Cécile Martin; métissage numérique

Je suis tombé sur le travail photographique de Cécile Martin, ancienne directrice de l’organisme Champ Libre de Montréal. Sa série Panorama est intéressante, certaines de ces images possèdent une sorte d’identité du lieu démultiplié. Une poétique spatiale à l’oeuvre. Allez faire un tour sur son site, Il n’y a que quelques photos, mais qui en valent le détour.

Montréal / © Cécile Martin

Montréal / © Cécile Martin

Algon / © Cécile Martin

Algon / © Cécile Martin

Jason Taylor : sculpture sous-marine

J’avais déjà vu le travail de cet artiste sur la couverture du livre Art Works Place, livre qui traite de la place du lieu dans l’art contemporain. C’est un bon ouvrage qui a capté mon attention à l’époque, mais l’image de la couverture était envoutante. Il s’agissait d’une installation sous-marine de l’artiste Jason deCaires Taylor. Ces sculptures sont créées dans l’optique de devenir, avec le temps, des habitats pour la faune et la flore marine. Les pièces sont installées dans des eaux peu profondes afin d’être accessibles aux plongeurs en apnée.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor

Cette photographie est une installation qui fait partie du premier jardin de sculpture sous-marin dans la baie Molinière, à la Grenade, dans l’océan Atlantique. L’idée d’investir ce lieu mystérieux [l’océan] est séduisante… Surtout lorsqu’il s’agit de coopérer avec l’écoumène existant. C’est une coopération avec la nature profonde du lieu, sa morphologie, sa phénoménologie et son équilibre. Intéressant et contemplatif.

sculpture de Jason Taylor

sculpture de Jason Taylor

Mike Ross : Colorfield

Je suis tombé sur un projet de l’artiste Mike Ross qui m’a totalement séduit. Il s’agit d’une pièce interactive qui utilise des matériaux de base et un dispositif très simple. L’installation consiste de panneaux de couleurs montés sur un système de cordage et de poulies. En activant ceux cis, les participants contrôlent les ombres colorées au sol, remodulant constamment ainsi la sculpture de lumière. C’est un beau projet qui mise sur la collaboration du public pour exister. Le genre de truc qui m’intéresse!

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Mike Ross : Colorfield

Son site est intéressant; interface très simple, projets en quantité limitée, montage audio-vidéo ludique, etc. La majorité de ses projets mettent en jeu les phénomènes naturels et le public. À visiter.

Hommage à Diane chez AXENÉO7

Hier soir était le vernissage de l’expo Primary Manifesto de Jason Baerg à AXENÉO7 ainsi que la soirée de remerciement pour l’immense contribution personnelle de Diane Génier à ce centre d’artiste. La soirée était sympathique et les discours pertinents. Mais le plus intéressant était de voir réunis, depuis très longtemps, les membres fondateurs de ce centre d’artiste autogéré. Nous avons même eu droit à un récit historique du centre, retraçant la naissance de l’organisme et les diverses péripéties qui ont suivi jusqu’à sa forme actuelle.

C’était une soirée de réconciliation.

Concernant l’expo de Jason, elle m’a paru très vibrante, colorée et actuelle de par sa facture. Ce sont des images bidimensionnelles qui possèdent un esprit très graphique; des lignes contours, des formes remplies de couleurs en aplat, etc. Certaines sont même insérées dans des boites lumineuses afin de renforcer cette idée. Une sorte d’esthétique manuelle initiatique qui flirte avec l’esprit des nouvelles technologies. Je dois y retourner pour mieux voir.

Pecha Kucha Night expliqué

J’ai réalisé que le concept des soirées Pecha Kucha peut-être obscur pour certains et que si je désire organiser une soirée ici, dans le coin d’Ottawa, vaut mieux débuter maintenant par expliquer correctement ce qu’il en retourne.

L’idée est simple; permettre à des créateurs de parler de leurs projets de recherche création devant un public venu expressément pour ça. Il s’agit de présentations visuelles commentées sous la forme de diaporama [des PowerPoint!]. Mais la particularité de ces présentations c’est qu’elles sont limitées dans l’espace et le temps, car combien d’entrevous ont vécu d’interminables présentations PowerPoint qui s’étirent et où le présentateur vous lit exactement ce qui est écrit à l’écran?

Les organisateurs de Pecha Kucha ont trouvé une bonne solution, ils ont défini un format pour remédier à cette problématique : 20 images projetées pendant 20 secondes chacune. Pas plus, pas moins! Ce qui nous donne un temps de présentation final de 6 min. 40 secondes!

