L’Inuksuk, le nouveau nain de jardin

Des visions répétées de jardins et terrains privés au cours de mes vacances (hélas terminées!) me portent à affirmer que les Inuksuk sont devenus les nouveaux nains de jardins contemporains. C’est à dire des images-objets populaires surutilisées comme ces derniers, mais en plus, décontextualisées. C’est-à-dire l’utilisation d’une image pour son image et non pour sa signification. Perte de sens.

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Les 2 images sont prises de ce site ésotérique.

Dans ces 2 photos, la dénaturalisation de l’usage et de la fonction de ces constructions Inuites assez tordante. Car l’Inuksuk, dans son essence, est un amoncellement de pierres disposées sur un site particulier afin d’agir comme point de repère, comme messager. Ces structures de pierres servent à indiquer des sources de nourriture viable (pour la pêche, la chasse), le point maximal de la marée haute, le chemin le plus sur à emprunter, des lieux de rituels, etc. La fonction principale d’un Inuksuk est donc d’agir en la qualité d’un humain.

Ici, dans l’image du bas, ce qui est hilarant est la présence d’un panneau de signalisation pour indiquer l’endroit où se trouve l’Inuksuk! C’est plus que paradoxal! C’est comme un emballage dans un emballage…

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Au contraire de la croyance populaire, la forme des Inuksuit (Inuksuk au pluriel) n’est pas nécessairement celle d’un «humain». Celle-ci dépend en fait du message entendu et du type de matériaux retrouvés sur le site d’implantation. C’est une des formes les plus primaires d’installation sculpturale, des genres de «1%» mais porteurs d’un sens commun essentiel et intelligible. Dans ces constructions ancestrales, la métaphore, la fonction dépassent l’image.

Kayak, coup de soleil et -6˚

Mon périple annuel d’ouverture des parcs nationaux a repris cette année. Je suis allé faire un petit tour du côté du parc de la Mauricie afin de reconnecter avec la nature et mettre un peu de côté les écrans et les claviers.
Cette année, j’ai emporté un kayak de mer afin de parcourir un plus grand territoire et profiter de la vue des falaises du lac Wapizagonke. L’hiver n’est pas si loin, des grosses parois de neiges qui s’accrochent aux arbres me le rappelaient sans cesse. J’ai assisté à un événement spectaculaire; un bloc de glace gros comme un fauteuil a décidé de se décrocher alors que j’observais la paroi. Quel fracas! Je n’ose imaginer avoir été SOUS sa trajectoire et recevoir tout le poids de cette neige compactée. Cet événement n’a fait que renforcer mon désir d’aller pagayer dans les eaux du nord avec les icebergs.

RÉSUMÉ
Coup de soleil sur les bras à force de ramer, baignade à 19˚ (66 F), et première nuit dans la tente à -6˚.
Pas chaud! avec seulement les ours, chevreuils et castor pour vous tenir compagnie. C’est assez bizarre de revenir à l’état de «proie» et se sentir vulnérable face aux animaux. Ça reconnecte avec quelque chose d’assez profonds en-soi.
La nuit était noire, mais c’est ce qu’il y a de beau dans la forêt; le matin avec un petit café, tout est oublié.

Fauteuil de glace

Fauteuil de glace

falaises

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