Esquisse physique

Belle journée sur le terrain à esquisser l’emplacement de la maison et de l’atelier. Ce sont bien entendu des relevés préliminaires avant d’entériner le tout par les ingénieurs, mais l’idée générale est là et le positionnement est fait par rapport aux points cardinaux et à la configuration naturelle du terrain.

Program + Site = Form.
Programme + Site = Forme

1er relevé

1er relevé / vue de l

1er relevé

1er relevé / vue de l

1er relevé

1er relevé / vue du nord

1ère esquisse

1ère esquisse

1er relevé

1er relevé

Évolution du paradigme du site..

Site Web et Site Physique.
Est-ce que l’avènement des nouvelles technologies verrait l’émergence d’un nouveau paradigme* du site, et par extension, du lieu? Ou est-ce plutôt une question d’évolution du paradigme relationnel, donc de l’interactivité? Aujourd’hui, et demain encore plus, la question d’espace-temps sera évacuée à mesure que les réseaux, logiciels et gadgets électroniques viendront recréer le tissu de notre écologie «artificielle». C’est la dénaturalisation des échanges qui est le plus à surveiller.

L’évolution du paradigme relationnel signifie : Plus besoin d’être dans le même espace-temps pour communiquer. Le courriel est le message qui s’étire dans le temps, tandisque le Web permet de rejoindre des lieux et des gens à des kilomètres à distance. Avant, avec le téléphone branché au mur, on devait être là quand ça sonnait; la personne qui tentait de nous contacter devait être elle aussi près de son appareil téléphonique; mais déjà la notion de proximité physique s’étiolait. Maintenant, même la notion de temps s’évapore, se contracte et de dilate : boîte vocale, courriel, texto, tweeter, Facebook, etc. Cette technologie comporte des avantages et offrent la commodité, mais celle-cie s’accompagne d’une individualité renforcée.
Je prends mes messages quand bon me semble, je te réponds sans avoir à te parler directement…
C’est une modification profonde, dans notre perception même de la réalité et de ses concepts fondamentaux [paradigmes temporels, physiques et relationnels], qui en seront à jamais altérés. Nous sommes maintenant dans un monde d’instantanéité, passé de rythmes calqués sur la nature pour être dans un monde rythmé par la rapidité et les modes démultipliés de communications technologiques. Nous sommes de plus en plus dans une écologie de l’environnement artificiel.
Face à ce constat de l’évolution du paradigme relationnel avec notre écoumène naturel, il n’est pas difficile de comprendre l’état des problèmes environnementaux. À se distancier d’avec les rythmes de l’espace naturel, nous en perdons de vue la fragilité et les lois qui le régissent.

*Paradigme – nm :  est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). Wikipédia

Jason Taylor : sculpture sous-marine

J’avais déjà vu le travail de cet artiste sur la couverture du livre Art Works Place, livre qui traite de la place du lieu dans l’art contemporain. C’est un bon ouvrage qui a capté mon attention à l’époque, mais l’image de la couverture était envoutante. Il s’agissait d’une installation sous-marine de l’artiste Jason deCaires Taylor. Ces sculptures sont créées dans l’optique de devenir, avec le temps, des habitats pour la faune et la flore marine. Les pièces sont installées dans des eaux peu profondes afin d’être accessibles aux plongeurs en apnée.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor

Cette photographie est une installation qui fait partie du premier jardin de sculpture sous-marin dans la baie Molinière, à la Grenade, dans l’océan Atlantique. L’idée d’investir ce lieu mystérieux [l’océan] est séduisante… Surtout lorsqu’il s’agit de coopérer avec l’écoumène existant. C’est une coopération avec la nature profonde du lieu, sa morphologie, sa phénoménologie et son équilibre. Intéressant et contemplatif.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor

Villa Savoye de Le Corbusier

Villa Savoye

Villa Savoye

Visite de la Villa Savoye [prononcé Savoie en fait] en compagnie d’Arnaud. Cette maison, bâtie en 1931 est considérée comme l’une des oeuvres majeures de Le Corbusier. Selon moi, la force de ce bâtiment réside dans son ouverture sur la nature. Il y a un travail minutieux sur les limites entre l’intérieur et l’extérieur; ces deux espaces cohabitent et s’interpénètrent de façon réfléchie. En un mot, dans cet espace construit, on a parfois l’impression d’être à l’extérieur, ou tout du moins en contact étroit avec l’environnement [qui se compose de beaucoup de pelouse et d’arbres en arrière-plan].

