À chacun sa place dans le trafic

Trafic à Hanoi

Trafic à Hanoi

Il n’y a pas beaucoup de voitures à Hanoi, mais cela ne signifie pas pour autant que les gens se promènent à pieds. Le scooter et les motorbikes sont LE moyen de transport ici. Ceci permet un meilleur flot de circulation (comparé à nos grosses voitures), notamment dû au ratio véhicule et nombre d’occupants. En effet, il n’est pas rare de les voir à 2, 3, 4 ou même 5 sur une petite moto! C’est le véhicule de toutes les situations.

Il est également fascinant de constater le genre de cohabitation entre les différents véhicules. Tout bouge en symbiose; bicyclettes, motos, voitures, camions et même les rares piétons. C’est un ballet coordonné qui se meut à un rythme constant : celui induit par le mouvement collectif.

Mais gare à soi si ce rythme est entravé! Tout le système, composé de plusieurs individus, cafouille et se percute! C’est une sorte de banc de poissons où la responsabilité de chacun se limite à prévoir ce qui se passe devant, à coup de klaxons pour avertir leur arrivé. Vérifier ses angles morts n’est pas pratique courante au Vietnam, tout comme les miroirs sur les motorbikes; c’est un luxe! Je suis toujours surpris (et heureux) de ne pas assister à plus d’accidents de la route. Il faut vraiment expérimenter la conduite d’un motorbike ici pour comprendre comment fonctionne la circulation. Le mouvement se caractérise par une constance – diminuant grandement les possibilités de rage au volant. Je retrouve ici une certaine image de ce que représente pour moi les théories sur le mouvement des Futuristes italiens. En effet, ce courant artistique du début du XXe siècle tentait “d’exprimer une sensation dynamique, une simultanéité des états d’âme et des structures multiples du monde visible” (Wikipédia). Une sorte de chorégraphie urbaine perpétuelle qu’il est possible de joindre à tout moment. Vive le voyage.

Au Vietnam, il n’y a pas de sot-métier. C’est normal de voir un gars en vélo qui transporte des barres d’acier de 22 pieds de long jouer dans le traffic ou l’autre qui attends, assis sur le trottoir avec ses outils, pour réparer les crevaisons “on the spot”. Tous travaillent, à leurs façon, à augmenter leur condition de vie. Chacun prend sa place dans le trafic.

Déménagement en cours

Déménagement en cours

Ruines Champa à My Son

Étant tout près de là (à 55 km), une visite aux ruines Champas situées dans la village de My Son apparaissait comme un incontournable. Je suis donc parti à 5:15 AM de Hoi An afin de compléter la “ride” de 75 minutes en motorbike. Le périple matinal en a valu le coup. J’ai pu parcourir le site classé Patrimoine mondial de l’Unesco sans qu’il n’y ait aucun autre visiteur dans les parages.

Ce que j’ai découvert m’a stupéfait; des bâtiments érigés par le peuple cham datant du 9e et 10e siècle. Le plus étonnant fut de retrouver un genre d’imagerie et des structures que l’on s’attendrait à retrouver à Angkor au Cambodge ou en même Ayutthaya en Thailande, mais pas au Vietnam. C’est que le peuple cham a véçu dans ce territoire depuis le 2e siècle avant d’être absorbé par la culture vietnamienne au 17e siècle. Mais pendant cette période, ils ont pu prospérer grâce au commerce, avec au nord les Vietnamiens et au sud les Khmers. Les échanges commerciaux expliquent également leur culture, ils ont adopté l’hindouisme, emprunté l’imagerie de l’art indien et utilisé le Sanskrit comme langage sacré. C’est pourquoi ces ruines sont imprégnées d’images de Shiva et de Ganesh, avec des lingas et des Yoni, des éléphants, des motifs floraux, etc.

Il est aussi étonnant de parcourir ce lieu alors qu’il fut abondamment bombardé par les troupes américaines lors de la guerre du Vietnam il y a près de 40 ans. En effet, les Viet Cong trouvaient que ce site offrait une position stratégique idéale. De ce fait, plusieurs centaines de personnes sont mortes et nombres de structures ont été détruites ou mises à terre par les bombes et les combats (voir image #3 du cratère).
Malgré ces atrocités, la beauté du site perdure encore aujourd’hui. Il n’est pas étonnant de comprendre pourquoi ce lieu fut choisi : la position au centre de la vallée, entouré des montagnes, situé au confluent des sources et des rivières. Et l’endroit est magnifique.

