Cartographie de mon processus de recherche création

Petit polaroid de ma carte des relations, carte heuristique ou «mind map» de mon processus de création/réflexion en prévision de ma conférence à la maîtrise en muséologie et pratiques des arts à l’UQO (le 8 mars prochain).

carte heuristique février 2017

Théorie critique de la modernité tardive : l’accélération du temps social

Abbaye de Saint-Benoit-Du-Lac

Abbaye de Saint-Benoit-Du-Lac

Si les valeurs incarnées dans les espaces interstices et les ruines (qui s’apparentent chez moi à des espaces liminaires) sont bien identifiées*, qu’est-ce qui me pousserait à chercher le contact avec ces espaces et ces valeurs autres véhiculées par notre société? Pour esquisser le début d’une compréhension des forces agissantes, je me réfèrerai à l’ouvrage d’Hermut Rosa, Théorie critique de la modernité tardive. Cet ouvrage amène une explication de notre relation à l’espace et au temps depuis la modernité, ou ce que Rosa nomme comme la modernité tardive. Selon l’auteur, il y aurait eu la période de modernité, de postmodernité, d’hypermodernité et maintenant nous serions dans la période de modernité tardive. Et cette modernité tardive serait caractérisée par l’accélération. L’accélération du temps social, l’accélération pour la reconnaissance, l’accélération de la consommation. Citations en vrac. Je dois encore digérer cet ouvrage.

La lutte dynamique pour la reconnaissance

«De ce fait, la lutte pour la reconnaissance dans la société moderne est devenue elle aussi un jeu de vitesse : puisque nous gagnons l’estime sociale à travers la compétition, la vitesse est essentielle à la reconnaissance dans les sociétés modernes.» p.79

Cette donnée est réelle, j’en fais l’expérience quotidienne, et le faire savoir pèse lourdement dans l’actualisation d’une carrière artistique. Or cet acte de faire savoir est en contradiction formelle avec la donné d«être» et de celle de l’expérience. Tout au plus on peut en faire un compte-rendu, mais l’expérience en perd un peu de son essence, de sa vérité, il me semble. Cette idée de diffusion et de reconnaissance m’a brulé en 2010. Et Dieu merci qu’il y a eu ma sabbatique en 2011-2012 pour me permettre de reconnecter avec mon acte créatif intuitif, non intentionné, non dirigé, non désigné. Mais il y a bel et bien eu une passe à vide, une perte de sens qui m’a profondément marqué. Ce que je retiens de cette expérience est surtout les motifs de cette dérive; je ne créais plus pour moi, pour répondre à un besoin interne de régulation, à une force qui m’aidait à contre-balancer le marché professionnel. J’étais rendu de plain-pied dans ce marché. Perte de sens.

«L’accélération sociale est devenue une force totalitaire interne à la société moderne et de la société moderne elle-même… dans la société moderne tardive, le pouvoir totalitaire consiste plutôt en un principe abstrait qui assujettit néanmoins tous ceux qui vivent sous sa domination.» p.85

«Si des auteurs tels qu’Alain Ehrenberg ou Axel Honneth observent une tendance croissante à l«épuisement» de l’être dans la modernité tardive (dépressions cliniques et burn-out) cela, selon moi, est largement (sinon uniquement) attribuable à une lutte pour la reconnaissance qui, pour parler métaphoriquement, recommence encore et encore chaque jour, et dans laquelle aucune niche ni aucun palier sûrs ne peuvent être atteints.» p.82

La désynchronisation

«En termes plus systématiques, la désynchronisation apparaît entre les mondes social et extra-social, mais également entre des modèles de vitesse différents à l’intérieur des domaines de la société. En ce qui concerne la première forme, l’accélération de la société surcharge systématiquement les cadres temporels de la nature environnante. Ainsi, nous épuisons les ressources naturelles, comme le pétrole et les sols, à des rythmes bien supérieurs aux vitesses de leur renouvellement, et nous nous débarassons de nos déchets toxiques à un tempo beaucoup trop élevé pour que la nature puisse les traiter. Le réchauffement de l’atmosphère terrestre n’est lui-même rien d’autre qu’un processus d’accélération physique causé socialement…» p.94

«Le pouvoir de l’accélération n’est plus perçu comme une force libératrice, mais plutôt comme une pression asservissante. Bien sûr, pour les acteurs sociaux, l’accélération a toujours été les deux à la fois : une promesse et une nécessité. À l’époque de l’industrialisation, par exemple, elle était, pour la pluspart du temps, plutôt la seconde que la première, mais elle porta néanmoins en elle le potentiel libérateur pendant tout le XXe siècle. Aujourd’hui cependant, au début du XXIe siècle «mondialisé», la promesse perd de son potentiel, la pression devient accablante à un point tel que les idées d’autonomie individuelle et collective (démocratique) deviennent anachroniques». P109-110

