Définition de la littératie

 

Définition de la littératie (12 octobre 2017)

Lizanne Lafontaine, André C. Moreau,  Julie Ruel, Joanne Pharand, Éric Morissette, Judith Émery-Bruneau, Christian Dumais,  Geneviève Messier et Nancy Granger

 

La littératie se définit comme étant un champ de recherche, de connaissances et d’activités qui, dans une visée d’apprentissage tout au long de la vie, s’intéresse aux capacités d’une personne, d’un milieu ou d’une communauté à comprendre, à communiquer ou à interagir, sur différents supports, pour participer activement à la société dans divers contextes inclusifs.

 

1) Champ de recherche, de connaissances et d’activités 

Penser la littératie comme un champ de recherche, de connaissances et d’activités, c’est la considérer comme un domaine en structuration qui dispose de connaissances issues de la pratique et produit des connaissances par la recherche, et qui propose des activités qui découlent de ces connaissances.

 

2) Apprentissage tout au long de la vie 

L’apprentissage tout au long de la vie est un principe d’éducation selon lequel les personnes de tous âges développent ou rehaussent leurs compétences en littératie dans des contextes d’apprentissage formels, informels ou non formels, cela afin d’assurer le bien-être, la défense des droits, la promotion de la vie démocratique et le développement économique des personnes et de leur communauté.

 

3) Capacités

  1. a) Les capacités d’une personne correspondent aux aptitudes et aux connaissances (savoirs, savoir-être, savoir-faire, savoir-agir) dont elle dispose pour développer son plein potentiel, interagir avec les autres, s’intégrer socialement et agir comme citoyen.
  2. b) Les capacités d’un milieu (physique et humain) renvoient au pouvoir de décision et d’action dont il dispose pour répondre aux besoins des personnes et à leur formation et pour contribuer au développement de leurs compétences en littératie.
  3. c) Les capacités d’une communauté (ensemble de personnes unies par des intérêts communs) rassemblent les ressources et les activités humaines visant à soutenir ceux qui sont dans le besoin. La communauté peut être considérée comme un milieu de vie où règne un sentiment d’appartenance.

 

4)

a) Comprendre

Comprendre c’est être capable de percevoir le sens d’un message, d’un système de signes pour construire une représentation mentale intégrée et cohérente de la situation décrite par ce discours ou ce texte. La compréhension se manifeste par la capacité d’expliquer, de justifier, de prédire un concept, une image, un graphique, un algorithme, un graphique, etc., dans le but d’agir (visée pragmatique) ou de construire sa pensée (visée épistémique).

b) Communiquer

Faire part de quelque chose à quelqu’un (un savoir, un sentiment, une opinion, un besoin), en différé ou en direct, à l’aide d’une forme de langage (verbal, non verbal, écrit, des signes, visuel, etc.) par l’entremise de différents supports (papier, numérique, vocal, vidéo, etc.).

c) Interagir

Interagir consiste à utiliser ses compétences au regard des ressources disponibles dans le milieu et la communauté. Toute interaction suppose la prise en compte de l’émetteur et du récepteur en fonction de leurs besoins. La langue utilisée, les usages sociaux, la connaissance de l’autre ou du sujet abordé, le genre utilisé pour communiquer peuvent servir de repères pour les échanges qui s’ajusteront au fur et à mesure que la construction du sens se clarifie. En ce sens, les interactions peuvent être variables dans le temps, dans l’espace et selon les contextes.

 

5) Participer activement à la société

Participer activement à la société signifie considérer les liens d’interaction, de réciprocité et d’échange entre l’individu et la collectivité dans laquelle il évolue. Pour ce faire, l’individu doit s’engager, s’impliquer et prendre part aux décisions, mais la collectivité a le devoir et la responsabilité d’offrir des occasions et des lieux de participation. La participation active d’un individu à la société s’exerce dans toutes les sphères de sa vie, là où il est amené à faire des choix, à développer des relations interpersonnelles et des compétences, à être respecté, à enrichir sa communauté et à exercer sa citoyenneté.

 

6) Contextes inclusifs 

Les contextes inclusifs réfèrent à l’idéologie de l’inclusion qui mène à l’élimination sinon à l’atténuation de tout obstacle ou facteur de rejet et d’exclusion. Cette visée prône le respect et la valorisation de la diversité des personnes dans différents contextes inclusifs : elle s’appuie sur les fondements de justice sociale, d’équité, de démocratisation et du respect des droits de la personne. Cette visée mène à des transformations de systèmes et de pratiques afin d’accroitre les capacités des milieux à répondre aux besoins de tous les individus. Ces contextes inclusifs ont pour fonction d’assurer une réussite scolaire, sociale et professionnelle ainsi qu’une participation citoyenne.