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BRÈVE DESCRIPTION DES TROUBLES ANXIEUX:
Les définitions sont basées sur les critères diagnostiques du DSM-IV-TR (APA, 2000):
TROUBLE PANIQUE AVEC OU SANS AGORAPHOBIE:

Le trouble panique est caractérisé par la présence d'attaques de panique spontanées. L’attaque de panique est une période bien délimitée, marquée par l’occurrence soudaine d’une appréhension intense, d’une peur ou d’une terreur souvent associée à des sensations de catastrophe imminente. Durant ces attaques, qui atteignent généralement leur plus haut niveau d'intensité en 10 minutes, il y a présence de symptômes tels que :

  • palpitations, douleurs à la poitrine, tremblements, transpiration, etc;
  • sensation d'irréalité, peur de mourir, de devenir fou, de perdre le contrôle, etc..

Le trouble panique avec agoraphobie se caractérise à la fois par des attaques de panique récurrentes et inattendues et par la présence d'agoraphobie. Cette dernière a pour élément principal l'évitement d'endroits ou de situations où il serait difficile de s'échapper ou d'obtenir de l'aide en cas d'attaque de panique.

Il est à noter que le diagnostic du trouble panique nécessite que le sujet ait présenté au minimum quatre attaques de panique dans le dernier mois.

L’agoraphobie sans antécédent de trouble panique se définit par la présence d'agoraphobie et de symptômes de type panique sans antécédents d’attaques de panique inattendues.

LA PHOBIE SPÉCIFIQUE:

La phobie spécifique se caractérise par une anxiété cliniquement significative, provoquée par l’exposition à un objet ou une situation spécifique redoutée, conduisant habituellement à un comportement d’évitement. On mentionne souvent, dans le cas du diagnostic d'une phobie, qu'il faut bien distinguer les réactions liées à la peur de celles étant liées aux symptômes phobiques.

L’exposition au stimulus phobogène provoque une réaction anxieuse immédiate quasi systématique qui peut prendre la forme d’une attaque de panique liée ou facilitée par la situation. Les phobies se regroupent généralement à l’intérieur de cinq classes-types :

a) type animal (chiens, insectes, souris, etc.)
b) type environnement naturel (orages, hauteur, eau, etc.)
c) type sang-injection-accident (blessures du sang, piqûres ou vaccin, etc.)
d) type situationnel (transport public, tunnel, avion, etc.)
e) autres types (peur de s'étouffer, peur de vomir, etc.)

La phobie spécifique vs la peur normale:

La peur est une réaction normale; les enfants éprouvent certaines peurs lors de leur développement et cela n’implique pas nécessairement une psychopathologie. Selon André (1999), les enfants âgés de moins d’un an ont des peurs normales telles que les bruits forts, les étrangers et les objets qui apparaissent brutalement. Jusqu’à quatre ans, ce sont les peurs en lien avec les animaux, l’obscurité, les bruits nocturnes et l'anxiété de séparation qui sont les plus courantes. À partir de cinq ans, ce sont des peurs telles les blessures corporelles, le tonnerre, les "gens méchants", etc. qui priment. D’un point de vue développemental, les différentes peurs semblent suivre une certaine séquence. En effet, très jeune, l’enfant craint pour sa survie; vers 5-6 ans, il craint pour son intégrité. Malgré le fait qu’il soit parfaitement possible que l’enfant développe une phobie, ces peurs disparaissent généralement dans les deux années suivantes.

Une étude empirique effectuée par Öst (1987) démontre que le développement de certains types de phobies (cliniquement significatives) débutent selon une catégorie d’âge spécifique. Par exemple, la phobie animale débuterait vers 7 ans, celle du sang vers 9 ans et la phobie dentaire vers 12 ans.

Vers 6-7 ans, les peurs des enfants dites "normales" disparaissent, au fur et à mesure que le développement progresse et que la maturation psychique de l’enfant lui permet de prendre conscience du caractère exagéré de sa peur. L’enfant est considéré phobique s’il démontre les symptômes mentionnés plus tôt depuis au moins six mois et si sa peur nuit de façon significative à son fonctionnement quotidien (p. ex. rendement scolaire, relations avec les pairs et les parents, etc.).

