Jason Taylor : sculpture sous-marine

J’avais déjà vu le travail de cet artiste sur la couverture du livre Art Works Place, livre qui traite de la place du lieu dans l’art contemporain. C’est un bon ouvrage qui a capté mon attention à l’époque, mais l’image de la couverture était envoutante. Il s’agissait d’une installation sous-marine de l’artiste Jason deCaires Taylor. Ces sculptures sont créées dans l’optique de devenir, avec le temps, des habitats pour la faune et la flore marine. Les pièces sont installées dans des eaux peu profondes afin d’être accessibles aux plongeurs en apnée.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor

Cette photographie est une installation qui fait partie du premier jardin de sculpture sous-marin dans la baie Molinière, à la Grenade, dans l’océan Atlantique. L’idée d’investir ce lieu mystérieux [l’océan] est séduisante… Surtout lorsqu’il s’agit de coopérer avec l’écoumène existant. C’est une coopération avec la nature profonde du lieu, sa morphologie, sa phénoménologie et son équilibre. Intéressant et contemplatif.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor

Mike Ross : Colorfield

Je suis tombé sur un projet de l’artiste Mike Ross qui m’a totalement séduit. Il s’agit d’une pièce interactive qui utilise des matériaux de base et un dispositif très simple. L’installation consiste de panneaux de couleurs montés sur un système de cordage et de poulies. En activant ceux cis, les participants contrôlent les ombres colorées au sol, remodulant constamment ainsi la sculpture de lumière. C’est un beau projet qui mise sur la collaboration du public pour exister. Le genre de truc qui m’intéresse!

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Son site est intéressant; interface très simple, projets en quantité limitée, montage audio-vidéo ludique, etc. La majorité de ses projets mettent en jeu les phénomènes naturels et le public. À visiter.

Orange Works

Debout tôt ce matin à la maison [ce que le décalage horaire a de bien au retour de Paris] j’ai pu prendre le temps de revisiter certains projets que j’ai découvert lors de mon voyage. Le projet Orange works m’a interpellé. Il s’agit d’une collaboration entre les artistes John Hawke et Sancho Silva.

infogon

infogon

La collaboration entre l’artiste Sancho Silva et John Hawke a produit des résultats fort intéressants. Cette série, intitulée Orange Work, fait référence aux matériaux et à l’imagerie des acteurs de la construction urbaine. Cette série de projets se décline par des installations en milieu urbain. Certaines légales, d’autres plus subversives, elles s’adressent toutes au public qui anime ces villes et ces quartiers. Des petites installations qui contribuent à modifier et bonifier l’expérience de vie au sein de la ville.
J’aime bien ce genre de projets qui modifie la perception et la relation du public à l’art actuel. Plus qu’une simple contextualisation d’oeuvre dans les espaces de vie du public, ce genre de projet permet à celui-ci d’expérimenter les oeuvres, de les vivre et les toucher. Une désacralisation de l’objet par l’usage.

restarea

restarea

Palais de Tokyo : GAKONA

Aujourd’hui, visite au Palais de Tokyo. L’espace est bigarré, un mix entre un style classique, hérité de l’expo universelle de 1900, mélangée à une rénovation contemporaine [laCaton et Vassal] qui se veut intentionnellement «incomplète». Bel espace, belle librairie, mais surtout belle expo, quelque chose de vraiment différent.

Le thème prend pour point de départ un travail de Nikola Tesla, un des plus grands scientifiques de l’histoire des technologies. Son travail portait principalement sur le développement de méthode de conversion et de transport d’énergie. Le projet qui a inspiré l’expo est l’idée de diffuser, sans fil, de l’électricité à toute la planète grâce à de gigantesques résonateurs à haute fréquence. Ce projet utopique [mais presque réalisé] donne le ton à l’expo; «des oeuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, elle [cette expo] poursuit ainsi la volonté du Palais de Tokyo de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre pôles opposés.»
Une expo définitivement à la croisée de l’imaginaire et du réel. Pour exemple, le premier projet présenté est une table de bois qui flotte littéralement dans l’espace, portée par un haut débit d’air propulsé d’à partir d’un trou dans le sol.

table volante

Détail de la table volante

Détail de la table volante

Une autre pièce nous présente deux parapluies montés sur deux résonateurs électriques. À des moments intermittents, lorsque l’énergie est suffisamment chargée, le courant se déleste en passant d’un côté à l’autre, produisant un arc électrique et un bruit assourdissant!

