Projets de création


Événement du jardin du Solstice d’hiver, 2001

«C’était au solstice d’hiver, en 2001. Le soleil irradiait la carrière désaffectée de Melocheville et ses ruines industrielles, comme à tous les jours depuis maintenant une soixantaine d’années, mais ce jour était particulier. Non pas parce qu’il s’agissait de la plus courte journée de l’année, mais bien parce qu’il s’agissait de ma première visite à ce temps précis de l’année. Le choix de cette journée n’était pas anodin, bien que le solstice d’été aurait tout autant pu être sélectionné comme journée pour l’événement, mais il y avait quelque chose de singulier à propos de ce changement de saison, l’arrivée du froid et de l’hiver, de la saison introspective. Une sorte de renouveau global qui affectait autant les sphères physiques (tout le paysage, ses structures de bétons vétustes, sa végétation foisonnante, son ensoleillement singulier) comme dans ses aspects intangibles (l’idée de transition, de passage d’un état à un autre, soit de l’univers matériel à l’univers naturel, un espèce de rituel cyclique basé sur le temps).Non, le choix du solstice d’hiver était bien approprié. Une métaphore autant qu’une empreinte tangible. Car c’était bien ça l’idée, de créer un événement qui serait autant une expérience physique qu’une expérience liturgique. Un rite de passage contemporain inspiré des cultes païens anciens célébrant le rythme des saisons. Un récit initiatique à partager, un geste individuel mais vécu collectivement ; à l’image d’une messe. Mais ici aucun enseignement ne serait prodigué, sauf peut-être une conscience aiguisée des éléments qui nous entoure, de la qualité des phénomènes présents dans le lieu, de notre rapport avec l’environnement et par extension, de notre rapport avec les autres.»

En rétrospective, ce projet était un plaidoyer environnemental ainsi qu’une tentative de réconciliation sociale avec les cicatrices du développement industriel. Le projet était un désir de révélation des forces immuables qui nous régissent. Mais ce projet était avant tout un geste fait pour moi ; pour que je puisse comprendre davantage certains cycles et phénomènes naturels et humains. Un acte pour me connecter avec quelque chose de plus grand que moi. Mais également une façon de m’approprier mon temps afin de le partager avec les autres par la suite. Ce constat n’est pas anodin : mes meilleurs projets ont toujours été une espèce de parcours et de périple exécuté pour moi en premier lieu. Car l’art a toujours été une façon de retrouver l’équilibre, de comprendre les forces agissantes de notre monde. Et les meilleurs endroits pour entrer en contact avec ces forces agissantes, ces potentiels didactiques, ont toujours été les friches industrielles et les espaces interstices. Pourquoi ? Certainement d’une part à cause de leur condition de ruine et de la nature qui reprend ses droits sur les constructions humaines dans ces lieux. Mais particulièrement à cause des valeurs que ces lieux véhiculent et dont leur contact permet de ressentir avec acuité.


Kortunefookie, 2009

k

Ce projet d’art public interactif consiste en une borne interactive qui délivre des petits textes rédigés par vous et moi via le site Web du projet. Ce dispositif agit comme un médiateur entre les utilisateurs afin qu’ils puissent partager leurs pensées dans l’espace public. À la fois semblables et différents des petits textes retrouvés dans les biscuits chinois, cette oeuvre imprime à la pression d’un bouton, sur un papier thermique, votre dose quotidienne de philosophie authentique. Le concept était simple, utiliser une image objet connu afin d’offrir une compréhension directe du geste à accomplir et permettre ainsi la création d’un nouvel espace de rencontre inséré à même les lieux quotidiens. En un mot, de créer une nouvelle forme de liens sociaux.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *