| Commentaires par Sébastien |
Baudoin, un des principaux représentants de la
bande dessinée alternative française, publie
une histoire de super héros ? Avec une incursion
dans le manga pour ne rien arranger ? Encore une fois,
Baudoin est là où on ne l'attendait pas...

En effet il nous relate cette fois-ci les déboires
d'un clone de Clark Kent / Superman, de l'Amérique
la plus profonde à l'Irak en passant par l'Amérique
latine et par New York.
New York justement... Le 11 septembre 2001 plus précisément.
Ce jour-là, Crazyman a sauvé un chat pendant
que les deux tours s'écroulaient.
Crazyman est en fait un Superman qui se retrouve confronté
à la complexité du monde réel. Comment
affronter celle-ci lorsque l'on est un super héros
manichéen, aux valeurs bien affirmées mais
un peu simplistes ? Au fil de ses mésaventures,
Crazyman est déniaisé, dans tous les sens
du terme. Il découvre l'amour, il découvre
la guerre, la vraie, celle où il n'y a ni bons
ni mauvais, il découvre la détresse.

Le tout est traité sur un ton léger, parodique,
introduisant une dimension humoristique inhabituelle chez
Baudoin.
Comme souvent chez Baudoin, cet album soulève
plus de questions qu'il n'en résout et, au-delà
de l'aspect parodique et d'aspects très actuels
(le 11 septembre ou la guerre du Golfe), il s'interroge
plus généralement sur la fragilité
psychologique des hommes derrière leur façade
de force et de sûreté de soi et sur la confrontation
entre la complexité du monde présent avec
des principes moraux simples.
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