fonction[s] de l’art

Maquette des ruines du site du Solstice d'hiver

Maquette des ruines du site du Solstice d'hiver

La lecture de l’ouvrage Ruine m’a amené à comprendre ce que le travail avec l’esprit du lieu des espaces en friches représente pour moi. C’est intéressant d’y revenir, d’y faire un petit retour pour pouvoir établir la source de mon travail et la fascination que ces espaces exercent sur moi, dont le projet du Jardin du Solstice d’hiver est le témoin le plus abouti. Comme mentionné dans mon article précédent sur ce sujet, la ruine est un symbole archétype du possible qui nous entretient de ce qui n’est pas là. C’est une allégorie qui nous ouvre la porte à une communication indirecte, inconsciente. Cette allégorie n’est nulle autre que l’idée de “dépossession”;

«…la ruine participe à l’épreuve de dessaisissement ou de déprise de l’existence, elle élève à un oubli de soi au profit du sens du destin.»

L’expérience de la ruine serait donc une allégorie à l’expérience de la perte ou plutôt de ces multiples «petites morts» qui ponctuent nos vies. Un peu comme un arbre mort qui nous démontre son parcours à travers les intempéries et le cycle des saisons : un noeud caché peut ressortir du centre de l’arbre, le grain découvert par l’écorce arrachée s’use et prends une autre couleur, des branches tombent, d’autres subsistent en un tout autre équilibre (texte tiré de mon cycle Rituel).

Sophie Lacroix termine son ouvrage sur ces mots :

«On ne comprend l’émotion intense que suscite la ruine que si l’on envisage la régression à laquelle celle-ci convie, comme Freud ou Derida l’expriment chacun à leur manière. On touche au coeur névralgique de la ruine en l’appréhendant comme expérience archaïque. C’est sur cette expérience que se greffe la fonction critique ou subversive qu’elle joue, et qu’on ne peut dissocier de cette épreuve. C’est aussi ce qui justifie l’art, car en faisant remonter les fragments épars, celui-ci tente de sauver de la folie celui que ces ruines intérieures entravent et détruisent.»

Cette conclusion est super intéressante, car elle nous donne une des fonctions principales de l’art. Argument de plus pour prouver à ses détracteurs que l’art et la culture sont essentiels à nos sociétés.

Vernissage de KortuneFookie ce samedi!


coins

coins

Vernissage-événement pour le projet d’art public interactif KortuneFookie!
Samedi 27 juin de 13 à 17h. Venez prendre un verre de Fookie!
Coin Fairmount et avenue Du Parc dans le Mile-end.
Galerie Articule 262 Fairmount O.

Le projet sera installé à l’extérieur pour tout le mois de juillet.

carte pour aller chez Articule

carte pour aller chez Articule

Gregory Chantonsky

Gregory

Gregory

Je suis tombé sur un projet de l’artiste Gregory Chantosky qui nous relate, de façon interactive, les moments forts de son histoire personnelle.
Son projet, Soundtracking my life, présente une ligne du temps sonore et imagière des artistes, événements et émissions de télévision qui ont marqué sa vie, ou plutôt accompagnée celle-ci (de là le titre de soundtrack). Je m’y suis reconnu à quelques endroits. L’Interface est simple et intuitive et fonctionne très bien pour ce type de projet. Sur le site, il faut bouger de droite à gauche pour modifier l’âge auquel le contenu fait référence (trop cool à 7 ans). C’est drôle de constater qu’une génération entière ait été formée aux mêmes images. Ces images à leur tour deviennent des canons et ensuite des paradigmes immuables. C’est bon de parfois revenir aux inspirations d’origine. L’authenticité qu’elles recèlent aide à mettre les choses en perspective.

Gregory travaille l’interactivité, la photographie et la sculpture et tente, par ces moyens, d’«interroger notre relation affective aux technologies». Son site est très dense (autant que le nombre de ses réalisations). Il a également été professeur invité à l’école des arts visuels et médiatiques de l’UQAM.
Site Web et propos intéressants.

Ailleurs, c’est mieux qu’ici!

«Ailleurs, c’est mieux qu’ici.

Confondant le fleuve avec un lac, le lac avec la mer et la mer avec l’océan, je finis par croire que je ne suis venu au Québec que pour confirmer la validité de mes illusions qui me font croire qu’une chose en est une autre, ou deux, ou trois, ou plus encore; et qu’il fait encore bon se tromper sur le sens et les distances entre les choses, sur leur validité. Les confondre, les échanger, les inverser, les transformer…
Une sorte de dyslexie du regard positive car productive.
Il m’apparaît aujourd’hui que c’est bien là la seule façon de s’en sortir, de survivre à l’idée qu’ailleurs, c’est mieux qu’ici! ; imaginer le réel et réaliser son imaginaire!»

Lorentino, centre Est-Nord-Est, été 2003.

Ce texte, tiré du Memento 4, édité par le centre d’artiste Est-Nord-Est, fut écrit par Lorentino, un artiste français qui a occupé mon atelier avant ma résidence d’automne en 2003. Sans le savoir, il fait écho à mon article sur la multitude possibilité et de choix qui nous entoure, Too many réseau contact. Il parle de la même problématique mais en d’autres mots. Il offre également une porte de sortie à cette problématique à travers la création, l’imaginaire.
C’est qui pousse les artistes et créateurs à toujours créer, à toujours s’émerveiller. En dehors de toute contrainte, commande ou réseau. Ce sentiment d’urgence, d’impératif.
Inventer notre vie; c’est là notre plus bel ouvrage. Faut-il se le rappeler?

Plywood et espaces architecturés : Henrique Oliveira

Le travail de l’artiste Brésilien Henrique Oliveira est séduisant. Il utilise des feuilles de contre-plaqué et du bois recyclé afin de créer de nouveaux espaces et de nouvelles configurations dans des galeries. L’exercice est intéressant, car les matériaux utilisés retiennent leur patine d’origine (vieille peinture, bouts d’affiches, trace des intempéries, etc.), conférant à l’ensemble une présence s’étendant au-delà de l’espace de la galerie. Dans son courriel, il me spécifie :

«I use recycled plywood, sometimes painting with a very diluted acrylic to change color preserving the texture. In my most recent production I’ve used also PVC and bend board to create more complexe shapes.»

Tapumes - 2006 / Henrique Oliveira

Tapumes - 2006 / Henrique Oliveira

Henrique Oliveira / Tunnel 2007

Henrique Oliveira / Tunnel 2007

Tapumes - 2005 / Henrique Oliveira

Tapumes – 2005 / Henrique Oliveira

Bataille de ballounes au café-bar

L’expo des finissants de l’ÉMI s’est terminée hier soir sur une note violente alors que deux factions opposées, probablement exaspérées par la fin de session, s’en sont pris mutuellement l’une à l’autre dans le café bar. En effet, l’événement a pris naissance vers 23h dans le café-bar du pavillon Lucient-Brault de l’Université du Québec en Outaouais alors que les projectiles, des balounes de party, furent distribués par des membres d’ÉMIcollectives. Ce geste fut posé sans aucun doute dans le but de provoquer les étudiants et enseignants gonflés à bloc par la fin des cours et de la session d’hiver 2009.

Encouragée par les rythmes de musique du collectif meat parade, l’échauffourée a débuté spontanément alors que plusieurs projectiles se retrouvaient à bondir dans tous les sens de la salle. Finalement, on nous rapporte que toutes les balounes ont été éventrées mais que personne n’a été blessé.

pièce à conviction

pièce à conviction