Vers une écologie de l’environnement artificiel

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L’essai d’Ezio Manzini est un ouvrage qui m’accompagne depuis plusieurs années. Son propos trouve écho dans ma pratique, dans mon enseignement et maintenant dans ce projet de recherche sur les espaces interstices, les ruines et notre relation au temps. Ce livre rose publié en 1990 propose une lecture pertinente de notre relation aux objets et à notre environnement qui demeure tout à fait pertinente aujourd’hui. Peut-être est-ce la sagesse de l’auteur ou l’optimiste qui habite le livre, mais j’y reviens souvent pour mettre des mots sur mes recherches ou pour faire comprendre certains concepts à mes étudiants.

J’ai relevé une nouvelle section qui ne m’avait pas encore interpellé. Il s’agit de sa section sur Habiter la métropole, habiter la terre.

«Nous vivons aujourd’hui une de ces périodes (de transition rapide et de mutation) : l’habitant de la métropole a des difficultés à construire son nid et à donner aux lieux qu’il occupe une consistance culturelle qui leur confère une présence et du sens, qui en fasse les points de repère d’une carte mentale avec laquelle il définit son propre espace. L’homme consomme les ressources, consomme l’énergie, consomme le territoire, et malgré cela, ou peut-être à cause de cela, ne parvient pas à donner une réponse à son besoin d’habiter.» p.128-129.

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Cette affirmation coïncide avec l’idée que l’environnement de la ville en est un de plus en plus artificiel. Manzini note par ailleurs que ce type d’environnement commande que l’on s’attarde à ses qualités sensorielles. Pourtant, l’environnement urbain actuel est plutôt caractérisé par des matières qui offrent peu de qualités sensorielles et proposent souvent des matières qui ne peuvent acquérir de patine du temps. Ces matières, objets et mobilier urbain ne sont pas créés pour vieillir avec dignité, mais plutôt conçu pour êtres produits économiquement et rapidement, et surtout être facilement interchangeables (selon le style en vogue, la mode ou d’autres préoccupations qui semble à priori dépourvus de valeurs pertinentes). «Sans doutes cette situation exprime-t-elle de façon exemplaire un problème qui, au contraire, concerne profondément la culture occidentale, berceau de la technocience : son incapacité à penser avec sérénité à la décadence et à la mort.» p.74

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Ezio M. Artefacts Vers Une Nouvelle Écologie de L’environnement Artificiel. Paris Centre Georges Pompidou.; 1991.
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