Le refuge : Stéphane Thidet

Voici une installation qui m’a tout à fait séduit. Le Refuge est présentement en action à Estuaire Nantes<>Saint-Nazaire 2009. Cet événement présente des oeuvres et installations sur le bord de La Loire, entre les villes de Nantes et Saint-Nazaire. La majorité des projets présentés sont remarquables et font état d’une recherche plastique autant que conceptuelle, mais plus encore, d’une intégration sensible dans leur lieu d’implantation. Notamment la pièce de Tadashi Kawamata ou celle de Damien Chivialle, Noé.
Une partie importante de la programmation est réservée aux installations architecturales, intitulées I.C.I.! Instant Carnet Island, Rassemblement de microarchitectures et habitats légers. Ces projets explorent tous la notion d’habiter, mais mettent également en jeu d’autres préoccupations (société de l’image, mémoire, etc.)

La pièce de Stéphane Thidet est d’un autre esprit. Conçue comme un refuge (avec ses murs, son toit, sa table) mais ne protégeant de rien, exposant plutôt à une sorte de tempête intérieure (au propre comme au figuré). Le vidéo présente bien l’effet et l’atmosphère que cette installation met en scène. Car il s’agit bien d’une mise en scène, mais chargée d’une force poétique puissante.

Attraction et répulsion.

Voici un texte qui décrit sa démarche :

«Aussi émerveillé que sombre, l’univers de Stéphane Thidet offre des visions distordues de la réalité. Ses oeuvres suggèrent un ailleurs, une fiction non accessible mais perceptible qui confrontent le spectateur à un nouvel “état des choses”. Ses oeuvres, souvent liées à l’enfance ou au divertissement collectif populaire comme la fête foraine, les jeux (billard, balançoire), le camping, le zoo… dévoilent une certaine perte d’innocence, une inquiétude qui, par l’état de tension permanent qu’elle suppose, provoque une agitation, un tumulte intérieur fécond.» Sophie Kaplan, directrice du CRAC Alsace

Transient Sedimentation / Lars Kordetzky

Transient sedimentation

Transient sedimentation

Transient Sedimentation est un livre tiré d’une série publié par RIEA [Research Institute for Experimental Architecture], basé à Bern en Suisse, édité sous la direction de Lebbeus Woods. Cette série est vraiment intéressante car chaque livre nous propose une réflexion théorique sur un sujet particulier de la création architecturale, en plus de présenter des projets démontrant cette théorie appliquée.

L’ouvrage de Lars Kordetsky parle des forces (celles apparentes et celles invisibles) qui sont toujours à l’oeuvre dans l’espace du réel. Ces forces et concepts sont essentiels dans la définition de l’identité d’un site. Constamment en mouvement et en redéfinition, ils sont à considérer et à respecter lors des projets architecturaux.

  • Lines, sins, current
  • Dynamic world
  • Matrix
  • Net
  • Drift
  • disintegration and renewal
  • Space of Projection, Flasing of lines, Actualization
  • etc.
  • Comme le titre le dit, ces forces éphémères s’additionnent en strates afin de créer l’identité et le caractère particulier d’un lieu. Même invisibles, ces forces demeurent présentes et agissent sur l’identité d’un lieu, d’un site. Pour illustrer ceci, le livre débute avec un extrait du livre de Herman Melville, Moby Dick :
    «Queequeg was a native of Kokovoko, an island far away to the Est and South. It is not down in any maps; true places never are».

    Design graphique par büro destruct, basé Bern.
    Inspirant + nourrissant pour tous ceux qui travaillent avec l’espace et la composition.

    Concours Stanley revisité 2009

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    Kanva Architecture lance un appel de candidatures aux artistes en arts visuels & multimédias pour la réalisation d’oeuvres inspirées d’un projet d’architecture. Le concours vise à approfondir le lien entre l’art et l’architecture à travers différentes interprétations artistiques d’un même bâtiment. Cet appel de candidatures est ouvert aux artistes, architectes, graphistes, designers et/ou étudiants.

    Sujet
    Les interprétations artistiques doivent s’inspirer d’un projet architectural qui consiste en la rénovation et l’agrandissement d’une maison centenaire située sur la rue Stanley au sein du Golden Square Mile de Montréal. La définition des différents volumes du projet s’appuie sur la dualité entre traditionnel et contemporain. Le geste principal repose sur la création d’un vide ouvert sur plusieurs étages visant à établir une frontière perméable entre l’existant et l’agrandissement.

    Oeuvres
    Les oeuvres proposées devront s’inspirer de cette problématique architecturale.
    10 projets seront sélectionnés pas un jury.
    Par la suite, Kanva pourra organiser une exposition des oeuvres crées par les lauréats durant laquelle les oeuvres seront vendues. Tous les fonds recueillis seront remis à une société à but non-lucratif faisant la promotion des Arts dans le contexte urbain.

    Visitez le site du concours pour plus de détails.

    Source : Anna Rocki, Kanva Architecture.