Parapluie électrique

Parapluie électrique

La dernière installation est une pièce interactive, dans ce sens que celle-cie nous donne à ressentir les énergies et le champ magnétique qu’elle produit. C’est cette pièce qui est la plus unique, car lorsque je suis entré dans son champ d’action, des picotements se sont manifestés sur le dessus de ma tête accompagnée d’un bourdonnement maléfique! Quelle expérience que de ressentir un champs magnétique de 10 000 volts passer au dessus de sa tête. Nous sommes définitivement des êtres bioélectriques sur qui les champ magnétiques et les micro-ondes ont une influence certaine…

Champ magnétique

Champ magnétique

C’est d’ailleurs la seule expo de ma vie où j’ai dû lire et signer une décharge qui déresponsabilisait l’artiste de tout effet de son oeuvre sur moi. Le panneau mentionnait d’éviter tout contact avec le visage d’autres visiteurs, en particulier les yeux[!]
Une expérience physique à des lieux d’une expérience purement esthétique…
:p

Décharge

Décharge

Gakona : Micol Assaël / Ceal Floyer / Laurent Grasso / Roman Signer

SendGoodKarma [aka Fortunecookie] à MTL

Cet été, mon projet d’art public interactif SendGoodkarma sera présenté à Montréal, grâce au concours du centre d’artiste Articule. Surveillez ce site pour les dates et le lieu de diffusion du projet [tout pointe dans le Mile-End]. Le biscuit interactif sera inséré dans une petite «cabane» afin de le protéger et de renforcer l’idée du temple et de la rencontre associés au projet.

P.-S. Comme le projet fut rebaptisé SendGoodKarma pour sa présentation à New York, n’hésitez pas à nous faire part du titre que vous voudriez que le projet revête pour sa sortie à Montréal!

sexy

Semaine à l’ECV de Bordeaux

Je quitte ce soir pour aller passer une semaine à l’ECV Aquitaine de Bordeaux.
J’y ai été invité pour présenter un Workshop. Le sujet que j’ai choisi d’aborder sera l’installation événementielle (on a de la suite dans les idées ici).

Installations événementielle : JF Lacombe / Insitu / Rita / OnSite Studio

Installations événementielle : JF Lacombe / Insitu / Rita / OnSite Studio

Cette invitation, faite suite à la visite de la directrice de l’École de Communication Visuelle, Mme Sophie Alex, à l’UQO l’année dernière, est une super opportunité d’expérimenter ces concepts et ce type de projets avec des étudiants formés presque exclusivement à la culture du graphisme. Ce cours intensif de 5 jours sera donc un défi pour eux autant que pour moi. Je vous partage des images très bientôt.

Ça me rappelle lorsque je travaillais en tant que technicien en design industriel pour Sportrack Canada, et qu’ils m’avaient envoyé pour 3 semaines en Europe alors que je n’avais que 20 ans, frais sortis du CEGEP. J’étais débarqué là-bas avec… ma guitare! Beaux souvenirs que de me rappeler la face des distributeurs qui me recevaient là-bas. Je crois qu’il faut suivre son étoile. 🙂

gogo!

gogo!

Signes et systèmes urbains détournés : Brad Downey

A father duty, 2003

A father duty, 2003

Brad Downey est un artiste qui détourne l’usage des images, des objets et du mobilier urbain dans le but de nous faire voir la ville sous un autre jour. Sa bio nous informe qu’il tente, par ses projets, de redonner au citoyen l’occasion de réinterpréter et de se réapproprier la multitude de signes qui nous entourent au sein de la ville.

«There are multitudes of signals and systems that govern our cities and imperceptibly determine our everyday movement. Artist Brad Downey stakes a claim for the right of the individual to interpret and understand these systems, and thus regain power in the public arena.»

Ses projets sont toutes sortes de manoeuvres et d’installations subversives éphémères qui “injectent” une dose de ludique dans le quotidien. Les exemples ci-dessous sont tirés de son site internet qui mérite un coup d’oeil. J’aime bien ce genre de travail déréglementé qui n’a pas nécessairement besoin de galerie ou d’événement fédérateur pour le supporter dans sa diffusion. Inspiration.

traffic jam for Berlin, 2008

traffic jam for Berlin, 2008

La Somme de L'Oxygéne Dans une Cabine Téléphonique, 2008

La Somme de L'Oxygéne Dans une Cabine Téléphonique, 2008