Orange Works

Debout tôt ce matin à la maison [ce que le décalage horaire a de bien au retour de Paris] j’ai pu prendre le temps de revisiter certains projets que j’ai découvert lors de mon voyage. Le projet Orange works m’a interpellé. Il s’agit d’une collaboration entre les artistes John Hawke et Sancho Silva.

infogon

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La collaboration entre l’artiste Sancho Silva et John Hawke a produit des résultats fort intéressants. Cette série, intitulée Orange Work, fait référence aux matériaux et à l’imagerie des acteurs de la construction urbaine. Cette série de projets se décline par des installations en milieu urbain. Certaines légales, d’autres plus subversives, elles s’adressent toutes au public qui anime ces villes et ces quartiers. Des petites installations qui contribuent à modifier et bonifier l’expérience de vie au sein de la ville.
J’aime bien ce genre de projets qui modifie la perception et la relation du public à l’art actuel. Plus qu’une simple contextualisation d’oeuvre dans les espaces de vie du public, ce genre de projet permet à celui-ci d’expérimenter les oeuvres, de les vivre et les toucher. Une désacralisation de l’objet par l’usage.

restarea

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Conférence : L’espace public, espace des possibles? à l’université Paris 1

Vendredi, profitant de mon séjour ici, j’assisterai [s’il me reste du temps!] à la conférence portant sur les projets utopiques insérés dans l’espace public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

«Trois interrogations au cœur de cette rencontre : à quelles conditions les scénographies urbaines sont-elles créatrices d’utopies ? Comment « rendre le possible à nouveau disponible » ? « La perte de l’anticipation artistique et politique serait-elle fatale à l’art » (Bruno Schnebelin) ?»

Cette rencontre risque d’être fort intéressante. Décidément, il y a mouvance vers la création d’espaces projectuels ainsi que des lieux de rencontres sociaux au coeur de la ville. C’est une problématique plus qu’actuelle. La culture du projet peut espérer opérer cette cicatrice conciliante entre les utopies modernistes et la réalité complexe de nos villes contemporaines. Je crois que le 21e siècle sera celui de la métaphysique du réel.
Résolument, ce voyage s’est avéré plus que productif!

Fait Maison 10

L’événement Fait Maison en était à sa dixième édition, ce samedi 7 février dernier. Les Fait Maison sont des soirées de performances réalisées dans des contextes de proximité entre le public et les artistes, c’est à dire dans des maisons privés. Cet aspect expérimental favorise les échanges entre les participants et le public et encourage l’aspect ludique de l’affaire. C’est aussi une autre façon de diversifier les endroits de diffusion des pratiques contemporaines en art.

Comme discuté avec Thomas Grondin, l’instigateur de ces soirées, aucun thème n’est imposé aux artistes, mais, comme j’ai pu m’en rendre compte, il y a toujours un fil conducteur qui semble émerger des différentes actions et performances. Mais c’est peut-être le contexte, le lieu, qui influence le plus le sens de ces miniévénements.

Hélène Lefebvre, fait Maison 10

Hélène Lefebvre, fait Maison 10

Theo Pelmus, Fait Maison 10

Theo Pelmus, Fait Maison 10

Véro Guitard et Hugo Gaudet-Dion, Fait Maison 10

Véro Guitard et Hugo Gaudet-Dion, Fait Maison 10

Stefan St-Laurent, Fait Maison 10

Stefan St-Laurent, Fait Maison 10

©-Photographies de Thomas Grondin.

Signes et systèmes urbains détournés : Brad Downey

A father duty, 2003

A father duty, 2003

Brad Downey est un artiste qui détourne l’usage des images, des objets et du mobilier urbain dans le but de nous faire voir la ville sous un autre jour. Sa bio nous informe qu’il tente, par ses projets, de redonner au citoyen l’occasion de réinterpréter et de se réapproprier la multitude de signes qui nous entourent au sein de la ville.

«There are multitudes of signals and systems that govern our cities and imperceptibly determine our everyday movement. Artist Brad Downey stakes a claim for the right of the individual to interpret and understand these systems, and thus regain power in the public arena.»

Ses projets sont toutes sortes de manoeuvres et d’installations subversives éphémères qui “injectent” une dose de ludique dans le quotidien. Les exemples ci-dessous sont tirés de son site internet qui mérite un coup d’oeil. J’aime bien ce genre de travail déréglementé qui n’a pas nécessairement besoin de galerie ou d’événement fédérateur pour le supporter dans sa diffusion. Inspiration.

traffic jam for Berlin, 2008

traffic jam for Berlin, 2008

La Somme de L'Oxygéne Dans une Cabine Téléphonique, 2008

La Somme de L'Oxygéne Dans une Cabine Téléphonique, 2008

Actions : comment s’approprier la ville au CCA

La semaine dernière, j’ai visité l’expo Actions : comment s’approprier la ville, présentée au CCA (Centre Canadien d’architecture). Cette exposition regroupe toutes sortes d’interventions et de projets d’artistes, de designers et de citoyens qui ont pour but d’améliorer la qualité de vie au sein de la ville. Ces projets, qui varient de la petite à la moyenne échelle, sont majoritairement créés de façon spontané. Certains projets sont très ludiques et d’autres plus subversifs, mais la raison d’être de ces actions est toujours de permettre aux gens d’améliorer l’expérience et la façon dont ils habitent au sein de leur ville respectives.

Quoique très inégale, cette exposition nous démontre l’engoument généralisé pour les pratiques événementielles et relationnelles insérées au sein de la trame urbaine. Ces différentes actions permettent de poser un regard plus éclairé sur ce sujet, ne fusse que par la démonstration des multiples problématiques urbaines à l’échelle internationale et des types de projets créés pour y répondre.
C’est ce regard que j’ai le plus apprécié.
Somme toute, une bonne exposition, mais toutefois un peu dispendieuse par rapport à la quantité des projets présentés (La grandeur des pièces du CCA est toujours la même!) et tenant compte que le public visé soit majoritairement les jeunes adultes.