Exhibition Design / David Dernie

Image-1

Je n’ai pas l’habitude d’acheter des livres qui présentent une collection de projets sur une discipline particulière. Surtout parce que le livre devient vite dépassé, présentant une sorte de “polaroid” de projets variés qui inévitablement vieillissent. J’aime mieux les ouvrages théoriques qui permettent de saisir comment la discipline a évolué, s’est transformée, comment elle est devenue ce qu’elle est afin d’anticiper où elle ira par la suite.

Mais ici, j’ai fait une exception, parce que l’introduction de ce livre était pertinente et que l’étendue de la discipline était si bien synthétisée. Je parle de l’ouvrage Exhibition Design de David Dernie. Séparé en deux parties, il nous explique premièrement les approches et ensuite les techniques de ce domaine du design. Mais c’est son introduction qui résume si bien le paradigme créatif de cette discipline.
Mais avant d’aller plus loin, j’aimerais vous poser une question : À qui appartient cette discipline? Au design graphique? Au design d’environnement? À l’architecture? À la scénographie? À la muséologie? Aux conservateurs? Aux gestionnaires de projets? Impossible à catégoriser. Vous l’aurez deviné, cette discipline est résolument multidisciplinaire. L’ouvrage en parle évidemment, mais ce fait n’est admis que de puis peu par les intervenants du milieu, et encore!

Je me souviens, il y a presque dix ans, d’une assemblée professorale où un j’ai eu à défendre l’importance d’une approche pédagogique multidisciplinaire afin d’enseigner cette discipline. Je me rappelle une certaine voix dissidente qui exprimait que le design d’exposition n’était autre que le design graphique appliqué à la verticale sur des murs! Mes oreilles en silent encore aujourd’hui! Comment réduire le design d’exposition à cette simple expression, alors que cette discipline exploite les codes de l’installation, du théâtre, de l’architecture, du cinéma, de l’interactivité, du design d’environnement et surtout, du récit? Car lorsqu’on parle d’exposition, on parle nécessairement d’une histoire qui est racontée à travers des objets, des parcours, des lieux, des éléments graphiques, des sons, des odeurs, des éclairages, etc. On parle donc d’une discipline qui s’adresse à tous les sens; pas seulement à la vision.

«Narrative has been central to exhibition design in recent times. It is literally about an approach to ordering objects in space in a way that tells a story. In that sense exhibition design is regularly defined as narration.» p.10

C’est une discipline merveilleuse et exigeante à enseigner; car il s’agit de faire une synthèse de plusieurs champs des arts et de la création en général. Il n’y a pas de formule toute faite ou de processus infaillible. Le créateur ou le designer d’exposition doit être en mesure de raconter une histoire à partir du contenu qu’il a à présenter avec l’aide du lieu avec lequel il doit composer. C’est arriver à créer une expérience, c’est-à-dire un événement qui sera assez fort pour que le public en retienne quelque chose. Qu’il ait mémoire de l’événement.

The Collaborative City [Artscape]

nodeview

J’ai obtenu une bourse pour participer à l’événement Creative Places and Spaces qui se tiendra à Toronto au mois d’octobre prochain. Ce colloque, qui a pour centre d’intérêt la créativité, regroupe des designers, architectes, artistes et décideurs. Le thème de cette année est la cité de la collaboration, ou ‘The Collaborative City’. Pendant 3 jours, des chercheurs, des travailleurs culturels et des créateurs s’entretiendront des différentes actions possibles qui permettent d’opérer des changements positifs dans l’expérience de la vie dans les villes contemporaines.

Plusieurs conférences sont à l’horaire ainsi que des séminaires et workshop, dont Spencer Tunick et Richard Florida (auteur de who’s your city?)

«The overarching idea behind this year’s forum is that collaboration fuels innovation by connecting people, places and ideas.»

Creative Places + Spaces is one of the world’s leading forums on creativity. Under the theme of ‘The Collaborative City’, this year’s event will engage global perspectives on collaboration and connect them with local change makers. Come meet some of the most creative thinkers in Toronto’s exploration of the art and science of collaboration.

Le but des organisateurs du colloque est simple, inviter la communauté active du Canada à penser, créer et collaborer. Ce sera une fin de semaine de réseautage et de découverte. Une bonne occasion de faire un saut à Toronto et au ROM. Ville que je néglige, pour aucune raison particulière, de visiter régulièrement.