Références:

  • André, C. (1999). Les phobies. Paris: Dominos Flammarion.
  • Öst (1987). Age of onset in different phobias. Journal of Abnormal Psychology, 96(3), 233-229.

Les symptômes d’anxiété reliés à la réaction phobique:

L’attaque de panique suivant l’exposition au stimulus phobogène provoque chez l’individu phobique des symptômes d’anxiété tels des palpitations cardiaques, de la transpiration, des tremblements, une sensation d’étouffement ou d’étranglement, des nausées, des douleurs thoraciques, des bouffées de chaleur, etc. L’attaque de panique peut aussi causer le développement de certaines fausses croyances souvent reliées à une peur de perdre le contrôle, de mourir, de faire un infarctus ou encore de s’évanouir. La personne aura donc tendance à éviter de plus en plus de situations susceptibles de provoquer une réaction anxiogène. Chez les enfants, l’anxiété se manifeste souvent différemment de chez l’adulte: pleurs, excès de colère, réactions de figement ou d’agrippement.

LA PHOBIE SOCIALE:
L'élément central de la phobie sociale est la présence d'une peur marquée des situations sociales ou des situations dans lesquelles la performance de l'individu est évaluée. Lorsque confonté à ces situations, ce dernier peut ressentir une crainte d'être jugé négativement, d'être ridiculisé, etc. De plus, l'exposition aux situations sociales (phobogènes) entraîne une forte réaction d'anxiété qui pousse la personne à éviter ces situations ou à les vivre avec un profond sentiment d'inconfort.
LE TROUBLE OBSESSIONNEL-COMPULSIF:
L'élément principal associé au trouble obsessionnel-compulsif est la présence récurrente d'obsessions et/ou de compulsions. Les obsessions sont définies par des pensées, images ou impulsions (p.ex. être contaminé par des microbes) qui sont perçues comme faisant intrusion dans le cours de la pensée et qui s'avèrent en contradiction avec les valeurs de l'individu. Quant aux compulsions, ce sont des comportements ou des actes mentaux répétitifs que la personne fait généralement dans le but de diminuer l'anxiété reliée à l'obsession et la chasser (p.ex. se laver les mains à répétition).
L'ÉTAT DE STRESS POST-TRAUMATIQUE:

L’état de stress post-traumatique survient à la suite d'un événement traumatisant (après 4 semaines), au cours duquel un individu a éprouvé une grande peur ou un vif sentiment d'horreur ou d'impuissance. L'événement traumatisant est revécu sporadiquement sous forme de pensées obsédantes, de cauchemars répétitifs, de souvenirs forcés, etc. De plus, pour diminuer l'anxiété associée à cet événement, l'individu évitera tout stimulus lié directement au traumatisme, ou encore tout événement ou situation pouvant le lui rappeler. L'état de stress post-traumatique s'accompagne de symptômes persistants traduisant une hyperactivité neurovégétative (p. ex. problèmes de sommeil, irritabilité ou excès de colère, réaction de sursaut exagérée).

L’état de stress aigu se définit par des symptômes similaires à ceux de l’état de stress post-traumatique et qui surviennent immédiatement dans les suites d’un événement traumatisant (minimum de 2 jours et maximum de 4 semaines).

LE TROUBLE D'ANXIÉTÉ GÉNÉRALISÉE:

Le trouble d'anxiété généralisée est caractérisé par une période d’au moins six mois d’anxiété et de soucis persistants et excessifs concernant un certain nombre d'événements ou d'activités (p.ex. famille, travail). La personne souffrant de ce trouble a de la difficulté à maîtriser ses inquiétudes; elle entretient de façon psychologique des scénarios négatifs.

L'anxiété et la nervosité doivent s'accompagner d'au minimum trois des six symptômes suivants: agitation, fatigabilité, troubles de la mémoire, irritabilité, troubles du sommeil, tension musculaire. De plus, la personne se montre hypervigilante ainsi que vulnérable aux stresseurs environnementaux.