Visite de l’expo universelle de Shanghai

C’était ma première visite à une exposition universelle. Cela dit, j’ai beaucoup visité le site de Terre des hommes avec ma famille quand j’étais enfant, alors c’était un peu mon point de comparaison.
Je dois dire que je suis étonné de constater que le concept de design pour une exposition universelle n’a pas vraiment changé depuis le siècle dernier. Des photomontages, des images qui défilent sur des rouleaux, des artéfacts et objets locaux à vendre, des spectacles de danse traditionnelle, des projections, des projections, et je vous l’ai tu dit, des projections?!

Dans la surabondance des outils de communication actuels, la présentation d’objets, d’images, de films et de sons ne suffit plus, il faut offrir plus au public de plus en plus averti. Dans le cas du design d’exposition, il est impossible de parler uniquement d’un travail graphique et de mise en valeur des objets. Il faut également considérer l’aspect du lieu (voir mon article à ce sujet). C’est une donnée incontournable dans le monde d’aujourd’hui. Principalement parce que l’expérience d’une exposition se fait dans le temps et l’espace, et non pas délocalisée comme peut se faire l’expérience d’autres médias comme la vidéo, la télévision, la musique, etc.

Les innovations dans le domaine du design d’exposition semblent graviter autour de l’expérience de proximité avec l’événement et de l’expérience spatiale du lieu. Mais c’est principalement l’architecture qui permet aux pavillons vedettes de se démarquer. Je pense en particulier à celui de la Hollande qui offre une expérience de visite extérieure en hauteur ou au pavillon de l’Angleterre avec son cube hérisson gigantesque.

Interaction et lieux
L’exposition de Shànghǎi capitalise, à sa façon, sur l’idée des réseaux sociaux et du Web 2.0 : c’est à dire à l’inclusion active du public. D’ailleurs, on devrait maintenant parler d’utilisateur plutôt que de public, ça me paraitrait plus juste. Cette participation se manifeste dans les interactions possibles au sein des pavillons eux-mêmes, mais également dans l’expérience qu’offre l’architecture à proprement parler : les volumes, les textures, les parcours physiques et visuels, l’expérience spatiale et le déplacement dans le lieu. Ce sont ces pavillons, ceux qui offrent la plus grande expérience du lieu, qui semblent toucher et marquer le plus les visiteurs (les interminables files d’attente sont là pour en témoigner!)

Site de l'expo et pavillon de la Chine

Site de l'expo et pavillon de la Chine

Vuvuzela contre petit banc!

vuvuzela

vuvuzela

petit banc

petit banc

Le petit banc de plastique serait en passe de devenir l’image-objet de l’exposition universelle de Shanghai, tout comme la vuvuzela est devenue l’image-objet de la coupe du monde 2010.
Léger, pliable, économique et surtout pratique pour patienter dans les interminables lignes d’attentes nécessaires pour entrer dans les pavillons de l’expo, c’est le favori des locaux! Il a même fait son apparition dans le métro où il est utilisé lorsqu’il n’y a plus aucun banc de disponible.
Mais attention, vous devez avoir de bons genoux!
À surveiller dans un magasin à 1$ près de chez vous.
P.-S. Plus d’articles sur ma visite à l’expo universelle de Shanghai suivront bientôt.

petit banc en action

petit banc en action


Petit banc en action 2

Petit banc en action 2

Exposition Assembl*

Hier était le vernissage de l’exposition Assembl.com de mon ancien étudiant et collaborateur Christian Desjardins. Il vient de graduer du programme de computation arts de l’Université Concordia. Son projet, Tweetopolis, utilise la masse des messages déployés sur Twitter pour générer des fragments de textes scénarisés selon un ordre définis. Son application recherche, en temps réel, des mots clefs particuliers afin de les réintroduire dans sa projection numérique. La composition graphique est ainsi toujours renouvelée et unique.
Projet intéressant d’un designer/programmeur talentueux.


