Pèlerinage Touristique

tuque

Le texte de Raphaël Liogier1 parle de pèlerinage touristique, mais également de la notion de spiritualité ou du sacré. La perspective qu’il amène face à ces dernières notions est intéressante à plusieurs points de vue. Notamment sur l’actualisation qu’il en fait, en dégageant toute confessionnalité de l’activité de pèlerinage en situation d’hypermodernité, et du désir des «voyageurs» de connecter plutôt avec l’idée du sacré qu’une religion donnée. Non sans utiliser un ton sarcastique, il écorche au passage ces nouveaux pèlerins, les considérant sans équivoque comme des touristes qui se prennent pour des voyageurs. Notamment à travers son étude de cas du Mont Moïse où son mépris est à peine voilé. Ces observations et son constat sont pertinents, mais son ton est plutôt hautain et témoigne d’une polarisation d’opinion qui me titille.

Touriste-voyageur

La lecture de ce texte m’a questionné sur la différence réelle qui existe entre voyageur et touriste. Plutôt, sur les zones grises que cette différence interpelle. Car tout n’est pas si noir et blanc que certains voudraient le faire paraître. J’ai donc replongé dans mes notes sur le texte de Jean-Didier Urbain2.Ces distinctions revêtent une importance capitale pour moi, car mon projet de session sera un récit de voyage, qui en quelque sorte a été un périple initiatique. Je requestionne ces définitions, non pas pour justifier une posture ou une autre, mais pour comprendre l’angle avec lequel j’aborderais mon récit. C’est probablement le coeur de mon essai qui se tient dans cette idée.
Une autre note dans mon carnet de cours parle de «sortir/voyager dans notre forme de savoir». Car ultimement, c’est plutôt le regard externe qui vient juger si nous sommes en situation de voyage ou de tourisme. Car la plupart du temps, nous sommes le touriste de quelqu’un d’autre… Tout se situe dans le regard que nous portons sur notre propre périple, et la signification qu’il a pour nous. L’important, et je suis d’accord avec cette définition, est de garder une posture A/R/Tographique dans nos voyages. C’est-à-dire d’être perméable à l’autre, aux expériences nouvelles, à ne pas avoir peur de questionner et d’être en position d’observateur bienveillant, avec un regard prêt à saisir l’émerveillement. En fait, être en mesure, à travers le voyage et les dimensions qu’il interpelle, de porter un vrai regard sur nous-mêmes.

1-Liogier, R. 2012. Le pèlerinage touristique, Social Compass.
2-Urbain, J.-D., 2002. L’antihéros des récits de voyage. Dans l’idiot du voyage: histoires de touristes (P. 67-82). Paris : Payot.
_Tiré du blogue «Récit nomade» auquel je contribue cette session.

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