Le format condensé permet donc de cibler un projet ou une problématique et ainsi de communiquer une idée centrale forte. De plus, le format de ces soirées permet de donner une bonne dose d’impulsion créatrice à l’audience, car une dizaine de présentations ont lieu chaque soirée Pecha Kucha. Donc 10 projets différents, 10 visions, 10 façons d’aborder la création et de changer notre monde. En passant, Pecha Kucha veut dire, en Japonais, le son de la conversation. Voici le résumé du concept pris sur le site Web :

«Pecha Kucha Night, devised by Astrid Klein and Mark Dytham (Klein Dytham architecture), was conceived in 2003 as a place for young designers to meet, network, and show their work in public.»

Pecha Kucha Nights

Pecha Kucha Nights

Alors avis aux intéressés; designers, créateurs et artistes multidisciplinaires, l’appel est lancé afin de mettre sur pied la première soirée Pecha Kucha dans la région de la capitale. Si vous avez un projet ou une démarche intéressante que vous désirez diffuser et communiquer, écrivez-moi!

Orange Works

Debout tôt ce matin à la maison [ce que le décalage horaire a de bien au retour de Paris] j’ai pu prendre le temps de revisiter certains projets que j’ai découvert lors de mon voyage. Le projet Orange works m’a interpellé. Il s’agit d’une collaboration entre les artistes John Hawke et Sancho Silva.

infogon

infogon

La collaboration entre l’artiste Sancho Silva et John Hawke a produit des résultats fort intéressants. Cette série, intitulée Orange Work, fait référence aux matériaux et à l’imagerie des acteurs de la construction urbaine. Cette série de projets se décline par des installations en milieu urbain. Certaines légales, d’autres plus subversives, elles s’adressent toutes au public qui anime ces villes et ces quartiers. Des petites installations qui contribuent à modifier et bonifier l’expérience de vie au sein de la ville.
J’aime bien ce genre de projets qui modifie la perception et la relation du public à l’art actuel. Plus qu’une simple contextualisation d’oeuvre dans les espaces de vie du public, ce genre de projet permet à celui-ci d’expérimenter les oeuvres, de les vivre et les toucher. Une désacralisation de l’objet par l’usage.

restarea

restarea

Palais de Tokyo : GAKONA

Aujourd’hui, visite au Palais de Tokyo. L’espace est bigarré, un mix entre un style classique, hérité de l’expo universelle de 1900, mélangée à une rénovation contemporaine [laCaton et Vassal] qui se veut intentionnellement «incomplète». Bel espace, belle librairie, mais surtout belle expo, quelque chose de vraiment différent.

Le thème prend pour point de départ un travail de Nikola Tesla, un des plus grands scientifiques de l’histoire des technologies. Son travail portait principalement sur le développement de méthode de conversion et de transport d’énergie. Le projet qui a inspiré l’expo est l’idée de diffuser, sans fil, de l’électricité à toute la planète grâce à de gigantesques résonateurs à haute fréquence. Ce projet utopique [mais presque réalisé] donne le ton à l’expo; «des oeuvres qui échappent à toute velléité d’interprétation figée, elle [cette expo] poursuit ainsi la volonté du Palais de Tokyo de promouvoir une dynamique du regard et de l’esprit, fondée sur une oscillation permanente entre pôles opposés.»
Une expo définitivement à la croisée de l’imaginaire et du réel. Pour exemple, le premier projet présenté est une table de bois qui flotte littéralement dans l’espace, portée par un haut débit d’air propulsé d’à partir d’un trou dans le sol.

table volante

Détail de la table volante

Détail de la table volante

Une autre pièce nous présente deux parapluies montés sur deux résonateurs électriques. À des moments intermittents, lorsque l’énergie est suffisamment chargée, le courant se déleste en passant d’un côté à l’autre, produisant un arc électrique et un bruit assourdissant!

Parapluie électrique

Parapluie électrique

La dernière installation est une pièce interactive, dans ce sens que celle-cie nous donne à ressentir les énergies et le champ magnétique qu’elle produit. C’est cette pièce qui est la plus unique, car lorsque je suis entré dans son champ d’action, des picotements se sont manifestés sur le dessus de ma tête accompagnée d’un bourdonnement maléfique! Quelle expérience que de ressentir un champs magnétique de 10 000 volts passer au dessus de sa tête. Nous sommes définitivement des êtres bioélectriques sur qui les champ magnétiques et les micro-ondes ont une influence certaine…

Champ magnétique

Champ magnétique

C’est d’ailleurs la seule expo de ma vie où j’ai dû lire et signer une décharge qui déresponsabilisait l’artiste de tout effet de son oeuvre sur moi. Le panneau mentionnait d’éviter tout contact avec le visage d’autres visiteurs, en particulier les yeux[!]
Une expérience physique à des lieux d’une expérience purement esthétique…
:p

Décharge

Décharge

Gakona : Micol Assaël / Ceal Floyer / Laurent Grasso / Roman Signer