Villa Savoye; vue extérieure

Villa Savoye; vue extérieure

Cette maison était supposée bouleverser les codes traditionnels de l’habitat domestique. Je dis supposée car bien que les lignes soient intéressantes, que tous les objets, le mobilier et les détails soient dessinés, il y a comme un décalage entre l’aménagement et l’ergonomie intérieure de la maison, et la réalité des usages au quotidien : certains couloirs sont petits, toutes les portes sont identiques, un lavabo est positionné en plein milieu du passage vers la cuisine et celle-ci ne comportait pas de four, mais seulement des plaques alimentées par l’électricité. Pourquoi? Parce que Mme Savoye désirait que sa maison soit en phase totale avec la modernité donc l’électricité devait être l’unique source d’énergie, car elle était nouvelle. Alors bien que tout ces geste étaient sensés refléter une nouvelle façon de vivre, celle-ci se limitait beaucoup plus dans une représentation physique et matérielle que dans une révolution des façons de vivre, des codes sociaux de l’époque. Une utopie formelle donc, ce que représente pour moi le trait fondamental de la modernité.
On peut alors imaginer les domestiques, servir le diner à tous les invités réunis par la famille Savoye à la Villa dessinée par Le Corbusier…

dogme

dogme

Ces trois mots reflètent la philosophie du célèbre architecte suisse. Alors que nombre de ses projets résidentiels et urbains sont demeurés à l’état d’études et de dessins [une bonne chose diront certains!] beaucoup de ses projets réalisés ne sont aujourd’hui plus habités. Dommage, car ce grand architecte a su remettre en question la formalité occidentale. Mais peut-être que d’habiter dans une utopie est difficile au quotidien…

Actions : comment s’approprier la ville au CCA

La semaine dernière, j’ai visité l’expo Actions : comment s’approprier la ville, présentée au CCA (Centre Canadien d’architecture). Cette exposition regroupe toutes sortes d’interventions et de projets d’artistes, de designers et de citoyens qui ont pour but d’améliorer la qualité de vie au sein de la ville. Ces projets, qui varient de la petite à la moyenne échelle, sont majoritairement créés de façon spontané. Certains projets sont très ludiques et d’autres plus subversifs, mais la raison d’être de ces actions est toujours de permettre aux gens d’améliorer l’expérience et la façon dont ils habitent au sein de leur ville respectives.

Quoique très inégale, cette exposition nous démontre l’engoument généralisé pour les pratiques événementielles et relationnelles insérées au sein de la trame urbaine. Ces différentes actions permettent de poser un regard plus éclairé sur ce sujet, ne fusse que par la démonstration des multiples problématiques urbaines à l’échelle internationale et des types de projets créés pour y répondre.
C’est ce regard que j’ai le plus apprécié.
Somme toute, une bonne exposition, mais toutefois un peu dispendieuse par rapport à la quantité des projets présentés (La grandeur des pièces du CCA est toujours la même!) et tenant compte que le public visé soit majoritairement les jeunes adultes.

Écologie de l’environnement artificiel

L’humanisation des technologies, des interactions personne-machine, sera donc l’enjeu des prochaines décennies. Le design est la seule discipline capable d’effectuer cette transition, de permuter nos gestes quotidiens dans le monde digital sans pour autant perdre les qualités essentielles qui ajoutent à notre quotidien, celles qui ajoutent à l’épaisseur du réel, comme Ezio Manzini disait. Le design sera la discipline qui réussira à créer la nouvelle écologie de l’environnement artificiel. Bien sûr à travers ses paradigmes d’ergonomie, de composition et de lecture, mais également dans sa capacité à créer des interfaces esthétiques, sensuelles, remplies de récits et d’événements intéressants pour notre «physicalité».

Mon projet fortunecookie est une tentative dans ce sens. La technologie complexe pour réussir à faire fonctionner le projet est dissimulée dans une forme en bois huilé. Cette forme et cette texture sont l’interface avec le monde physique. On ne parle plus d’espace-écran, de souris, ou de clavier. Ces modes d’interface seront d’ailleurs appelés à disparaîtres dans un futur pas si lointain. Prenez simplement le scrollpad d’Apple; vous pouvez agrandir, bouger, permuter des images, etc. en utilisant un ou plusieurs doigts. Ce nouveau paradigme d’interface, car il s’agit bien d’une introduction d’une nouvelle façon d’interagir avec l’ordinateur dont nous parlons ici, sera maintenant la norme. Le public ne s’attendra pas à moins de l’interface de leurs prochains appareils électroniques.

Dans ce temps de révolution et d’exploration, de «Far West technologique», les gestes posés aujourd’hui deviendront les façons de faire de demain. Raison de plus de partir sur les bonnes bases, avec les bonnes préoccupations, avec toutes les cartes en mains, en se souvenant ce que le passé peut nous apporter comme enseignement, et en n’oubliant jamais que notre sensualité humaine est à la base de la richesse des petites choses de notre quotidien.

The Web is like...

The Web is like...