Merci à Melinda Jacobs, du comité organisateur, pour l’obtention de cette bourse qui me permettra d’assister à l’événement.
Le colloque est présenté par Artscape.

François Caron, membre honoraire de S27

François est ingénieur et designer, Papa de deux petites filles et surtout, un très bon ami à moi. Nos parcours se sont croisés lors de notre DEC en design industriel au Vieux-Montréal. Depuis, François a toujours été aux premières lignes lorsqu’il s’agit de valider les concepts et la matérialité des projets du Studio 27 depuis ses tout débuts. Ses observations critiques et ses idées ingénieuses ont toujours su amener les projets vers des cieux plus pertinents. Voilà pourquoi j’ai décidé d’en faire le premier membre honoraire à vie de S27.

Notre dernière discussion tournait autour du peu d’importance que nos dirigeants semblent pouvoir accorder à l’image qu’un ouvrage ou un bâtiment peut avoir et surtout à l’aura qu’une telle image peut apporter à une ville. En particulier ici la ville de Montréal. Plusieurs projets d’infrastructures et des ponts reliant l’ile de Montréal sont à l’étude et nous nous questionnons sur comment cette dimension semblait être abordée.

Il est évident qu’un pont doit posséder un bon design (structurellement, matériellement, environnementalement, d’une urbanité réfléchie, etc.). Mais un aspect qui semble être évacué avec notre réflexe du vite, bon pas trop cher est l’aspect esthétique, l‘expérience esthétique que ces ouvrages peuvent revêtir.
Cet aspect n’est nullement à négliger.

Les gens se déplacent-ils pour visiter la tour Eiffel (qui rappelons le devait être un ouvrage temporaire pour l’expo universelle de Paris de 1900?) Est-ce que l’icône du Brooklyn bridge n’est pas reconnu mondialement? Cette dimension (l’expérience esthétique, l’image, l’icône) a une portée tellement forte pour une ville. Ces points de repère deviennent des signes identitaires puissants et reconnus.
Pourtant, les fonds sont toujours amputés lorsqu’il s’agit de réfléchir à cette question (pensons aux fameux parements de verre de la grande bibliothèque, initialement prévus en cuivre -qui possédait une durée de vie beaucoup plus grande soit dit en passant-, mais amputés pour faute de budget… combien sont tombés à ce jour)?
Ceci m’est difficile à comprendre dans une société de l’image comme la nôtre.
Je pense que cette dimension était plus naturelle chez les anciens. Lorsqu’il s’agissait de faire un objet, ils y mettaient du coeur, de l’expérience (savoir-faire) et une sensibilité qui faisait preuve d’une proximité avec les phénomènes naturels et surtout avec tout le processus qui prenait essentiellement du temps. Si produire quelque chose prenait un certain temps, autant pour l’artiste d’y trouver du plaisir et d’en faire un bel objet, non?

Peut-être que le processus était aussi important que le produit final?
être – faire – avoir

No more Rules : graphic design and Postmodernism

no-more-rules-graphic-design-and-postmodernism

La modernité est facile à cerner lorsqu’il s’agit de parler de projets d’architecture, mais la chose se complique lorsque vient le temps de faire une description claire de cette période dans le monde du design graphique. Pourquoi faire une chose pareille me direz-vous? Parce qu’il est important de savoir d’où on vient pour savoir où l’on va; parce qu’il est important de saisir les forces et idéologies qui ont modelé notre monde et les artéfacts qui nous servent à le décrire (en l’occurrence ici les objets du design graphique) et finalement parce qu’en tant que praticien, il parait essentiel d’avoir des points de vues théoriques pour nourrir et éclairer une pratique fondée dans le faire.

L’ouvrage de Rick Poynor fait exactement ceci; il cerne les éléments et les processus impliqués dans le design graphique qui définissent une pratique postmoderniste. Décrivant du même coup ce qu’était la modernité pour ce champ des arts. Ce qui m’intéresse dans son ouvrage n’est pas tellement la définition de la modernité dans le design graphique, mais bien les éléments qui en définissent le contraire. Ces riches explications par rapport aux projets marquants de la dernière décennie aident à comprendre comment le processus du design graphique s’est vu irrémédiablement modifié avec la fin de la modernité (surtout avec l’arrivée des ordinateurs; donc du changement de paradigme technologique).