 Temporalité

«Alors que les individus se sentent eux-mêmes libres, ils se sentent également dominés par une série d’exigences sociales excessive et en constante augmentation.» p.101

Saturation sociale

«Ce par rapport à quoi nous sommes aliénés par les diktats de la vitesse, je l’ai dit, n’est pas notre être intérieur immuable ou inaltérable, mais notre capacité à nous approprier le monde.» p.137

Ce qui est sur, est que l’expérience des ruines et espaces interstices modifient ma relation au temps d’une façon significative et salvatrice. Ces périples participent donc à une certaine reconnection avec le temps social, à une re-synchronisation pour effectuer une reproduction culturelle (c’est-à-dire le passage d’un savoir et de normes culturelles d’une génération à l’autre, qui apporte une certaine dose de stabilité et de continuité à la société) même si celle-ci est uniquement personnelle.
Enfin, il y a là matière à compréhension de l’appel de ces espaces interstices.

 

*Ce travail d’identification des valeurs véhiculées par les espaces interstices et résiduels a été effectué dans le cadre de mon séminaire portant sur la perception et l’effet de l’art donné par Jocelyne Lupien à l’hiver 2015.

Vers une écologie de l’environnement artificiel

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L’essai d’Ezio Manzini est un ouvrage qui m’accompagne depuis plusieurs années. Son propos trouve écho dans ma pratique, dans mon enseignement et maintenant dans ce projet de recherche sur les espaces interstices, les ruines et notre relation au temps. Ce livre rose publié en 1990 propose une lecture pertinente de notre relation aux objets et à notre environnement qui demeure tout à fait pertinente aujourd’hui. Peut-être est-ce la sagesse de l’auteur ou l’optimiste qui habite le livre, mais j’y reviens souvent pour mettre des mots sur mes recherches ou pour faire comprendre certains concepts à mes étudiants.

J’ai relevé une nouvelle section qui ne m’avait pas encore interpellé. Il s’agit de sa section sur Habiter la métropole, habiter la terre.

«Nous vivons aujourd’hui une de ces périodes (de transition rapide et de mutation) : l’habitant de la métropole a des difficultés à construire son nid et à donner aux lieux qu’il occupe une consistance culturelle qui leur confère une présence et du sens, qui en fasse les points de repère d’une carte mentale avec laquelle il définit son propre espace. L’homme consomme les ressources, consomme l’énergie, consomme le territoire, et malgré cela, ou peut-être à cause de cela, ne parvient pas à donner une réponse à son besoin d’habiter.» p.128-129.

1

Cette affirmation coïncide avec l’idée que l’environnement de la ville en est un de plus en plus artificiel. Manzini note par ailleurs que ce type d’environnement commande que l’on s’attarde à ses qualités sensorielles. Pourtant, l’environnement urbain actuel est plutôt caractérisé par des matières qui offrent peu de qualités sensorielles et proposent souvent des matières qui ne peuvent acquérir de patine du temps. Ces matières, objets et mobilier urbain ne sont pas créés pour vieillir avec dignité, mais plutôt conçu pour êtres produits économiquement et rapidement, et surtout être facilement interchangeables (selon le style en vogue, la mode ou d’autres préoccupations qui semble à priori dépourvus de valeurs pertinentes). «Sans doutes cette situation exprime-t-elle de façon exemplaire un problème qui, au contraire, concerne profondément la culture occidentale, berceau de la technocience : son incapacité à penser avec sérénité à la décadence et à la mort.» p.74

1.
Ezio M. Artefacts Vers Une Nouvelle Écologie de L’environnement Artificiel. Paris Centre Georges Pompidou.; 1991.

Symbolique des ruines contemporaines

Dans son ouvrage «White Elephants», Konrad Tobler explique que la légitimité des ruines contemporaines doit nécessairement passer par une reconnaissance collective de leur valeur en tant que «legible sign». C’est-à-dire que les ruines doivent être plus que des témoins silencieux, mais bien des artéfacts qui portent en eux des récits, une histoire, un sens. Il cite l’exemple de Rome pendant la Renaissance, où les ruines de l’antiquité ont cessé d’être uniquement considérées comme une carrière de matière première pour être perçues comme des témoins d’un âge d’or révolu. C’est à cette période que les ruines sont devenues des artéfacts mnémoniques dont on percevait maintenant l’importance de conserver. D’une part pour attester de la grandeur d’une société révolue, mais plus importante encore pour le concept d’imaginabilité que ces ruines pouvaient révéler (conjurer) : «The ancient ruins reminded the present of the past and pointed forwards to the magic of the possible».

