Écologie de l’environnement artificiel

L’humanisation des technologies, des interactions personne-machine, sera donc l’enjeu des prochaines décennies. Le design est la seule discipline capable d’effectuer cette transition, de permuter nos gestes quotidiens dans le monde digital sans pour autant perdre les qualités essentielles qui ajoutent à notre quotidien, celles qui ajoutent à l’épaisseur du réel, comme Ezio Manzini disait. Le design sera la discipline qui réussira à créer la nouvelle écologie de l’environnement artificiel. Bien sûr à travers ses paradigmes d’ergonomie, de composition et de lecture, mais également dans sa capacité à créer des interfaces esthétiques, sensuelles, remplies de récits et d’événements intéressants pour notre «physicalité».

Mon projet fortunecookie est une tentative dans ce sens. La technologie complexe pour réussir à faire fonctionner le projet est dissimulée dans une forme en bois huilé. Cette forme et cette texture sont l’interface avec le monde physique. On ne parle plus d’espace-écran, de souris, ou de clavier. Ces modes d’interface seront d’ailleurs appelés à disparaîtres dans un futur pas si lointain. Prenez simplement le scrollpad d’Apple; vous pouvez agrandir, bouger, permuter des images, etc. en utilisant un ou plusieurs doigts. Ce nouveau paradigme d’interface, car il s’agit bien d’une introduction d’une nouvelle façon d’interagir avec l’ordinateur dont nous parlons ici, sera maintenant la norme. Le public ne s’attendra pas à moins de l’interface de leurs prochains appareils électroniques.

Dans ce temps de révolution et d’exploration, de «Far West technologique», les gestes posés aujourd’hui deviendront les façons de faire de demain. Raison de plus de partir sur les bonnes bases, avec les bonnes préoccupations, avec toutes les cartes en mains, en se souvenant ce que le passé peut nous apporter comme enseignement, et en n’oubliant jamais que notre sensualité humaine est à la base de la richesse des petites choses de notre quotidien.

The Web is like...

The Web is like...

Nouvelle esthétique 2.0 (suite)

Pour faire suite à mon dernier article :
Quoi qu’il en soit, le design d’interface, ou la scénarisation Web, tient dans l’établissement d’une expérience émotionnelle et physique; le parcours et les actions…la composition visuelle et l’ergonomie. Le design pourrait un jour évoluer pour devenir la discipline du “mapping”.

L’interaction entre le paysage physique et celui imaginaire n’est jamais loin. C’est une théorie récurrente dans ma pratique et mon enseignement. J’y reviendrais bientôt afin de clarifier ma pensée qui peut sembler, à ce moment-ci, un peu loin du Web. Mais voici la piste; le site et le lieu sont des concepts physiques qui trouvent des équivalents dans le domaine numérique (site-Web/site-paysage).

ideogramme

Agrégat graphique ou la nouvelle esthétique

L’esprit de l’esthétique Web s’étend maintenant dans le design graphique imprimé; nous ne sommes plus en présence d’un contenu linéaire, mais bien d’une esthétique possédant des accès démultipliés à son contenu. Une esthétique où les strates de sens offrent des parcours multiples. Une esthétique d’abondance où les éléments disruptifs parallèles s’entremêlent au contenu “véritable” pour former une expérience visuelle dense, où les styles, références et expériences imagières sont superposés afin d’enrichir le message original.
C’est une sorte de revanche de l’ornementation tant rabattue par la modernité…

Interdisciplinarité

«As design has entered a new age of cross-culture and multi-media, to draw a line between anything would be quite out of date*.»

*Charles Ng, Chairman, Hong Kong Designers Association.

L’interdisciplinarité exige beaucoup d’effort constant, de remises en question et d’intégration de paradigmes créatifs; c’est un état de “révolution” permanent. Mais c’est l’état actuel du monde. Internet et ses possibilités d’instantanéités ne sont pas étrangers à ce fait. Le seul danger est d’y perdre toute sorte d’identité (culturelle) vernaculaire.