Concours sur les postes d’attentes des Taxis

Voici un concours intéressant qui fait appels aux designers afin d’imaginer les nouveaux postes d’attentes des Taxis de Montréal. Ce qui est le plus merveilleux, c’est que ce concours fonctionne de façon anonyme; donc tout le monde peut participer et c’est l’idée la plus intéressante qui prendra le dessus. Enfin!

Le concours “Le taxi prend ses aires!” est l’un des cinq shuko, ou défis de création initiés par le maire de Montréal dans le cadre de la soirée Pecha Kucha des élus, le 30 septembre 2008. Il s’inscrit directement dans la poursuite des engagements pris par la Ville et les partenaires du Plan d’action 2007-2017 – Montréal, métropole culturelle visant, entre autres, à promouvoir l’excellence en architecture et en design.”

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Un autre projet sur la table à dessin.

Hôtel de glace :(

Lors de mon passage à Québec, je n’ai pu m’empêcher d’aller visiter L’hôtel de glace. Mon imaginaire était enflammé par toutes ces images, notamment La ligne du temps construite par Pierre Thibault pour le Carnaval de Québec et toutes ces photographies de la version suédoise qui circulent depuis longtemps.

Pierre Thibault, La ligne du temps / Carnaval de Québec / 2000 / Crédit photo Alain Laforest.
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C’est donc avec anticipation que je me suis rendu à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier pour voir l’ouvrage qui s’étend sur une superficie de 3 000 m2, et dont la durée de vie est de 3 mois (de janvier à avril).
Il faut tout d’abord dire que la construction de l’hôtel ne suit pas le modèle des igloos inuits. Dans ce sens que les bâtiments ne sont pas fabriqués avec des blocs de neige ou de glace empilés, mais bien “moulés ” par de successives strates d’eau gelée provenant du lac Saint-Joseph. D’ailleurs, des toits de silos de ferme sont utilisés afin de servir de moule pour les toits des différents bâtiments de glace. La trace des structures de silo est apparente dans les voûtes. C’est une façon efficace de former ces habitations de glace.

Là où ça se gâte, c’est que ce projet ne peut cacher qu’il est un exercice d’image cosmétique. C’est un endroit qui célèbre une certaine image de la nordicité à grand renfort de clichés empruntés aux autres pays nordiques (au lieu de créer ou célébrer les nôtres). Entendez-moi bien, ce projet n’est pas une coquille vide, mais plutôt un Disneyland pour adultes. Une sorte de non-lieu construit dans le stationnement (eh oui!) de la Station touristique Duchesnay. Donc aucune relation directe avec un semblant d’environnement ou de lieu (pourtant, la proximité du lac Saint-Joseph offrait pleins de possibilités, jouer avec cet élément, la pêche sur glace, utiliser la transparence, etc.). Mais non, dans ses conditions actuelles, l’hôtel pourrait être construit sur n’importe quel autre site; pourvu qu’il y règne la température nécessaire…
Voici les photos :
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C’est donc une architecture d’intérieur, car les formes et volumes extérieurs sont quasi inexistants, voir sans intérêt. Mais même si l’accent est mis sur le design d’environnement, le mobilier et les éléments décoratifs (fort ouvragé je dois l’admettre et féliciter les sculpteurs), l’intérêt architectural de cette construction demeure en fait très limité. Pourtant, la sensibilité de plus en plus marquée du public face à la qualité des espaces architecturaux ainsi qu’une préoccupation pour l’environnement naturel appel à plus. Je pense qu’on rate ainsi une belle occasion d’amener ce projet à un autre niveau en se contentant de répéter, année après année, le même type de construction et de programme.

>Petite lueur d’espoir : la chambre la plus intéressante est celle produite par l’équipe de l’UQAM et de l’Université de Montréal. Il s’agit d’un exercice de style cubique. Ici aussi le cliché est évident, mais le résultat inspire un sens du lieu; on se sent dans un endroit qui a une identité propre et unique. Espérons que ce sentiment s’étende au bâtiment et à sa structure même dans les prochaines années. Pourquois ne pas en faire un concours?

Déception.

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Et encore l’inukshuk qui n’indique rien mais sa propre présence!
Utilisé pour son image et comme un nain de jardin.
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101 Things I Learned in Architecture School

Le livre 101 Things I Learned in Architecture School est une petite perle en soit. Les 101 chroniques sont toutes présentées sur deux pages (ou un spread dans le jargon) avec d’un côté une image et de l’autre une petite capsule textuelle.
L’auteur, Matthew Frederick, présente des idées simples comme la meilleure façon d’esquisser une ligne à des théories comme l’espace spatial négatif ou les problématiques de circulation dans les bâtiments. Un livre à recommander à tout les créateurs qui sont intéressés par l’architecture et qui désirent avoir une entrée accessible en la matière.

J’ai relevé une citation particulièrement intéressante qui parle de la qualité des idées et de l’apport de l’ordinateur dans le processus créatif : «When overused as a design tool, however, computer drafting programs can encourage the endless generation of options rather than foster a deepening understanding of the design problem you wish to solve»

Traduit librement : Lorsque surutilisés dans un processus de design, les logiciels de dessins encouragent la génération d’options illimités et détournent de la compréhension profonde et de la recherche de solution tangible au problème posé.

…C’est un des dangers que les nouvelles technologies apportent avec leur lot de liberté. J’ai souvent vu ceci dans mes classes et mes ateliers. L’accessibilité et la facilité de manipulation des logiciels de design favorisent trop souvent une variation ou des itérations sur un même thème. Ce ne sont pas toujours des idées qui sont générées, mais trop souvent des styles qui sont reproduits. Aujourd’hui, presque tout le monde peut s’improviser designer (car les outils sont si facilement accessibles), mais être capable de manier les outils ne signifie pas être en mesure de répondre pertinemment à une problématique posée. L’intelligence, l’intuition et la créativité authentique demeurent les meilleurs outils pour alimenter tout processus de design.
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Design like you give a damn ; architecture de l’urgence

Dans ce contexte de séisme épouvantable à Haïti, le livre Design like you give a damn, m’est apparu comme des plus pertinents à reconsulter-mis à part le fait de faire un don à la croix Rouge évidemment!

