas achevées, dans ce sens qu’ils demeurent des territoires d’exploration en constante redéfinition. L’espace du réseau doit être entendu comme un espace non spatial qui possède un temps sans temporalité. C’est difficile à comprendre et à assimiler dans notre monde où le paradigme de l’espace-temps nous imprègne totalement et se rapelle constamment à nous. La conclusion de son ouvrage Le site et le paysage nous explique un peu mieux cette vision, ce changement de paradigme :

«Ainsi le cyberespace n’est pas plus artificiel dans sa constitution que le paysage ne l’a été – ce sont deux inventions techniques, à l’origine -, il n’est cependant pas encore naturalisé, c’est-à-dire qu’il n’est pas passé au rang des évidences majeures qui le rendraient nécessairement à notre appréhension du monde dans sa totalité, en feraient cet a priori formel que le paysage perspectiviste assume pour le moment.»

La révolution sociale et relationnelle que l’omniprésence du réseau internet aura sur nous sera donc profonde. Encore plus profonde qu’il est possible d’imaginer, même si aujourd’hui peu de personnes remettent en question leur participation à cette aventure numérique. Il demeure néanmoins qu’un changement de paradigme relationnel a présentement lieu dans notre société. Nous en sommes encore qu’au début, qu’au stade de l’expérimentation préliminaire.
La bête semble ici encore «contrôlable». Il en revient aux artistes, designers et artisans du réseau qui réalisent cette expérimentation, qui créent cette interface entre l’homme et la machine, d’agir comme garde-fou. De nous rappeler notre humanité.

60 Earth Hour

rédit : earth hour global

Crédit : earth hour global

Samedi le 28 mars 2009 sera la journée de l’événement 60 earth hour [soixante heures terrienne]. Journée durant laquelle les gens sont invités à éteindre leurs lumières pendant une heure à 8:30PM heure locale, peut importe où ils habitent sur la terre. Ce qui créera une sorte de vague lumineuse en négatif sur la surface de la Terre entière. L’essence du projet est de se servir de ses lumières pour voter contre ou pour les changements climatiques. Les lumières éteintes comptant pour un vote contre le réchauffement planétaire. Sorte de happening planétaire de conscientisation face aux problèmes environnementaux.

«Switching off your lights is a vote for Earth, or leaving them on is a vote for global warming.»

Mike Ross : Colorfield

Je suis tombé sur un projet de l’artiste Mike Ross qui m’a totalement séduit. Il s’agit d’une pièce interactive qui utilise des matériaux de base et un dispositif très simple. L’installation consiste de panneaux de couleurs montés sur un système de cordage et de poulies. En activant ceux cis, les participants contrôlent les ombres colorées au sol, remodulant constamment ainsi la sculpture de lumière. C’est un beau projet qui mise sur la collaboration du public pour exister. Le genre de truc qui m’intéresse!

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Son site est intéressant; interface très simple, projets en quantité limitée, montage audio-vidéo ludique, etc. La majorité de ses projets mettent en jeu les phénomènes naturels et le public. À visiter.

Palais de Tokyo : GAKONA

Aujourd’hui, visite au Palais de Tokyo. L’espace est bigarré, un mix entre un style classique, hérité de l’expo universelle de 1900, mélangée à une rénovation contemporaine [laCaton et Vassal] qui se veut intentionnellement «incomplète». Bel espace, belle librairie, mais surtout belle expo, quelque chose de vraiment différent.

Le thème prend pour point de départ un travail de Nikola Tesla, un des plus grands scientifiques de l’histoire des technologies. Son travail portait principalement sur le développement de méthode de conversion et de transport d’énergie. Le projet qui a inspiré l’expo est l’idée de diffuser, sans fil, de l’électricité à toute la planète grâce à de gigantesques résonateurs à haute fréquence. Ce projet utopique [mais presque réalisé] donne le ton à l’expo; «des oeuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, elle [cette expo] poursuit ainsi la volonté du Palais de Tokyo de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre pôles opposés.»
Une expo définitivement à la croisée de l’imaginaire et du réel. Pour exemple, le premier projet présenté est une table de bois qui flotte littéralement dans l’espace, portée par un haut débit d’air propulsé d’à partir d’un trou dans le sol.

table volante

Détail de la table volante

Détail de la table volante

Une autre pièce nous présente deux parapluies montés sur deux résonateurs électriques. À des moments intermittents, lorsque l’énergie est suffisamment chargée, le courant se déleste en passant d’un côté à l’autre, produisant un arc électrique et un bruit assourdissant!

Parapluie électrique

Parapluie électrique

La dernière installation est une pièce interactive, dans ce sens que celle-cie nous donne à ressentir les énergies et le champ magnétique qu’elle produit. C’est cette pièce qui est la plus unique, car lorsque je suis entré dans son champ d’action, des picotements se sont manifestés sur le dessus de ma tête accompagnée d’un bourdonnement maléfique! Quelle expérience que de ressentir un champs magnétique de 10 000 volts passer au dessus de sa tête. Nous sommes définitivement des êtres bioélectriques sur qui les champ magnétiques et les micro-ondes ont une influence certaine…

Champ magnétique

Champ magnétique

C’est d’ailleurs la seule expo de ma vie où j’ai dû lire et signer une décharge qui déresponsabilisait l’artiste de tout effet de son oeuvre sur moi. Le panneau mentionnait d’éviter tout contact avec le visage d’autres visiteurs, en particulier les yeux[!]
Une expérience physique à des lieux d’une expérience purement esthétique…
:p

Décharge

Décharge

Gakona : Micol Assaël / Ceal Floyer / Laurent Grasso / Roman Signer