    House N / Sou Fujimoto

    house-n-fujimoto

    house-n-fujimoto

    J’ai pu consulter, sur Arch Daily, des photographies de la maison N créée par l’architecte Sou Fujimoto à Tokyo. Dans cette maison, L’intérieur et l’extérieur sont complètement interreliés et mis en constante interaction. C’est une construction assez unique qui est composée de 3 “coquilles” de grandeur différente. Ces coquilles s’insèrent une dans l’autre afin de former un espace de plus en plus privé. Grâce à cette configuration, la maison demeure en constante relation avec le domaine public. Dans les mots de l’architecte :

    «That is why life in this house resembles to living among the clouds. A distinct boundary is nowhere to be found, except for a gradual change in the domain. One might say that an ideal architecture is an outdoor space that feels like the indoors and an indoor space that feels like the outdoors. In a nested structure, the inside is invariably the outside, and vice versa. My intention was to make an architecture that is not about space nor about form, but simply about expressing the riches of what are `between` houses and streets.»

    Étonnamment, à Tokyo, c’est les terrains qui valent le plus cher, pas les bâtiments. Les constructions sont constamment mises à terre et rebâties pour accueillir d’autres usage et usagers en fonction des besoins du moment et de la configuration du lieu.
    C’est pourquoi l’architecture de cette ville est si unique et bigarrée. Les terrains, parfois de dimension minuscule, sont maximisés en utilisant tout leur potentiel possible (lumière naturelle, configuration du lot, topologie, proximité des voisins, etc.) Un terrain fertile pour les architectes et designers; ces contraintes sont des opportunités pour développer des solutions et des formes inusitées répondant au programme (les besoins des usagers) et au site. Le projet House N est un parfait exemple du genre d’expérimentation que cette temporalité différée peut engendrer.

    Site + program + temporality = form

    house-n-fujimoto

    house-n-fujimoto

    house-n-fujimoto

    house-n-fujimoto

    Vue en coupe

    Vue en coupe

    Le travail de Sou Fujimoto est à propos du potentiel qu’un espace et un bâtiment peuvent offrir; à l’opposé d’une architecture moderne fonctionnelle où tout est programmé, designé et entériné. À travers ses projets, il offre des lieux qui permettent des possibilités et fonctions multiples. Sentir que les usagers du lieu peuvent moduler leurs espaces et les utiliser à leur façon, selon leurs besoins. La clef est de trouver l’équilibre, dans ses projets, entre un programme très défini et des espaces qui permettent la liberté d’appropriation par ses occupants.
    L’interview réalisée par 0300 explique très bien ce concept.

    Sou Fujimoto Interview / Part II from 0300TV on Vimeo.

    Exposition “Au pays de la maquette d’étude” à Monopoli

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    J’ai visité la dernière exposition à la galerie Monopoli intitulée Au pays de la maquette d’étude. L’expo présente 40 maquettes de projets d’architectures de petite et moyenne dimension. Le propos de l’exposition est de réitérer l’importance de la maquette d’étude dans le processus d’architecture. Les 26 architectes canadiens qui participent à l’expo nous parlent de leur rapport avec la maquette; son rôle, sa vitalité dans cette ère numérique et d’imagerie virtuelle ainsi que sa pertinence lors du processus de recherche création. Les témoignages présentés avec les projets sont intéressants et permettent de mieux comprendre l’apport de ces petites constructions de papier, de balsa, de plâtre ou de bois. Certains projets nous démontrent les diverses phases évolutives d’un même projet (ce que j’ai le plus aimé); présentant ainsi les multiples maquettes nécessaires afin de soit rendre simplement l’essentiel d’un concept, ou soit d’exprimer les nombreux détails à un stade beaucoup plus avancé.

    La scénographie dépouillée est signée Stéphane Pratte et Annie Lebel de l’atelier Insitu. La mise en expo se résume à d’épais panneaux de cartons découpés et empilés qui suggèrent une topographie imaginaire. Ce dispositif sert d’assise contextuelle afin de présenter les maquettes réalisées à diverses échelles.

    Stimulant, pour ceux qui s’intéressent au processus créatif des architectes ou pour ceux qui apprécient le travail minutieux qu’exige la création de maquettes.

    Plywood et espaces architecturés : Henrique Oliveira

    Le travail de l’artiste Brésilien Henrique Oliveira est séduisant. Il utilise des feuilles de contre-plaqué et du bois recyclé afin de créer de nouveaux espaces et de nouvelles configurations dans des galeries. L’exercice est intéressant, car les matériaux utilisés retiennent leur patine d’origine (vieille peinture, bouts d’affiches, trace des intempéries, etc.), conférant à l’ensemble une présence s’étendant au-delà de l’espace de la galerie. Dans son courriel, il me spécifie :

    «I use recycled plywood, sometimes painting with a very diluted acrylic to change color preserving the texture. In my most recent production I’ve used also PVC and bend board to create more complexe shapes.»

    Tapumes - 2006 / Henrique Oliveira

    Tapumes - 2006 / Henrique Oliveira

    Henrique Oliveira / Tunnel 2007

    Henrique Oliveira / Tunnel 2007

    Tapumes - 2005 / Henrique Oliveira

    Tapumes – 2005 / Henrique Oliveira

    Esquisse physique

    Belle journée sur le terrain à esquisser l’emplacement de la maison et de l’atelier. Ce sont bien entendu des relevés préliminaires avant d’entériner le tout par les ingénieurs, mais l’idée générale est là et le positionnement est fait par rapport aux points cardinaux et à la configuration naturelle du terrain.

    Program + Site = Form.
    Programme + Site = Forme

    1er relevé

    1er relevé / vue de l

    1er relevé

    1er relevé / vue de l

    1er relevé

    1er relevé / vue du nord

    1ère esquisse

    1ère esquisse

    1er relevé

    1er relevé