C’est un superbe livre qui regroupe toutes sortes de projets créés dans un seul but; répondre, à l’aide de design inventifs et intelligents, à des problématiques d’urgences humanitaires. C’est inspirant de voir des projets dirigés par ce genre d’impératif. Trop souvent, les designers et architectes sont loin des populations, régions et événements où ils seraient le plus demandés. Le design peut répondre à tellement de problèmes quotidiens par des solutions intéressantes, esthétiques, sensibles et intelligentes. Ce livre en est un témoin exemplaire. Le monde a besoin de plus d’investissement dans le bon design et l’architecture réfléchie.

L’image ci-dessous est tirée du livre et présente une pompe à eau doublée d’un tourniquet. Apportant ainsi un côté ludique à un geste qui demeure quotidien pour certaines populations; pomper manuellement leur eau. Ici, obtenir de l’eau devient un jeu d’enfant.

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Site de la Croix Rouge Canadienne pour faire un don en ligne.

Croix Rouge

The Collaborative City [Artscape]

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J’ai obtenu une bourse pour participer à l’événement Creative Places and Spaces qui se tiendra à Toronto au mois d’octobre prochain. Ce colloque, qui a pour centre d’intérêt la créativité, regroupe des designers, architectes, artistes et décideurs. Le thème de cette année est la cité de la collaboration, ou ‘The Collaborative City’. Pendant 3 jours, des chercheurs, des travailleurs culturels et des créateurs s’entretiendront des différentes actions possibles qui permettent d’opérer des changements positifs dans l’expérience de la vie dans les villes contemporaines.

Plusieurs conférences sont à l’horaire ainsi que des séminaires et workshop, dont Spencer Tunick et Richard Florida (auteur de who’s your city?)

«The overarching idea behind this year’s forum is that collaboration fuels innovation by connecting people, places and ideas.»

Creative Places + Spaces is one of the world’s leading forums on creativity. Under the theme of ‘The Collaborative City’, this year’s event will engage global perspectives on collaboration and connect them with local change makers. Come meet some of the most creative thinkers in Toronto’s exploration of the art and science of collaboration.

Le but des organisateurs du colloque est simple, inviter la communauté active du Canada à penser, créer et collaborer. Ce sera une fin de semaine de réseautage et de découverte. Une bonne occasion de faire un saut à Toronto et au ROM. Ville que je néglige, pour aucune raison particulière, de visiter régulièrement.

Merci à Melinda Jacobs, du comité organisateur, pour l’obtention de cette bourse qui me permettra d’assister à l’événement.
Le colloque est présenté par Artscape.

François Caron, membre honoraire de S27

François est ingénieur et designer, Papa de deux petites filles et surtout, un très bon ami à moi. Nos parcours se sont croisés lors de notre DEC en design industriel au Vieux-Montréal. Depuis, François a toujours été aux premières lignes lorsqu’il s’agit de valider les concepts et la matérialité des projets du Studio 27 depuis ses tout débuts. Ses observations critiques et ses idées ingénieuses ont toujours su amener les projets vers des cieux plus pertinents. Voilà pourquoi j’ai décidé d’en faire le premier membre honoraire à vie de S27.

Notre dernière discussion tournait autour du peu d’importance que nos dirigeants semblent pouvoir accorder à l’image qu’un ouvrage ou un bâtiment peut avoir et surtout à l’aura qu’une telle image peut apporter à une ville. En particulier ici la ville de Montréal. Plusieurs projets d’infrastructures et des ponts reliant l’ile de Montréal sont à l’étude et nous nous questionnons sur comment cette dimension semblait être abordée.

Il est évident qu’un pont doit posséder un bon design (structurellement, matériellement, environnementalement, d’une urbanité réfléchie, etc.). Mais un aspect qui semble être évacué avec notre réflexe du vite, bon pas trop cher est l’aspect esthétique, l‘expérience esthétique que ces ouvrages peuvent revêtir.
Cet aspect n’est nullement à négliger.

Les gens se déplacent-ils pour visiter la tour Eiffel (qui rappelons le devait être un ouvrage temporaire pour l’expo universelle de Paris de 1900?) Est-ce que l’icône du Brooklyn bridge n’est pas reconnu mondialement? Cette dimension (l’expérience esthétique, l’image, l’icône) a une portée tellement forte pour une ville. Ces points de repère deviennent des signes identitaires puissants et reconnus.
Pourtant, les fonds sont toujours amputés lorsqu’il s’agit de réfléchir à cette question (pensons aux fameux parements de verre de la grande bibliothèque, initialement prévus en cuivre -qui possédait une durée de vie beaucoup plus grande soit dit en passant-, mais amputés pour faute de budget… combien sont tombés à ce jour)?
Ceci m’est difficile à comprendre dans une société de l’image comme la nôtre.
Je pense que cette dimension était plus naturelle chez les anciens. Lorsqu’il s’agissait de faire un objet, ils y mettaient du coeur, de l’expérience (savoir-faire) et une sensibilité qui faisait preuve d’une proximité avec les phénomènes naturels et surtout avec tout le processus qui prenait essentiellement du temps. Si produire quelque chose prenait un certain temps, autant pour l’artiste d’y trouver du plaisir et d’en faire un bel objet, non?

Peut-être que le processus était aussi important que le produit final?
être – faire – avoir