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Détails intéressants sur les objets et statues retrouvés sur le site (selon des écoutes subtiles de quelques guides touristique) :

Premièrement, la grande quantité de vasques cérémoniales étant réservées aux rituels de bénédiction des eaux. De l’eau prélevée d’une source sacrée était déversée sur les Linga (pénis de pierre) qui ensuite s’écoulait dans le canal à la base (représentant le Yoni, ou le sexe féminin). L’eau qui s’échappait de ce canal sacré était ainsi bénie, et on l’utilisait pour fertiliser symboliquement les semences et les champs.

Deuxièmement, les statues qui ornent les temples ont majoritairement la tête manquante. Pourquoi? Une des explications est que pour les Chams, l’esprit ne peut habiter le corps si la tête n’y est plus attachée. C’était donc coutume pour les vainqueurs d’arracher la tête des statues des divinités ennemies afin qu’elles ne puissent pas se relever; afin que les combattants déchus ne puissent revenir dans leur corps pour les défier à nouveau.

L’artiste vietnamien Pham Huy Thong

Pham Huy Thong

Pham Huy Thong


Belle rencontre en ce début de semaine chez le peintre hanoien Pham Huy Thong. J’ai pu voir les toiles qu’il prépare pour sa prochaine exposition qui aura lieu à la galerie Bui en novembre prochain.

Il m’a fait un survol commenté de sa production en cours. La presque totalité de ses toiles sont crées à partir de photos d’archives à saveur nationaliste. Il s’en inspire, tout autant que de l’histoire et de la mythologie vietnamiennes, afin de créer des oeuvres figuratives narratives. Ses pièces possèdent plusieurs strates de sens qui permettent, à un public sensible à l’histoire de ce pays d’Asie du Sud Est, d’en apprécier toute la profondeur et le regard critique. Mais ce sont de belles toiles avant-tout, qui sont réalisées dans un style très graphique et contemporain. Normal, car Thong était désigner graphique avant de devenir artiste à temps plein comme il le dit. Il a également enseigné à l’Université d’Hanoi dans le programme de design graphique. Donc beaucoup d’atomes crochus entre lui et moi.

Il m’a accueilli dans son atelier-résidence (situé près du meatmarket) avec du vin de riz. Il s’agit d’un alcool que l’on boit avec une paille de bambou à même le pot de céramique rempli de riz brun. Délicieux!

Par la même occasion, j’ai eu droit à mon cours d’histoire 101 sur Ho Chi Minh et sur la réalité de ce peuple en pleine révolution économique. Y’a pas à dire, le Vietnam est une nation en pleine croissance et chaque coin de pays possède son chantier de construction (petit et grand).

Vin de riz chez Pham Huy Thong

Vin de riz chez Pham Huy Thong

Le sentiment d’urgence comme moteur de création

Depuis toujours, l’art a servi de véhicule pour exprimer des idées qui ne peuvent trouver leur place dans les communications ou discours officiels. Que ce soit des idées à contre-courant des modes de pensées établis ou qui offrent un autre point de vue sur une réalité contrôlée par le pouvoir en place, l’importance que revêt l’art comme véhicule d’un récit parallèle apparaît plus que vital.

C’est ce sentiment d’urgence de communication qui anime les trois artistes que j’ai rencontrés à la galerie Bui pour l’expo Tam Ta ainsi que quatre autres artistes venus du Myanmar (la Birmanie) pour l’événement. Pour ces artistes, la mission est claire: offrir une alternative face à des prises de position unilatérales et ouvrir les portes aux nouvelles idées. Dans ce cas-ci, aux idées qui viennent d’autres pays et d’autres cultures artistiques, mais aussi des idées locales qui sortent des conventions reconnues.

……….
Pour apprécier les différents niveaux d’expression de ces oeuvres, il faut connaitre (même sommairement) la réalité et l’histoire des pays dans lesquels elles sont produites. C’est la chance que j’ai eu lorsque j’ai discuté avec ces artistes du Vietnam et du Myanmar,et ai été immergé, ne serait-ce que pour un moment, dans leurs réalités, l’histoire de leurs pays ainsi que celles de leurs familles. J’ai put enter de comprendre comment tout ce baggage influence leurs façons de créer, les matériaux qu’ils utilisent et l’imagerie déployée afin d’arriver à leur fin. Car l’important ici est de dire une chose et d’en suggérer une autre.

Ces artistes font face à une difficulté supplémentaire (en plus d’une difficulté économique); leur oeuvres doivent être approuvées par le comité de censure avant de pouvoir êtres exposées! Un des artistes du groupe New Zero Art Space a d’ailleur présenté, ironiquement, la photographie du certificat d’autorisation délivré par l’officiel du Myanmar. Du pur délire! Certains artistes m’ont affirmés avoir au moins deux explications pour leurs oeuvres : une authentique non-censurée, et une autre préparée pour les agents du gouvernement. Car il faut être prêt, on ne sait jamais quand un agent “undercover” fera son apparition à une exposition ou à une table ronde comme celle d’hier.

Par chance, samedi à la gallerie Bui, aucun agent du gouvernement ne s’est présenté parce que l’événement a changé de lieu à la dernière minute et parce que la publicité n’a pu se faire de façon usuelle par manque de temps. Qu’à cela ne tienne, plusieurs jeunes artistes et étudiants sont venus écouter et voir ce qui se fait dans le monde, en dehors du programme officiel enseigné dans les écoles d’art du pays. Difficile à entendre pour le professeur que je suis, cette censure constante et répressive dans les contenus et les idées, même à l’école…

Ce travail d’éveil et d’introduction incombe donc à d’autres. C’est un des défis que relève Michelle Le Bui, co-diretrice de la galerie, c’est-à-dire de diffuser l’art contemporain actuel aux artistes et au public vietnamiens. Chapeau à tout ce groupe réunis par une cause commune; ouvrir les volets sur d’autres réalités. 
Ils sont animés par le feu sacré.

Expo Tam Ta :
Nguyen Van Phuc / Nguyen Huy An / Vu Hong Ninh / Nguyen Tran Nam

Commissaire : Tran Luong

Vu Hong Ninh

Vu Hong Ninh

Nguyen Tran Nam

Nguyen Tran Nam

Aye Ko, directeur du New Zero Art Studio

Aye Ko, directeur du New Zero Art Studio

Sur une note personnelle, l’idée de monter un événement Pecha Kucha, ici, au Vietnam, serait une occasion formidable pour fournir un outil de communication et de dissimination d’idées.

Still [encore]

Voici ma chanson de l’été, composée et jouée par le groupe Great Lake Swimmers de Toronto.
Une inspiration sur laquelle s’accorder, pour les jours à venir.
Bonnes vacances à tous et à toutes!

sonSTILL / MP3

Still
I’m still turning myself to the great key
I’m still mining for light in dark wells
I’m still a frequency swaying, a leaf in the wind
I’m still searching for whispers in between yells
I’m still swimming in harmony, I’m still dreaming of flight
I’m still lost in the waves, night after night
I’m still an arrow unshot, fixed in a bow
I’m still a fire unlit, ready to go
I’m still loaded and waiting, with anticipation to fly
I’m still studying the patterns in the night sky
I’m still a note that’s unplayed, ink on a page
I’m still a cry in the night, lonesome and high
I’m still tuned to an instrument of greater and unknown design
I’m still looking for direction, some kind of sign
I’m still tuning myself to the great key, I’m still, I’m still

Présentation du gros biscuit à DAÏMÕN

Présentation de mon projet interactif Kortunefookie au centre DAÏMÕN de Gatineau, du mercredi 12 mai au dimanche 23 mai 2010. Cette diffusion est une occasion pour amener le projet à un autre niveau en présentant l’abri qui accompagnera maintenant l’oeuvre dans tous ces déplacements. Cette microarchitecture est construite en cèdre rouge recyclé, en acier, en acrylique et avec de la cire d’abeille. Elle sert principalement de refuge au biscuit géant ainsi que de lieu de focalisation pour expérimenter ce petit rituel ludique.

Vernissage le mercredi 12 mai à 18h30. Venez obtenir votre fortune!


Exposition Assembl*

Hier était le vernissage de l’exposition Assembl.com de mon ancien étudiant et collaborateur Christian Desjardins. Il vient de graduer du programme de computation arts de l’Université Concordia. Son projet, Tweetopolis, utilise la masse des messages déployés sur Twitter pour générer des fragments de textes scénarisés selon un ordre définis. Son application recherche, en temps réel, des mots clefs particuliers afin de les réintroduire dans sa projection numérique. La composition graphique est ainsi toujours renouvelée et unique.
Projet intéressant d’un designer/programmeur talentueux.