Il cite également le philosophe Denis Diderot (1767), qui parle du côté sombre et mélancolique véhiculé par les ruines. De l’image du temps qui passe et qui nous mène à notre fin inéluctable, mais également du pouvoir de réconciliation que ces mêmes artéfacts symbolisent. «Wherever I look, the objects which surrounds me everywhere point to the end of all things, and I am reconciled with the end that awaits me.» La ruine stimule donc le fantasme du possible autant qu’elle nous rappelle l’idée de la mort. Et cette double signification est en partie à l’origine du charme que les ruines ont opéré sur la société anglaise du 18e siècle. En effet, l’auteur parle de la fascination qu’entretenait la société anglaise de l’époque pour la mélancolie, d’une mode en réalité. Plusieurs parcs étaient aménagés avec de fausses ruines afin que les promeneurs fassent l’expérience du déclin (par l’entremise de ces objets fabriqués).

Maintenant, les ruines contemporaines nous rappellent toujours cette idée de possible (imaginabilité), et véhiculent toujours cette esthétique mélancolique séduisante. Mais les ruines contemporaines témoignent plutôt d’un temps dystopique, et véhiculent cette idée de surconsommation et d’utilisation démesurée des matières premières, ainsi que de son impact sur notre environnement; *l’anthropocène.

*L’Anthropocène est un terme de chronologie géologique proposé pour caractériser l’époque de l’histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l’écosystème terrestre. (Wikipédia, nov. 2016).

Helmle, C. (2007). White elephants : Photography by Christian Helmle = Weisse Elefanten: Fotographien von Christian Helme. Berlin, Jovis.

The Schwerbelastungskörper (a.k.a. Großbelastungskörper - GBK) is a hefty concrete cylinder in Berlin, Germany. Auteur inconnu.

The Schwerbelastungskörper (a.k.a. Großbelastungskörper – GBK) is a hefty concrete cylinder in Berlin, Germany. Auteur inconnu.

Carnet de bord : Notes in situ

Retranscription de moments significatifs extraits de mon carnet de notes de voyage :

Jour 1, 11 octobre 2016

Afin de parvenir au mapping de ce lieu, j’ai décidé de débuter par le seul endroit que je connaissais; les marches de la rue Opale. Je vais dresser une carte afin de savoir où je suis allé et d’où proviennent les images.

Cartographie :

  • Ajustement selon les réelles configurations
  • Relever les points d’intérêts
  • Photographie (avec portable) des lieux
  • Parcours  à pied

Jour 2, 12 octobre 2016

Rencontre avec  Fred Kistabish, Algonquin-cri, résident de Joutel à temps partiel (9mois/année). Ensuite avec sa femme, dans une maison pour ainée à Pikogan (qui veut dire Tpee).

Quel hasard, c’est le cousin de Dominique Rankin! Lui ais donné ma carte d’affaires. Il m’a dit salut, JF! Et que je devrais avoir mon dossard rouge pour éviter les chasseurs. Selon Fred, 2 500 personnes vivaient ici. Un aréna avec des cours de patinage, un hôtel et ses danseuses, un CLSC avec ambulance; les maisons avaient des fondations. Tout a été remblayé.

La vérité qui se dégage d’eux…

Jour 3, 13 octobre 2016

Réveil sous la neige. La nuit a été froide, mais rien n’y présageait. 20 pendant le tournage du timelapse au feu…
Me sens à Noël.

Perdu mon temps à Amos…

Achats gants de cuir pour photos et veste de chasseur orange.

Jour 4, 14 octobre 2016

Retour à Joutel, avec un petit détour à Matagami. Tant de solitude et de calme là-bas. LE retour au site est bon. La lumière est belle, parfaite pour ce que j’ai besoin de faire. Ce matin j’ai circonscrit une cabane de chasseur en hauteur. Plusieurs portes, un ciel variable, en mouvement. Très heureux. J’ai hâte de voir les images.

Le détour par Amos, imposé par mes batteries mortes et la neige m’a en quelque sorte déconnecté. Comme si j’étais sur le chemin du retour, à la maison en train de perdre mon temps à magasiner des amplis…

Ici c’est en condensé, les activités sont possibles et réduites au minimum. Temps et espace pour se concentrer sur ce qu’il y a d’essentiel-Sur ce qui fait du sens. 

«le confort est l’ennemi de ma créativité»

Joutel traitait de l’absence. Plus qu’une mémoire. Car le stage de base était là, mais pas les éléments personnels-privés.

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Absentia : Débriefing

Depuis mon retour, je ne cesse de réécrire mon texte de démarche qui explique mon processus créatif. Je le complète, en enlève des parties, remplace certains mots… Comme si ce temps passé sur le terrain, après si longtemps de jachère, m’a permis de mieux comprendre ce que je vais chercher et surtout vivre dans ces expéditions. Mais le texte demeure encore un peu flou et imprécis. C’est peut-être qu’il est impossible de résumer ces actions en quelques lignes. Possiblement que les expériences, les affects et sensations, multiples, ne peuvent complètement entrer dans une seule boîte ou une seule fonction. Ou bien il peut s’agir d’un problème d’interlocuteur.

Quoi qu’il en soit, il est évident que le rétablissement de lien avec l’exploration créative in situ est maintenant bien engagé. Mais avec un regard différent, plus conscient du processus, comme si l’heuristique de l’action amenait avec elle aune acuité renouvelée dans la création in situ. J’y crois de nouveau. 

Mais ce regard introspectif, intellectuel et analytique, éloigne d’une certaine mesure de l’action intuitive si chère dans mon processus de création. Il me faut donc séparer consciemment ces deux parties, soit la création d’un côté et de l’autre, ce qui prend la forme de la recherche. Car pour faire ce projet de recherche création, il me faut vivre complètement l’expérience du voyage qu’interpelle ces périples dans des espaces interstices.  Le temps distillera le reste. Ce parcours a donc établi une règle méthodologique importante; respecter les cycles de l’être et du faire de ceux du comprendre et du faire savoir.

Atelier de recherche création 1 : Retour d’Absentia

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Cela fait déjà une semaine que le départ vers le nord a eu lieu, et quelques jours du retour au bercail. Ce périple me parait déjà lointain. La routine, les exigences, l’enseignement et les responsabilités reprennent leur place au sein de mon quotidien.

Ce qu’il en reste, par contre, est une certitude de ce que je suis allé chercher là-bas dans ce lieu abandonné. Un temps hors du temps social, un espace de dilatation, hors du réseau numérique*, hors de relations humaines (pour la majorité du temps). Un espace-temps qui m’a permis de vivre centré et concentré sur l’essentiel avec un minimum de distraction, avec un minimum d’équipement. J’ai en effet vécu pour la majorité du temps dans mon camion aménagé pour l’occasion. J’ai du faire un détour à Amos le jeudi afin de recherchager mes batteries et de me réfugier de l’hiver qui avait décidé de s’inviter en Abitibi ce 13 octobre 2016. La nuit avait été mouvementée avec un vent fort et une chute de neige compacte. Le réveil a été assez brutal!

Par contre, cet intermède a en quelque sorte brisé mon élan, bouleversé mon état d’esprit pour me replonger dans une espèce de quotidien dans une ville avec ces distractions, son confort et l’action de consommer. J’ai trouvé difficile de retourner à mon lieu d’accueil abandonné. À cause du contraste avec Amos, mais aussi, et particulièrement, car cet interlude urbain m’a permis de saisir l’esprit du lieu de mon village abandonné. Je n’en avais pas saisi l’essence avant d’y revenir, et ce contraste social culturel m’a permis d’y mettre un qualificatif : l’absence.

J’ai compris que ces ruines, cet espace interstice étaient bien différents de ceux habituellement rencontrés dans les villes – friches urbaines, terrains vagues, espace entre le public et le privé – dans ce sens qu’ici, dans la ville de Joutel, les traces du lieu consistent en tout ce qui a rapport aux espaces publics. Il ne subsiste presque aucune trace des habitants du lieu. La partie privée est en quelque sorte évacuée et il n’y subsiste que les traces publiques. Ce qui est très troublant et invoque encore plus cette dimension d’un départ massif de la population et d’une oblitération de toute mémoire de la vie personnelle en ce lieu. De là mon sentiment d’absence, accompagné d’une atmosphère lugubre. Comme si l’action violente d’expulsion de la population était accompagnée d’un travail méticuleux d’effacement de la mémoire des espaces privés et des usagers du lieu. 

J’ai retrouvé le même genre de sentiment dans la ville de Détroit à l’été 2016. Sauf que là-bas, des lots vides et remblayés étaient bordés de maisons encore habitées. Rendant l’expérience du lieu assez irréel, mais d’un tout autre ordre. C’était plutôt un sentiment de stupéfaction qui m’accompagnait. Comme si le processus de l’écosystème immobilier procédait à l’envers; les maisons semblaient décroiser vers le sol, dans le sol. Sans que les voisins ne s’en inquiètent. Mais les voisins étaient présent, gardiens de la mémoire des lieux. À Joutel, il n’y a que les rues qui témoigne d’une vie normale de banlieue. Les emplacements où se trouvaient les maisons sont remblayés par les pierres qui proviennent de la mine-même. Comme si la raison d’être de cette ville était maintenant devenue son cercueil. Une lourde métaphore, un sentiment, l’Absentia.

*Antoine Picon, dans son ouvrage La ville des réseaux, un imaginaire politique, mentionne que dans nombre de fictions contemporaines post-apocalyptiques, «la survie passe fréquemment par la capacité de vivre en dehors des réseaux.» p.38