Participation au Carton Jaune de Punkt

Le deuxième concours de design organisé par l’Atelier Punkt comportait des règlements très simples; ça devait être jaune et subversif! J’ai donc conçu un banc public avec des barrières de construction recyclées. Pour la fabrication, j’ai créé une typologie d’assemblage très simple et utilisé uniquement les deux types d’éléments que l’on retrouve dans ces objets de construction (la barrière et le tréteau). Le résultat me plait bien.
Le vernissage aura lieu le vendredi 30 avril à l’atelier Punkt de Montréal.

Après l’expo, cette pièce de mobilier viendra habiter mon bureau à l’université afin d’y recevoir les étudiants et les collègues.

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Road trip d’observation

Lorsque j’ai besoin d’air et d’inspiration, rien ne vaut une promenade en voiture sans aucune destination. Ce mouvement devient pour moi un espace de réflexion et de découverte ou tout est possible. Jamais je ne reviens bredouille; que ce soit avec des images photographiques ou (moins souvent) avec des dessins de lieux croqués sur le vif.
Pourtant, cet exercice manuel d’observation et de transposition vers le papier est essentiel à tout créateur. Combien d’entres vous dessinent une fois par jour?
Mon professeur Alfred Halasa nous demandait de le faire quotidiennement, mais je n’y arrive pas bien entendu! Le dessin est comme le vélo, on n’oublie jamais, mais on devient tellement meilleur à le pratiquer plus souvent.

Voici une petite église découverte dans la campagne près d’Ottawa.

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_ _ make a road for the spirit to pass over

solstice/flyer promotionnel

solstice/flyer promotionnel

La pertinence d’une discussion avec un ami philosophe me pousse à poursuivre cette réflexion avec vous. Voici le topo : malgré la proximité des autres et les innombrables gadgets de communications actuels, il semble que nous soyons toujours et de plus en plus, seuls avec nous-mêmes. Le défi est d’apprendre à vivre avec cet individu qui a parfois des idées, envies et désirs conflictuels.

C’est probablement ce qui fait notre humanité; cette propension si facile à pencher vers le paradoxe. Est-ce du fait de notre «double» constitution, ce corps physique et cet esprit intangible? L’idée est de balancer les deux dans cet univers matériel où notre désir d’absolu ne cesse de crier au secours. Les nouvelles technologies et la société de l’image ne font qu’augmenter cette distance entre ces deux pôles aux besoins si conflictuels. Comment évoluer avec nos gadgets et la facilité qu’ils procurent sans perdre de vue ce qui constitue notre humanité? Malheureusement, la mesure actuelle du progrès se résume à ceci : plus une société exerce un contrôle sur la nature et ses processus, et plus elle est considérée comme développée!

Faudrait-il changer notre barème?
Considérer d’autres aspects?
Sinon, jusqu’où cette ligne de pensée nous conduira?
Je n’en connais pas la mesure. Mais comment peut-on se distancier de ce qui fondamentalement nous compose et supporte le fait même de notre existence? C’est être profondément inconscient que toute chose fait partie d’un ensemble interconnecté et interrelié.
La distance que nous mettons entre nous et la nature m’inquiète de plus en plus.

Cette réflexion personnelle est nourrie par la lecture récente du livre de la chercheuse suédoise Bodil Jönsson, 10 considérations sur le temps. Ce livre traite d’un sujet qui nous concerne tous, mais qui est rarement abordé dans son essence, notre relation au temps (peut-être faute de temps!). Elle pose les questions suivantes : comment en avoir plus? Comment moins le fragmenter? Comment prendre le temps pour réfléchir et penser dans cette société en constante «révolution» où la technologie subjugue le paysage communicationnel? 41D44340E8L._SL160_AA115_

Il semble que la progression exponentielle de la technologie (exécutée par la collectivité) soit très différente du rythme naturel humain (qui lui est personnel). Je crois que c’est un peu pour cette raison que les changements sont si lents à opérer dans la collectivité; car ils doivent se faire à partir de chaque individu.

Le 3e siècle sera spirituel ou ne le sera pas (qui a dit ça au juste?)

*Je sais que mes observations peuvent paraitre denses ou fragmentaires, c’est que je rédige présentement deux articles; un sur la porosité entre les arts et le design, l’autre sur le sujet de la transformation dans le design (pour le magazine PICA).

Réflexion en cours donc.