No more Rules : graphic design and Postmodernism

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La modernité est facile à cerner lorsqu’il s’agit de parler de projets d’architecture, mais la chose se complique lorsque vient le temps de faire une description claire de cette période dans le monde du design graphique. Pourquoi faire une chose pareille me direz-vous? Parce qu’il est important de savoir d’où on vient pour savoir où l’on va; parce qu’il est important de saisir les forces et idéologies qui ont modelé notre monde et les artéfacts qui nous servent à le décrire (en l’occurrence ici les objets du design graphique) et finalement parce qu’en tant que praticien, il parait essentiel d’avoir des points de vues théoriques pour nourrir et éclairer une pratique fondée dans le faire.

L’ouvrage de Rick Poynor fait exactement ceci; il cerne les éléments et les processus impliqués dans le design graphique qui définissent une pratique postmoderniste. Décrivant du même coup ce qu’était la modernité pour ce champ des arts. Ce qui m’intéresse dans son ouvrage n’est pas tellement la définition de la modernité dans le design graphique, mais bien les éléments qui en définissent le contraire. Ces riches explications par rapport aux projets marquants de la dernière décennie aident à comprendre comment le processus du design graphique s’est vu irrémédiablement modifié avec la fin de la modernité (surtout avec l’arrivée des ordinateurs; donc du changement de paradigme technologique).

Rappellons que la modernité ou le style moderne, appliqué au design graphique, s’est surtout manifesté dans ce qu’on appelle le style international ou le style Suisse. Ce style est marqué par l’utilisation des caractères sans-sérif (dont la police de caractère Akzidenz-Grotesk ou Helvetica est la plus grande empreinte) des grilles graphiques structurantes et surtout peu d’éléments visuels; le fameux less is more.

Le livre No more rules graphic design and Postmodernism est organisé selon 7 chapitres thématiques : Origins (origines), Deconstruction, Appropriation, Techno, Authorship (auteur) et Opposition. L’avantage majeur de cette organisation permet non seulement de présenter les travaux selon un ordre thématique (ou herméneutique) mais aussi de nous fournir des pistes concernant les différentes techniques employées à travers ces mêmes projets. Ceci est important, car le design graphique est une discipline qui s’ancre dans le faire. Et qui dit faire en design implique souvent une commande, encore plus souvent des clients et toujours l’existance de contraintes. C’est pourquoi les théories qui concernent le graphisme et les projets de recherche pure dans ce domaine sont si peu nombreux… Dommage, mais Rick Poynor est un critique pertinent qui jette un éclairage intelligible sur ce domaine de la création. Il est également un tenant du designer comme auteur et son livre en fait l’apologie. Je le cite :

»Designers should write not in order to become better writters, but to become better designers.»

Ceci renforce l’idée du designer graphique comme auteur.
Un thème central relié au design postmodernisme.
Une position que je défends.

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