Rappellons que la modernité ou le style moderne, appliqué au design graphique, s’est surtout manifesté dans ce qu’on appelle le style international ou le style Suisse. Ce style est marqué par l’utilisation des caractères sans-sérif (dont la police de caractère Akzidenz-Grotesk ou Helvetica est la plus grande empreinte) des grilles graphiques structurantes et surtout peu d’éléments visuels; le fameux less is more.

Le livre No more rules graphic design and Postmodernism est organisé selon 7 chapitres thématiques : Origins (origines), Deconstruction, Appropriation, Techno, Authorship (auteur) et Opposition. L’avantage majeur de cette organisation permet non seulement de présenter les travaux selon un ordre thématique (ou herméneutique) mais aussi de nous fournir des pistes concernant les différentes techniques employées à travers ces mêmes projets. Ceci est important, car le design graphique est une discipline qui s’ancre dans le faire. Et qui dit faire en design implique souvent une commande, encore plus souvent des clients et toujours l’existance de contraintes. C’est pourquoi les théories qui concernent le graphisme et les projets de recherche pure dans ce domaine sont si peu nombreux… Dommage, mais Rick Poynor est un critique pertinent qui jette un éclairage intelligible sur ce domaine de la création. Il est également un tenant du designer comme auteur et son livre en fait l’apologie. Je le cite :

»Designers should write not in order to become better writters, but to become better designers.»

Ceci renforce l’idée du designer graphique comme auteur.
Un thème central relié au design postmodernisme.
Une position que je défends.

p0307_09

p0307_11

Concours Stanley revisité 2009

topimage_01
Kanva Architecture lance un appel de candidatures aux artistes en arts visuels & multimédias pour la réalisation d’oeuvres inspirées d’un projet d’architecture. Le concours vise à approfondir le lien entre l’art et l’architecture à travers différentes interprétations artistiques d’un même bâtiment. Cet appel de candidatures est ouvert aux artistes, architectes, graphistes, designers et/ou étudiants.

Sujet
Les interprétations artistiques doivent s’inspirer d’un projet architectural qui consiste en la rénovation et l’agrandissement d’une maison centenaire située sur la rue Stanley au sein du Golden Square Mile de Montréal. La définition des différents volumes du projet s’appuie sur la dualité entre traditionnel et contemporain. Le geste principal repose sur la création d’un vide ouvert sur plusieurs étages visant à établir une frontière perméable entre l’existant et l’agrandissement.

Oeuvres
Les oeuvres proposées devront s’inspirer de cette problématique architecturale.
10 projets seront sélectionnés pas un jury.
Par la suite, Kanva pourra organiser une exposition des oeuvres crées par les lauréats durant laquelle les oeuvres seront vendues. Tous les fonds recueillis seront remis à une société à but non-lucratif faisant la promotion des Arts dans le contexte urbain.

Visitez le site du concours pour plus de détails.

Source : Anna Rocki, Kanva Architecture.

Vernissage de KortuneFookie ce samedi!


coins

coins

Vernissage-événement pour le projet d’art public interactif KortuneFookie!
Samedi 27 juin de 13 à 17h. Venez prendre un verre de Fookie!
Coin Fairmount et avenue Du Parc dans le Mile-end.
Galerie Articule 262 Fairmount O.

Le projet sera installé à l’extérieur pour tout le mois de juillet.

carte pour aller chez Articule

carte pour aller chez Articule

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur KortuneFookie…

Étant à Montréal pendant une soirée Pecha-Kucha (finalement!), je saisis l’occasion offerte par cette tribune pour aller parler de mon projet d’art public interactif. Et à trois semaines du vernissage, le «timing» est tout de même bon! La liste des autres présentateurs est encore tenue secrète-je ne peux en divulguer plus-mais le déplacement, pour cette 12e édition, en vaudra assurément la peine!

  • Date : 17 juin 2009
  • Heure : 20:20
  • Lieu : SAT [Société des Arts Technologiques], situé au 1195 Saint-Laurent.
  • image-1

    Les soirées Pecha Kucha sont de véritables plateformes d’échanges et de rencontres interdisciplinaires organisées avant tout avec l’objectif d’offrir une tribune publique où les créateurs de tous horizons présentent leurs réflexions et leurs processus sur des projets réalisés, en cours de réalisation, ou même auxquels ils rêvent encore. Le concept est simple : chaque participant présente 20 diapositives qu’il commente pendant 20 secondes.