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Bien
que l'exposition "in vivo" ait été jugée
comme étant la technique la plus efficace dans le traitement des
phobies, il faut mentionner qu'elle est susceptible d'occasionner certains
désavantages pour le client et le thérapeute. En effet,
il faut s'attendre, lors de ce type de thérapie, à être
confronté à des limites telles le bris de confidentialité
lors dexposition dans un endroit public, lentretien des animaux
et des insectes (de même que le devoir de les remplacer lorsque
cela s'impose), la possibilité dun imprévu (p. ex.
lascenseur est en panne ou reste coincé), le climat (p. ex.
peur des orages), les coûts monétaires (p. ex. pour la phobie
de voler en avion), etc. En ce sens, les avantages reliés à
l'utilisation de la réalité virtuelle offrent un potentiel
thérapeutique particulièrement intéressant pour les
phobies.
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La
thérapie virtuelle, dans le cadre du traitement des phobies, permet
dexposer la personne au stimulus phobogène (de la même
façon que le fait la thérapie traditionnelle) à partir
dune situation générée par un ordinateur. À
laide dun casque intégré dun écran,
la personne se perçoit dans un environnement virtuel où
elle est exposée graduellement à sa peur (exposition "in
virtuo").
Pour
faciliter la tâche aux cliniciens tentés de pratiquer la
thérapie virtuelle avec des individus souffrant de certains troubles
anxieux (dont la phobie spécifique), plusieurs logiciels ont été
créés dans le but de soigner certaines psychopathologies
telles que: l'agoraphobie, le trouble de stress post-traumatique, les
phobes spécifiques (hauteurs, voyager en avion, endroits clos,
parler en public, etc.), l'évaluation des troubles de déficit
de l'attention, etc. Comme ces logiciels sont très dispendieux,
le Laboratoire de Cyberpsychologie utilise des jeux d'ordinateurs modifiés
pour créer ses propres environnements virtuels. L'intérêt
d'adapter des jeux d'ordinateurs pour l'exposition virtuelle offre plusieurs
avantages, dont entre autres une réduction considérable
des coûts et la possibilité de créer ou modifier une
multitude d'environnements virtuels en fonction des besoins particuliers
de chaque personne.
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Offrir
des services par l'entremise de la réalité virtuelle comporte
plusieurs avantages comparativement aux techniques traditionnelles d'exposition
aux phobies (in vivo ou imagination) (North, North, & Coble, 1996;
Riva, Wierderhold, & Molinari, 1998; Rothbaum & Hodges, 2002).
En voici quelques exemples :
- Augmentation
du contrôle et sécurité : L'environnement
virtuel permet de contrôler les imprévus pouvant surgir
lors de l'exposition dans l'environnement réel (p. ex. ascenseur
brisé, turbulence dans l'avion, trafic intense). De plus, l'environnement
virtuel permet au client d'être exposé à certaines
peurs pouvant être difficiles à reproduire en situation
réelle (p. ex. peur de voyager en avion) à lintérieur
dun contexte sécurisant.
- Diminution
des risques de briser la confidentialité : Pour les techniques
traditionnelles dexposition graduelle, le thérapeute
doit accompagner son client dans différents endroits pour lui
permettre dapprivoiser lobjet de sa peur. Toutefois, ces
techniques nécessitent des sorties à l'extérieur
du bureau pour faire de lexposition dans un endroit public (p.
ex. phobie des hauteurs) et ceci, peut devenir gênant pour le
client. La thérapie virtuelle seffectue dans un bureau
privé, ce qui permet dassurer la confidentialité.
- Minimiser
lévitement : L'évitement est le comportement
le plus courant chez les personnes phobiques. Celui-ci se manifeste
aussi en thérapie, lors de l'exposition. Avec la thérapie
virtuelle, il est beaucoup plus difficile pour le client d'éviter
le stimulus phobique puisqu'il se trouve directement confronté
à celui-ci sous la supervision du thérapeute. Le thérapeute
peut voir à lécran de son ordinateur limage
projetée dans le casque virtuel grâce à lappareil
de suivi des déplacements. De cette façon, il peut ramener
le client à regarder lobjet phobogène sil
a tendance à dévier son attention du stimulus phobogène.
- Respecter
le rythme du client : Le thérapeute peut voir et entendre
ce que le client vit dans lenvironnement virtuel. Si le niveau
danxiété du client est trop élevé,
le client peut retourner facilement à un niveau moins anxiogène
de traitement ou simplement retirer le casque virtuel. Il est aussi
possible de répéter létape dexposition
aussi souvent que nécessaire et ainsi permettre au thérapeute
de poursuivre les sessions selon le rythme du client.
- Contexte sécurisant
: La thérapie virtuelle offre au client ayant de la difficulté
à simaginer des scènes anxiogènes et/ou
étant trop phobique pour sexposer à des situations
réelles, dapprivoiser lobjet phobogène dans
un contexte plus sécurisant.
- Élimination
de lentretien des animaux : Pour les personnes souffrant
dune phobie de type animal ou insecte, la thérapie traditionnelle
« in vivo » peut aussi devenir dispendieuse et compliquée,
car le thérapeute doit se les procurer, les nourrir et les
entretenir constamment.
- Réduction
des coûts : Elle permet de diminuer les coûts pouvant
survenir lors d'une thérapie d'exposition traditionnelle (p.
ex. location de l'avion, déplacements). De plus, plusieurs
compagnies d'assurances ne paient pas les sessions de thérapie
de trop longue durée lors des sessions d'exposition nécessitant
de sortir du bureau. Cela n'est pas problématique en thérapie
virtuelle puisque tout se passe dans le bureau du thérapeute
durant moins d'une heure par semaine. Lintérêt
dadapter des jeux ordinateurs pour lexposition virtuelle
offre plusieurs avantages en terme de réduction considérable
des coûts, de possibilités à créer une
multitude denvironnements virtuels en fonction des besoins particuliers
de chaque personne et dobtenir un programme de traitement efficace
pour traiter plusieurs types de phobies.
- Augmentation
de laccessibilité des services : La prévalence
du trouble de phobie spécifique est très répandue
en Amérique du Nord, pourtant seulement une minorité
consulte pour traiter sa phobie. Ce type de thérapie peut sembler
sécurisant pour une personne phobique et la motiver à
consulter. Pour le thérapeute, cette technologie permet de
diminuer le temps des déplacements pour faire lexposition
dans des endroits publics, donc avoir plus de disponibilité
pour traiter plusieurs clients à lintérieur de
son bureau.
- Transfert
des acquis dans le monde réel : La réalité
virtuelle peut devenir un atout pour débuter lexposition
aux stimuli phobogènes dans un contexte sécurisant.
Des études effectuées par lentremise de la réalité
virtuelle montrent lefficacité à long terme de
ce type de traitement pour lacrophobie (Bouchard, St-Jacques,
Robillard, Côté, & Renaud, 2004; Emmelkamp, Bruynzeel,
Drost, & van der Mast, 2001; Rothbaum et al., 1995; Schuemie et
al., 2000), pour la claustrophobie (Botella et al., 1998; Botella,
Banos, Villa, Perpina, & Garcia-Palacios, 2000; Bouchard, St-Jacques,
Côté, Robillard, & Renaud, 2004) et larachnophobie
(Bouchard, Côté, Robillard, St-Jacques, & Renaud,
soumis; Carlin, Hoffman, & Weghorst, 1997).
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